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ISTEEBU> Profil et principales caractéristiques de la pauvreté au Burundi

Un taux de pauvreté monétaire de 67,1% en 2006

 

L’ECVMB 2013-2014 (Enquête modulaire sur les conditions de vie des ménages du Burundi) montre que le taux de pauvreté monétaire, en 2014, s’est établi à 64,6% de la population totale du Burundi contre 67,1% en 2006. Autrement dit, près de deux Burundais ne parviennent pas à satisfaire quotidiennement leurs besoins de base. Ainsi, la pauvreté au Burundi touche près de deux tiers de la population avec une forte dominance en milieu rural.

 

DSC 0813Selon le directeur général de l’Isteebu, Nicolas Ndayishimiye, le seuil de pauvreté monétaire a été déterminé par la méthode du coût des besoins essentiels sur base d’un seuil calorifique normatif de 2 100 Kcal par jour et par équivalent adulte. L’enquête ECMVB 2013-2014 a estimé ce seuil à 636 510 FBu, soit 1 744 FBu au niveau national et par an, ajoute M. Ndayishimiye.
Il fait savoir qu’en moyenne, le revenu de la catégorie de la population la plus pauvre est inférieure de 25% au seuil de pauvreté. D’après lui, cet écart, appelé également profondeur ou « gap » de la pauvreté, traduit l’éloignement des plus pauvres par rapport au seuil de pauvreté monétaire. D’où les résultats de l’enquête font remarquer qu’il faudrait transférer à cette catégorie de la population en moyenne 160000 FBu par an et par équivalent adulte pour la ramener à la hauteur du seuil de pauvreté monétaire.

Des taux de pauvreté largement supérieurs à la moyenne nationale dans plusieurs provinces

Nicolas Ndayishimiye a révélé qu’en 2014, près de la moitié des provinces affichent des taux de pauvreté monétaire largement supérieurs à la moyenne nationale. Il s’agit notamment des provinces de Muyinga, Ruyigi, Gitega, Cankuzo, Kayanza, Kirundo, Karusi et Rutana. Par contre, M. Ndayishimiye indique qu’entre 2006 et 2014, au niveau de la population totale, le taux de pauvreté a globalement baissé de 2,5 points de pourcentage. Par ailleurs, dans certaines provinces, le niveau de pauvreté a baissé de plus de 10 points de pourcentage. C’est, entre autres, les provinces de Bujumbura, Ngozi, Muramvya et Karusi. Il en est ainsi au moment où dans d’autres provinces telles que Gitega, Bururi, Muyinga et Kayanza, le niveau de pauvreté a augmenté de manière significative.

Les ménages dirigés par les femmes moins pauvres quand même

Nicolas Ndayishimiye fait remarquer que selon toujours ECMVB 2013-2014, les individus vivant dans les ménages dirigés par les femmes sont moins pauvres en hauteur de 61% que ceux vivant dans les ménages dirigés par les hommes à hauteur de 65,3%. Il indique que ces femmes sont, le plus souvent, à la tête des ménages monoparentaux dont la taille est inférieure à la taille moyenne nationale, à savoir 5,8 personnes. De façon globale, M. Ndayishimiye précise que les chefs de ménages, de la tranche d’âge de 35 à 54 ans, sont globalement les plus pauvres. « Ce qui s’expliquerait par l’importance des charges sociales élevées que supporte cette catégorie de chefs de ménage », pense le directeur général de l’Isteebu.

