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COOPERATION> Interview avec l’Ambassadeur de la Fédération de Russie au Burundi

« Nous sommes contre toute ingérence dans un pays souverain »

 

ruskiAu mois d’octobre 2017, la Russie et le Burundi fêteront le 55e anniversaire de leurs relations d’amitié, de partenariat et de coopération. L’Ambassadeur de la Fédération de Russie au Burundi, Georgy V. Todua, apprécie positivement le pas déjà franchi en matière de coopération et reste optimiste que l’avenir est prometteur en matière de relations entre le Burundi et la Russie. Il se réjouit du fait que son pays ait déjà formé plus de cinq milles cadres et hauts cadres burundais dans les institutions d’enseignement supérieur de la Russie à travers l’octroi des bourses d’études aux jeunes burundais. Il réaffirme que son pays privilégie le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires intérieures de l’Etat partenaire. Cela ressort d’une interview que la rédaction du Journal Le Renouveau (L.R) a eue avec l’ambassadeur de la Russie au Burundi (A.R.). Suivez l’intégralité dans les lignes qui suivent.

 

L.R. : Monsieur l’Ambassadeur, ça fait longtemps que le Burundi et la Russie entretiennent des relations. Quelles sont vos observations et appréciations par rapport à cette coopération ?

A.R : D’abord, je voudrais préciser que cela fait 55 ans que mon pays a noué des relations de coopération avec le Burundi. Bientôt, nous allons célébrer le 55e anniversaire de ces bonnes relations, c’est-à-dire au mois d’octobre de cette année 2017. C’est très important pour la Russie mais aussi pour le Burundi. Pour la Russie, l’entretien de bonnes relations avec les pays d’Afrique dont le Burundi est indispensable.
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L.R. : Justement sur cette coopération, plus d’uns peuvent être tentés par une curiosité de savoir de quoi il s’agit. Quelle forme de coopération la Russie et le Burundi ont-ils entretenu pendant tout ce temps ?

A. R.: Pendant tout ce temps, mon pays a essayé en premier lieu d’envoyer des spécialistes dans tel ou tel autre domaine notamment économique, éducation, santé, etc. pour aider le Burundi. Ensuite nous avons passé à la formation des Burundais en Russie à travers les bourses d’études. Et là, la Russie a déjà formé plus de cinq mille personnes dans différentes universités à Moscou ou dans d’autres régions de mon pays. C’était dans tous les domaines : économie, technologie, médecine humaine et vétérinaire, des professeurs d’université, même des professionnels du monde médiatique ; etc. La Russie a toujours participé à la formation des cadres militaires. Des jeunes viennent en Russie pour poursuivre des études supérieures militaires et retournent au Burundi pour prester dans les forces de défense nationale. Ça c’est une fierté de mon pays.

L.R. : Monsieur l’Ambassadeur, quelles sont les perspectives envisagées dans le cadre du renforcement des relations avec le Burundi?

A. R.: Effectivement, durant toute cette période de coopération, il a été une occasion de constater là où il faut également activer le levier pour renforcer davantage les relations. C’est notamment le secteur commercial où il n’y a peut-être pas beaucoup de réalisations. Oui, c’est très important car, la Russie a besoin du café et du thé du Burundi tandis que le Burundi a besoin du blé russe et des équipements. Nous voulons que nos peuples échangent les produits et ainsi se développer de plus.
Depuis que nous sommes ici, nous privilégions la facilitation de nouveaux contacts entre les hommes d’affaires burundais et ceux de la Russie. Ici je peux parler des cas concrets nés de ces collaborations. Trois sociétés ont déjà été créées et bientôt seront actives au Burundi. Toutes ces sociétés connaissent dans leur capitale, la participation des Burundais d’une part et des russes d’autre part. C’est le cas de la société Lisma qui va fabriquer des lampes et d’autres produits dérivés ici au Burundi, une société qui fait des études minières au Burundi et celle qui va lancer les produits agricoles burundais en Russie. Ici je ne veux pas oublier plusieurs accords de coopération qui viennent d’être signés par les hautes autorités burundaises avec celles de mon pays. C’est le cas du Deuxième vice-président de la République qui a récemment signé un accord avec la région de Saransk, différents ministres burundais etc.
Dans le cadre de renforcement des relations, mon pays vient d’octroyer une bourse d’études à quarante étudiants burundais qui iront poursuivre leur formation en Russie dès cette année 2017. Et ce qui est très important, parmi ces bourses, onze seront des étudiants qui iront faire le doctorat. C’est un grand bénéfice pour le Burundi et une fierté pour la Russie. Mon pays va également former des policiers burundais conformément à l’accord dernièrement signé entre le ministre burundais de la sécurité publique et le ministre russe des affaires intérieures.

 

L.R. : Personnellement, quelle analyse faites-vous par rapport à la situation politico-sécuritaire qui prévaut actuellement au Burundi ?

A.R. : Premièrement, je dois dire que le peuple burundais est très ouvert à tel point que je ne me sens plus étranger au Burundi. C’est un peuple disposé à réussir en relation sociale. Et ce que je veux signaler ici, c’est que partout dans le monde, dans notre mission diplomatique nous évitons l’ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat partenaire.
Quant à la situation sécuritaire d’abord, je la trouve stable. Et d’ailleurs je ne suis pas le seul à le constater. Je vous donne l’exemple des hommes d’affaires russes qui voulaient venir visiter le Burundi. Ils ont lu des articles dans les médias disant qu’au Burundi il n’y a pas vraiment de sécurité. Finalement, ils ont décidé de venir malgré la mauvaise information. Et quand ils sont arrivés à Bujumbura, le constat a été juste le contraire de ce qu’ils avaient lu. C’est justement ce que moi aussi je constate, il y a une grande différence entre ce qui se dit dans les médias et la réalité au Burundi.
Effectivement il y a quelques défis mais cela existe partout dans le monde. Mais ce sont des problèmes qui ne sont pas de nature à déstabiliser tout un peuple. C’est pour cela d’ailleurs que la Russie a voté contre une Résolution du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies contre le Burundi. Nous sommes vraiment contre l’ingérence dans un pays souverain.
Du côté politique, je peux dire que le pas franchi est satisfaisant. Nous avons suivi avec intérêt le dialogue que la Commission nationale de dialogue interburundais a organisé dans toutes les communes du pays. S’il y a l’un ou l’autre souhait évoqué, il appartient au peuple burundais de choisir sa manière d’être gouverné, sa façon de parvenir à un développement. Il n’y a pas vraiment de maître au monde encore moins un pays ou un groupe de gens qui doit dicter comment organiser une Constitution d’un tel ou tel pays. Seulement il est important d’organiser des séances de dialogue sur divers points de divergence.

L.R : Monsieur l’Ambassadeur, auriez-vous un mot de remerciement à une telle ou telle autre personnalité du Burundi ?
A.R. : Effectivement. Je voudrais transmettre mes sincères gratitudes aux collègues burundais. Notamment, le ministre des Relations extérieures et de la coopération internationale, le ministre de la Défense nationale et des anciens combattants, le ministre de la Sécurité publique, le ministre de l’Energie et des mines, le ministre des Transports, des travaux publics et de l’équipement, etc. Je ne manquerai pas de féliciter les hautes autorités du Burundi et de la Russie pour une franche collaboration qu’ils mènent régulièrement chaque fois que les situations l’exigent.

L.R. : Merci Monsieur l’Ambassadeur
A.R. : Je vous remercie aussi.

Propos recueillis par
Amédée Habimana

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