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ASSEMBLEE NATIONALE> Questions posées au ministre des Finances

Plus de trente pays africains ont déjà des actions dans la Banque africaine d’import-export (Afreximbank)

 

DSC 0883Lors de sa séance plénière pour l’analyse du projet de loi de ratification de l’Accord portant création de l’Afreximbank, le jeudi 12 avril 2018, les députés ont manifesté des inquiétudes comme quoi la banque ne se comporterait pas comme tant d’autres qui existent déjà. Pour le ministre des Finances, Domitien Ndihokubwayo, le Burundi doit prévoir des projets adéquats pour en tirer réellement profit.   

 

Question (Q.) : Monsieur le ministre, nous avons l’habitude de voir des banques venir au Burundi et se volatiliser. Que pourriez-vous nous dire à propos de la banque de la Zep?

Réponse (R.) : La banque de la Zep n’est pas partie. Elle a seulement changé de nom et s’appelle actuellement Trade and Development Bank et elle a toujours son siège à Bujumbura. Mais comme vous le savez, pendant les moments difficiles que le pays a traversés, la banque de la Zep avait déménagé pour le Kenya afin d’éviter des dégâts imprévus en ces moments de troubles. Ces dernières années, le gouvernement burundais a tout fait pour que cette banque retourne dans ses anciens bâtiments. Les administrateurs de  la banque ont promis au gouvernement que leurs travailleurs vont revenir travailler à son siège à Bujumbura mais que la banque aura des agences dans d’autres pays. 

Q. : Pourquoi est-ce que le pays ne se développe pas alors qu’il y a beaucoup de banques au Burundi ?

R. : Oui, il existe plein de banques au Burundi. Mais le développement ne peut pas être automatique avec l’avènement des banques. Quel type de banques avons-nous au Burundi ? Sont-elles capables de donner de gros crédits à long terme, pouvant permettre la réalisation de gros projets de développement ? Nous avons des banques qui sont à la taille de notre économie, des banques qui ont très peu d’actions placées par nous-mêmes qui avons très peu de moyens. Il y a beaucoup de raisons qui font que nos banques ne soient pas en mesure de financer le développement comme nous le souhaitons. 

Q : En ce moment où les devises se font davantage rares, est-ce que l’Afreximbank sera-t-elle en mesure de nous donner des crédits en devises ?

R : Une banque ne peut pas donner des devises sans s’être rassurée que le bénéficiaire sera en mesure de les rembourser. Pour avoir ces devises, nous avons alors l’obligation de préparer des projets adéquats tout en sachant que le remboursement se fera également en devises. Il faut seulement savoir que ce ne sont pas des banques qui apportent des devises, mais la richesse du pays. Si elle n’est pas bien organisée pour être excédentaire, vous comprenez bien que la banque ne va pas continuer à sortir ses devises.  

Q. : Monsieur le  ministre, pouvez-vous nous  parler des pays qui ont déjà ratifié cet accord et ceux qui possèdent des actions dans cette banque? Combien d’actions aura le Burundi ? 

R. : Plus de trente pays de l’Afrique centrale et de l’Est ont déjà ratifié l’accord d’Afreximbank. C’est notamment  le Congo Brazzaville qui a 3 058 actions, le Cameroun avec 2 013 actions, l’Ouganda  ayant 2 317 actions, la Tanzanie avec 742 actions, etc. Le Burundi quant à lui aura au départ cent actions (100) compte tenu du budget d’austérité prévu pour cette année. Plus les conditions économiques du pays s’amélioreront, plus les actions du Burundi seront revues à la hausse.

Jean Bosco Nkunzimana

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