Le niveau de vie s’améliore avec le niveau d’instruction

M. Ndayishimiye a fait savoir que le niveau de vie s’améliore avec le niveau d’instruction. Ainsi, l’ECMVB 2013-2014 révèle que les ménages dont le chef n’a aucun niveau d’instruction affichent un taux de pauvreté beaucoup plus élevé, soit 74,8% et largement au-dessus de la moyenne nationale. Par contre, les ménages dont le chef a un niveau d’instruction plus élevé se retrouvent avec un taux de pauvreté inférieur à la moyenne nationale, soit 44%. Le directeur général de l’Isteebu ajoute qu’en considérant le secteur d’activité, la pauvreté monétaire est plus prononcée dans les ménages dont le chef est occupé dans le secteur primaire à savoir l’agriculture, la pêche et l’élevage. Ce taux de pauvreté atteint 71, 3% comparé à ceux exerçant dans les secteurs de commerce et de service pour lesquels les taux sont respectivement 34,3% et 28%.

Les riches dépensent beaucoup plus que les pauvres

Quant aux dépenses annuelles moyennes alimentaires et non alimentaires, Nicolas Ndayishimiye précise que par équivalent adulte, elles sont estimées à 686 950 FBu en 2014. Les ménages les plus riches dépensent par an près de 7fois plus que ceux plus pauvres, soit respectivement plus de 1 597 192 FBu et 235 950 FBu. Et de faire remarquer que les ménages de Bujumbura mairie dépensent en moyenne par an et par équivalent adulte, 1552 686 FBu alors que la moyenne nationale n’est que de 686 950 FBu. Le directeur général de l’Isteebu souligne que parmi toutes les provinces du Burundi, seuls les ménages des provinces de Bujumbura et Mwaro atteignent la moitié du niveau de dépense de Bujumbura mairie.

Plus de privations en milieu rural qu’en milieu urbain

M. Ndayishimiye fait remarquer que d’après le rapport ECMVB 2013-2014 les ménages ruraux font face à plus de privation que ceux des milieux urbains. Il indique que près de sept ménages ruraux sur dix sont en effet confrontés à des contraintes de nature à accentuer la précarité de leurs conditions de vie. Il s’agit notamment des insuffisances liées au confort général du logement et à l’hygiène du cadre de vie d’une part. Et à la disponibilité des biens durables et à l’accès aux infrastructures socio-économiques de base d’autre part, a-t-il dit.

Des meilleures conditions de vie en milieu urbain

S’agissant des conditions de vie selon les provinces, Nicolas Ndayishimiye indique que les provinces de Cankuzo, Kirundo, Ruyigi et Karusi figurent parmi les plus affectées par la pauvreté non monétaire avec des taux supérieurs à 80%. Par contre, il indique que les ménages vivant dans les provinces de Bujumbura, Bururi et Makamba sont moins affectés, avec des taux se situant autour de 50%.
Selon le directeur général de l’Isteebu, dans l’ensemble, les ménages du milieu urbain affichent des conditions de vie meilleures, se traduisant par un faible niveau de pauvreté non monétaire à hauteur de 6,6%. Toutefois, les ménages de Bujumbura mairie sortent du lot avec un taux de pauvreté en conditions de vie inférieur à 1%.

Une grande partie des dépenses est consacrée à l’alimentation au Burundi

M. Ndayishimiye indique que le rapport de l’ECMVB 2013-2014 montre que les ménages burundais consacrent une grande partie de leurs dépenses à l’alimentation à hauteur de 72,7% de leurs revenus. Ce type de dépense est réparti en alimentation et boissons non-alcoolisées à 63,6% tandis que les hôtels et restaurants, y compris les boissons alcoolisées et tabacs prennent 9,1%.
Quant aux dépenses non alimentaires, le directeur général de l’Isteebu dit que celles-ci se rapportent principalement au logement, au mobilier ménager, à l’habillement et aux transports respectivement en hauteur de 5,7%, 4,6%, 4,2% et 3,9%.
Globalement, le niveau de pauvreté a diminué de 2006 à 2014. L’origine en est la redistribution des fruits de la croissance qui a été davantage inclusive, indique le directeur général de l’Isteebu avant de préciser que cette croissance devrait être soutenue et renforcée lors de la conception et la mise en œuvre des politiques économiques et sociales visant à réduire la pauvreté.
Amédée Habimana


 

 

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