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Le 8 mars>Journée internationale de la femme

Beaucoup de femmes se réjouissent du pas déjà franchi

 

DSC00880Au niveau national, la Journée internationale de la femme s’est déroulée dans la province de Kayanza le 8 mars 2018. A l’occasion de ladite journée, la rédaction du quotidien «Le Renouveau» a approché différentes femmes pour savoir ce qu’elles pensent de cette journée. Elles se réjouissent du pas déjà franchi.  

 

Au stade de Gatwaro, au chef lieu de la province de Kayanza, les cérémonies de la célébration de la Journée internationale de la femme ont été rehaussées par les hautes autorités du pys. Les femmes de toutes les catégories étaient représentées. Les femmes militaires, policières, les femmes qui travaillent dans les institutions de prise de décision, les femmes rurales mais aussi les femmes musulmanes.Marguerite Nahimana est une veuve originaire de la commune Kayanza. Elle a fait savoir qu’elle est dans une association appelée « Serukanamahoro ». Elle se réjouit de la célébration de la journée internationale de la femme. « Avant, je ne savais même pas que cette journée existe. Mais, dans ces jours, les animateurs communautaires, les administratifs à la base nous ont mobilisées pour répondre auxdites cérémonies », a-t-elle mentionné.Quant à la situation des droits de la femme dans la commune Kayanza, Mme Nahimana a signalé qu’en général, les femmes jouissent actuellement de certains droits. Elle a néanmoins fait remarquer que la femme rurale fait face aux problèmes liés à la pauvreté. « Les femmes rurales étaient sensibilisées pour s’organiser en associations. Pour être membre de ces dernières, il faut contribuer  une certaine somme d’argent, petite soit-elle. Or, beaucoup d’entre elles ont de la peine à en avoir. Par conséquent, certaines se retirent petit à petit de ces associations. Pourtant, nous voyons qu’elles présentent des avantages. Surtout, quand on a besoin de réaliser de petits projets », a-t-elle ajouté.

Malgré certains défis, les femmes musulmanes apprécient le pas déjà franchi 

Les femmes musulmanes, quant à elles, sont contentes de la Journée internationale de la femme. Cela parce que, selon elles, cette journée est venue résoudre les problèmes liés aux droits des femmes en général. Elles ont cependant affirmé que dans la province de Kayanza, les droits des femmes musulmanes ne sont pas respectés.Aicha Mpawenimana vit dans la Commune de Kayanza. Elle a fait savoir que les droits des femmes dans cette localité ne sont pas respectés.  «Les femmes musulmanes font face à différents défis. Après quelques années de mariage, elles apprennent que leurs mari possèdent d’autres femmes. Il y a même des  hommes qui arrivent à épouser jusqu’à quatre femmes », a-t-elle signalé.Notre source a fait entendre que beaucoup d’hommes musulmans se cachent derrière la religion pour créer des problèmes chez ses femmes. Elle a ajouté que ces hommes prétextent qu’avant de chercher une autre femme, il doit se parler avec la première femme. « Mais, c’est tout à fait le contraire. Cette dernière peut être au courant de sa concubine après un certain temps. Quand cette première a des biens qu’elle a cherchés avec son mari et que celui-ci amène la deuxième épouse, ces biens  doivent être partagés par deux femmes avec leurs enfants », a-t-elle martelé.Mme Mpawenimana a rappelé que la récente loi du chef de l’Etat qui ordonne aux couples de régulariser leurs mariages pose des problèmes chez les musulmans. Elle a indiqué que puisque cette loi donne le droit à l’homme de choisir une femme avec laquelle il doit régulariser son mariage, les droits des femmes musulmanes sont dans ce cas bafoués. Cela parce que, a-t-elle expliqué, si la première femme a beaucoup  contribué pour les biens de la famille et que son mari a choisi d’épouser une quatrième femme, quel sera le sort de la première si elle est renvoyée en laissant les biens qu’elle a cherchés.Nos interlocutrices ont pour ce faire demandé aux femmes leaders qui occupent des postes de prise de décision de continuer à plaider pour le respect des droits de la femme en général et de la femme rurale en particulier.Quant aux femmes militaires, elles se réjouissent carrément du pas déjà franchi dans la promotion des droits de la femme. Elles ont rappelé qu’il y a un temps où, si les gens voyaient une fille qui s’orientait dans les corps de défense, ils la taxaient de tous les maux. Actuellement, c’est le contraire, disent-elles. Les filles sont encouragées par beaucoup de gens à embrasser cette carrière. Elles interpellent toutes les acteurs dans la promotion des droits de la femme à continuer à plaider afin que les femmes soient représentées dans toutes les sphères de prise de décision.

Rose Mpekerimana

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