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Mendicité> Nouvelle forme

Quand la mendicité se cache derrière l’échange de nourriture ou d’autres objets contre les habits

 

Une nouvelle forme de mendicité s’observe dans différents quartiers de la capitale Bujumbura et dans divers coins du pays. Certaines personnes,dites démunies, échangent la nourriture ou divers objets contre les habits. Après avoir remarqué que les gens ne donnent plus aisément les habits qu’ils ne portent plus, certaines personnes s’introduisent dans les ménages avec les feuilles de manioc ou avec d’autres biens. 

 

Là, ils essaient de convaincre ceux qu’ils y trouvent que la bénédiction vient dans la famille visitée, que personne ne peut la laisser passer, afin que ce ménage accepte ce cadeau même s’il n’en veut pas. Dans la culture burundaise, lorsqu’une personne chargée de cadeau va rendre visite rendre à quelqu’un, la famille visitée accueille le cadeau tout en veillant bien mettre un présent dans la corbeille avant de l’accompagner. Ces personnes essaient de s’appuyer sur ces habitudes pour exiger des présents en insistant sur les habits que les membres de ce ménage ne portent plus, justifiant qu’ils n’en ont plus besoin.D’autres personnes partent dans les ménages avec une petite quantité de charbon et exigent, en échange,  des habits qui ne sont plus utilisés. La somme d’argent que coûterait ce charbon de bois est de loin inférieur à la valeur des habits donnés. Les familles en accordent dans le cadre de l’œuvre de charité parce qu’elles peuvent en donner sans rien exiger en échange. C’est pourquoi il y a un grand déséquilibre entre la valeur des cadeaux du visiteur et celle que la famille visitée attribue en récompense.Dans les quartiers ou localités d’origine de ces mendiants, ces habits sont vendus dans les coins des rues à un prix nettement supérieur à la valeur de leurs présents alors que les raisons avancées pour en avoir est de les porter. Les visages des mêmes personnes se remarquent dans les ménages pour cette activité dans un intervalle de deux à trois semaines. Les donneurs de ces habits se demandent s’ils sont déjà usés durant cette courte période car ils les octroient en état encore présentable.Ce phénomène est visiblement un échange, mais en réalité, avec ce déséquilibre de valeur des biens échangés et de qualité tronquée de biens apportés par ces personnes, c’est une nouvelle forme de mendicité. Ce qui est étonnant, les personnes qui la pratiquent ne sont pas les plus démunies,  car il existe d’autres qui vivent dans une situation autrement plus précaire mais qui ne gagnent pas leur vie dans cette voie.

EZECHIEL MISIGARO

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