Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Mannequinat>Le directeur de l’Agence «Umuringa» s’exprime

«La mode commence à prendre du goût dans notre pays»

 

DSCO 1355Le mannequinat est l’art de promouvoir les créations des stylistes. Il peut aussi être utilisé dans la promotion ou la publicité. Ainsi, le mannequin est une personne qui est là pour vendre les vêtements, les produits cosmétiques, les bijoux, bref, elle est là pour mettre en valeur les produits. Les collections sont vendues grâce aux soirées de mode.

 

L’Agence «Umuringa» travaille dans trois domaines, à savoir la mode, la communication et l’événementiel. Cette agence a commencé ses activités au mois de mars 2013. Mais, avec la crise de 2015, la mode burundaise a connu des moments très difficiles car il y a eu le départ des stylistes, des mannequins et l’absence des soirées de la mode.Selon André Hakizimana, directeur de l’agence Umuringa, ce travail n’était pas facile dans la mesure où il n’y avait pas de mannequinat au Burundi. « Mais, nous avons organisé petit à petit nos soirées de mode d’où la première soirée a eu lieu au mois de juillet de la même année. Il y avait une quarantaine de participants, et cela ne nous a pas découragé ». D’autres agences fonctionnaient, et on se disait qu’il fallait y aller doucement, ainsi, les Burundais devraient nous comprendre, a-t-il poursuivi.

Un pas a été franchi      

Une soirée de mode réunit différents acteurs qui œuvrent dans ce secteur comme les mannequins, les créateurs de la mode, les photographes,  les maquilleuses, etc. L’agence Umuringa a organisé la première édition de la mode en janvier 2015, et la seconde édition s’est déroulée en décembre 2016 au restaurant Oasis où cent cinquante personnes (150) y ont participé. Quant à la troisième édition, elle a eu lieu le 9 décembre 2017 dans les enceintes de l’Entente sportive. Cette soirée a vu la participation de plus de quatre cents personnes.Le Directeur de l’Agence «Umuringa» est satisfait du pas déjà franchi car en analysant la période de 2013 jusqu’aujourd’hui, « les Burundais commencent à avoir du goût à la mode en portant des créations faites par des créateurs Burundais ». L’agence Umuringa travaille avec cinq créateurs de mode qui possèdent des boutiques à Bujumbura. Ces créateurs utilisent des tissus fabriqués par l’Afritextile. A cet effet, André Hakizimana a cité l’exemple d’une des stylistes qui a sa boutique à Ubuntu Residence qui utilise les tissus de cette usine, avec une originalité burundaise.

Les soirées encouragent les créations burundaises   

L’Agence «Umuringa» commence toujours les soirées de mode par les tenues traditionnelles (Imvutano) pour présenter les mannequins. C’est par après qu’il y a ensuite le passage des mannequins différemment habillés en tenues de ville, ou quelque chose de normal sans oublier les robes de soirée. Les créateurs de mode parviennent à vendre leurs collections grâce à ces soirées de la mode. Notre interlocuteur s’est référé à la soirée de décembre de l’année dernière où tous les habits présentés ont été vendus. « Ces soirées encouragent les créations burundaises. Il existe des marques prêtes à porter en provenance de la sous-région, de l’Europe, etc. Pour développer les produits fabriqués au Burundi (made in Burundi), il faut d’abord  que les gens comprennent qu’il y a la mode. Des créateurs de mode burundais s’assoient et réfléchissent sur comment vous habiller convenablement selon vos besoins en matière de mode, a précisé le directeur de l’Agence «Umuringa».M.Hakizimana lance un appel au ministère en charge de la culture car le mannequinat  est du domaine culturel. « Il faut que ce ministère nous soutienne dans la mesure où il y a absence de soutien de l’Etat par rapport à la mode ». On ne peut pas parler de la mode sans qu’il y ait de sponsors ou de partenaires. C’est pour cette raison que le directeur de l’Agence «Umuringa» invite les entreprises à utiliser ses mannequins comme produits de marque. Ils pourront à leur tour satisfaire à leurs besoins.

Le mannequinat est un métier

Pour être mannequin à l’Agence «Umuringa», il faut avoir 1 m 80 et 75 kg chez les garçons, et 1 m 75 de taille chez les filles et ne pas dépasser 60 kg. Il existe des mannequins burundais qui évoluent à l’étranger (en Afrique du Sud, en Chine, aux Etats-Unis) et sont de vrais ambassadeurs du pays. Cette agence possède 38 mannequins dont les mannequins de taille classique (mince) et une nouvelle catégorie c’est-à-dire les mannequins de taille plus (XXL). La rédaction de notre journal «Le Renouveau» du Burundi s’est entretenue avec l’une d’entre elle, Ornella Gahimbare. Elle est aussi deuxième dauphine Miss Burundi 2016, et étudie à l’Université Lumière du Burundi.Pour Ornella Gahimbare, le mannequinat était son rêve depuis son enfance parce qu’elle avait une sœur qui avait embrassé cette carrière. « Cela m’a inspirée, c’est ma passion et je l’adore ». Ma mère me soutient dans ce que je fais, et cela devient facile pour moi. Par contre, il y a d’autres parents qui ne prennent pas le mannequinat comme un métier, a-t-elle poursuivi.Le public, surtout les parents commencent à comprendre l’importance du mannequinat dans la mesure où il peut procurer de l’emploi chez les jeunes. Aussi, les parents achètent les produits parce qu’ils aiment actuellement le style africain en mélangeant le « Kitenge » et un autre tissu. Nos parents viennent nous soutenir, et c’est quelque chose qu’on admire, a-t-elle souligné

Les entreprises invitées à soutenir les mannequins

Ornella Gahimbare a déjà participé dans deux éditions de soirées de mode organisée par l’Agence «Umuringa». Elle s’est aussi rendue au Rwanda pour représenter le Burundi dans de tels événements. Pour elle, depuis 2012-2013, il y avait beaucoup d’agences de mannequinat qui commençaient à s’implanter dans notre pays, ce qui favorisait le déroulement des soirées de mode. « On trouve aussi des pancartes publicitaires sur lesquelles se trouvent des mannequins burundais. C’est quelque chose de nouveau qu’il faut saluer », a indiqué Ornella Gahimbare. A cet effet, elle invite les entreprises à soutenir les mannequins. 

Les jeunes doivent développer leurs talents

Ornella Gahimbare a aussi fait savoir que le mannequinat est un métier qui n’est pas facile à exercer dans notre pays, étant donné que le Burundi est un pays conservateur de la culture. « Les mannequins dans d’autres pays, surtout en Europe ou en Amérique, portent par exemple des habits indécents mais au Burundi, on doit s’adapter à notre culture. Pour que les produits soient vendus, il faut savoir le goût du public et les stylistes s’y conforment ».Beaucoup de filles ont la passion de la mode mais elles ont peur de s’exprimer, Ornella Gahimbare leur lance un message : « Tout s’apprend et il faut oser et monter que tu es capable de développer ton talent et ta passion ».                                                                           

Yvette Irambona

Ouvrir