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Lycée Notre-Dame de la sagesse> Education inclusive

Tous les dispositifs nécessaires à cette éducation doivent être mis en place

 

Le Lycée Notre-Dame de la Sagesse existe depuis 1958. Depuis 2006, c’est un lycée qui se classe bien dans la direction provinciale de l’enseignement de Gitega et même au niveau national, quant aux résultats aux examens tant internes qu’externes (tests nationaux et examens d’Etat). Il a été choisi comme école pilote pour mettre en application l’éducation inclusive au niveau du secondaire. Mais, cette éducation inclusive n’a pas beaucoup de chances de réussir.

 

DSC 0504Père Elie Sakubu, directeur du lycée Notre-Dame de la Sagesse a indiqué que c’est une école qui se classe bien mais qui risque aujourd’hui de ne pas garder sa place de choix. L’éducation inclusive est à sa troisième année et on espérait avoir des résultats escomptés mais ce n’est pas le cas pour plusieurs raisons.

Absence de département spécialisé en écriture braille

Selon père Sakubu, le lycée Notre-Dame de la Sagesse ne dispose pas de professeurs qualifiés, ni d’encadreurs capables d’interpréter l’écriture ordinaire en écriture braille. Ensuite, il y a manque d’encadreurs interprètes en langue des signes.
En outre, on exige que le professeur soit du niveau universitaire mais, « y a-t-il à l’Université du Burundi un département qui dans ses attributions, enseigne l’écriture braille ou qui enseigne des étudiants en langue des signes ? », s’interroge père Sakubu. C’est un défi à lever, et la seule université qui a un département spécialisé en langue des signes est l’université privée Espoir d’Afrique. Mais, ceux qui sortent de cette université sont qualifiés en langue des signes pas en braille. Ce qui signifie qu’il leur faudrait une formation pour les mettre dans le bain.

Les élèves mal voyants ne participent pas aux enseignements

Le directeur de cette école a ajouté que s’il s’agit d’un projet de l’Etat, il faudrait une attention particulière à ce lycée, considéré comme un terrain d’essai ou d’expérimentation pour la réussite de cette éducation inclusive. A cet effet, cette école vient de passer un mois et demi sans que les élèves mal voyants de la 8e année ne participent aux enseignements. Ces enfants vont être examinés au même degré que les autres élèves.Pour lui, la balle est dans le camp du ministère en charge de l’éducation, car c’est lui qui a initié ce projet, de voir tout ce qui est nécessaire pour que ce dernier puisse réussir. « A voir le rythme avec lequel nous travaillons, l’éducation inclusive n’a pas beaucoup de chances de réussir », a-t-il affirmé.
Cette école a accueilli 19 élèves mal voyants et 27 élèves malentendants. En considérant leurs résultats, il s’agit d’élèves qui sont capables d’entrer en compétition et de se chercher une place de choix parmi les enfants dits normaux.Ces enfants tombent souvent malades et l’école n’a pas de moyens pour les faire soigner.

Des professeurs qualifiés ne sont pas remplacés

Le deuxième motif qui handicape la réussite du projet est lié aux départs des professeurs surtout ceux des sciences qui n’ont pas été remplacés. Pour les professeurs de physique et de biologie, il y a 5 ans que le lycée n’a pas de professeur qualifié en ces cours. L’école a aussi eu le malheur d’enregistrer deux cas de décès de professeurs et ces derniers n’ont pas encore été remplacés. Pour cela, l’école enregistre de mauvais résultats au niveau des examens d’Etat, a souligné père Sakubu.
Il demande à ceux qui sont chargés de l’éducation inclusive au niveau hiérarchique de « privilégier le travail de terrain pour qu’ils puissent se rendre compte de la situation que cette école est en train de vivre.
Yvette Irambona

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