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EDITORIAL> Faisons des pour et des contre, l’expression d’une bonne pratique de la démocratie

Le président de la République Pierre Nkurunziza a récemment signé un décret portant nomination de quinze membres de la Commission chargée d’étudier et de proposer le projet d’amendement de la Constitution de la République du Burundi à présenter à l’autorité habilitée dans un délai de soixante jours. Le projet de décret portant création, mandat, composition, organisation et fonctionnement de la commission avait été examiné en Conseil des ministres de mercredi 15 février 2017, sous la présidence du président de la République Pierre Nkurunziza et avait été adopté moyennant de légers amendements. Aussitôt le décret présidentiel rendu public, certaines voix, par médias interposés, se sont faites entendre, s’interrogeant sur la nécessité d’amender, aujourd’hui, la Constitution qui est la loi fondamentale de la République du Burundi et qui est à ce titre, une norme juridique supérieure à l’ensemble d’autres normes juridiques produites et applicables dans l’ordre juridique national. Répondant, lundi dernier, aux questions d’une journaliste de la RTNB, le porte-parole du président de la République Pierre Nkurunziza, Jean-Claude Karerwa a essayé de tranquilliser, en soulignant que c’est dans l’intérêt suprême de la Nation que les membres de la Commission composée de personnalités issues de diverses tendances, vont accomplir leur mission qui est d’inventorier, d’analyser les différents articles de la Constitution à amender, d’en faire la proposition au gouvernement et, après l’accord de ce dernier, de proposer un projet de Constitution amendée. De par l’importance de leur mission qui est une mission nationale, les personnalités qui ont été nommées ont fait l’objet de larges consultations, d’un choix rigoureux pour ne retenir que les plus méritants au double plan de la compétence et de la responsabilité. Il sied de rappeler que le gouvernement avait déjà apporté des clarifications, après avoir examiné le projet de décret portant création, mandat, composition, organisation et fonctionnement de la commission récemment nommée. La Constitution actuellement en vigueur, peut-on encore lire dans un communiqué de presse publié à l’issue du Conseil des ministres de mercredi 15 février 2017, a été promulguée le 18 mars 2005 après référendum et était destinée à régir et établir les règles de fonctionnement du régime post-transition, qui a pris fin avec l’organisation des élections générales de 2010. A ce titre, certaines de ses dispositions sont devenues obsolètes et ne reflètent plus les réalités du moment. Dans le même communiqué de presse, on peut encore lire que bien avant la fin de la période post transition, plusieurs acteurs sociopolitiques et institutions indépendantes ont, à travers divers ateliers, conférences et états généraux, formulé le souhait de voir la Constitution révisée et avaient même transmis des propositions écrites au président de la République. Par ailleurs, les rapports des différentes commissions nationales comme la Commission électorale nationale indépendante, la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme, ainsi que la Commission nationale de dialogue interburundais ont également recommandé l’amendement de la Constitution. De plus, lors d’un atelier organisé à leur intention le 11 octobre 2016 à Gitega, les leaders politiques burundais ont exprimé ce souhait et recommandé la mise en place d’une Commission chargée de proposer l’amendement de la Constitution, qui tiendrait compte des résultats du dialogue interburundais. Enfin, la nécessité de s’harmoniser avec les textes de la Communauté est-africaine milite en faveur de l’amendement de l’actuelle Constitution. Voilà pour les clarifications du gouvernement. Si, à propos de l’amendement de la Constitution, il y a des pour et des contre, c’est que la démocratie est en marche dans notre pays, c’est que les langues se sont déliées à la faveur d’une société burundaise qui change et qui ne peut plus reculer devant les principes qui ont présidé aux choix démocratiques du peuple burundais. Le débat riche et contradictoire sur cette importante question atteste, à lui seul, de la bonne marche de notre démocratie et de son rôle moteur qu’elle joue dans la vie politique de la Nation. A nous de faire preuve de maturité et de responsabilité.

 LOUIS KAMWENUBUSA


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