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PROTECTION SOCIALE> Promotion des mutuelles de santé

Aider les citoyens à être en bonne santé pour vaquer à leurs occupations

 

aaddse La mutuelle « Tuzokira twese » et le Centre de promotion des micro-assurances « Santé assurée » sont deux programmes promus par la FVS-Amade (Famille pour vaincre le sida-Association burundaise des amis de l’enfance) qui contribuent efficacement à répondre à la problématique d’accès aux soins de santé aidant ainsi les citoyens à vaquer à leurs occupations quotidiennes. Dans un entretien accordé au quotidien « Le Renouveau du Burundi », le coordinateur de ces programmes, Luc Tangishaka, fait le point de leur système de fonctionnement.

 

Parlant de la mutuelle «Tuzokira twese», le coordinateur du programme indique qu’il s’agit d’un système communautaire où des personnes mettent ensemble leurs cotisations pour faire face à l’événement incertain qu’est la maladie. Son système de fonctionnement est basé sur les principes essentiels de solidarité et d’assurance qui sont mis en œuvre pour permettre à tous les adhérents d’être en bonne santé afin de vaquer à leurs occupations quotidiennes, dit Luc Tangishaka. « Par solidarité, il faut comprendre que les riches et les pauvres, les jeunes et les adultes, les malades et les personnes bien portantes, mettent en commun leurs cotisations. Par assurance, il faut entendre que la mutuelle doit fonctionner en suivant les règles d’usage en matière d’assurances », explique-t-il.
Il indique que le programme aligne aujourd’hui quatre mutuelles indépendantes logées chacune dans les bureaux de la FVS-Amade à Makamba, Bururi, Gitega et Bujumbura mairie au siège, la première ayant vu le jour en 2012 à Makamba. Conçues initialement pour être au service des enfants orphelins hébergés dans des ménages d’accueil, ces mutuelles ont évolué en un système de prise en charge des maladies au niveau communautaire visant la pérennité.

Intermutualité

Parlant du fonctionnement proprement dit de la mutuelle « Tuzokira twese », l’interlocuteur indique que la cotisation est de 20 000 FBu par an et par ménage avec des frais d’adhésion de 1 000 FBu. Les enfants orphelins chefs de ménage paient 3 500 FBu, mais reçoivent le même paquet de services que les autres adhérents. A Bujumbura, on demande une cotisation annuelle de 37 500 FBu par ménage et de 7 200 FBu pour les enfants orphelins chefs de ménage, poursuit-il.
Au niveau de la prise en charge, ajoute-t-il, la mutuelle a des contrats de partenariat avec les structures sanitaires publiques, confessionnelles et privées. « Elle couvre tous les soins donnés au niveau des centres de santé ainsi que les hospitalisations, les consultations externes, les examens, les fournitures pharmaceutiques, les soins ophtalmologiques y compris une contribution à l’achat des lunettes, etc. Et ces mutuelles indépendantes entretiennent, au niveau organisationnel, des relations telles qu’il y a un système d’inter mutualité déjà fonctionnel entre elles. Cela veut dire qu’un bénéficiaire qui tombe malade étant dans une des provinces cibles de ses interventions se fait soigner et les compensations se font entre ces mutuelles ». Evoquant la collaboration avec les autres mutuelles, M. Tangishaka indique qu’elle se fait à travers une plateforme dénommée « Pamusab » (Plateforme des mutuelles de santé du Burundi) qui, depuis 2 010, assure d’une part le plaidoyer et, d’autre part l’harmonisation des outils et des services. « L’action d’harmonisation est en cours et prend effet le 1er janvier 2018 ».

Promouvoir et accompagner les mutuelles communautaires de santé

Un autre type de relations est entretenu avec le programme « Santé assurée » dont la mission primordiale est de promouvoir et accompagner les mutuelles communautaires de santé, la seconde consistant à assurer la gestion déléguée des soins médicaux aux groupes organisés tels que les associations, les organisations non gouvernementales (ONG), les entreprises, les banques, les établissements de microfinance, les coopératives et bien d’autres, poursuit M. Tangishaka. Il indique que l’idée de création de ce centre de promotion des micro-assurances est née du besoin senti par la FVS-Amade de mettre en place une cellule chargée spécifiquement d’accompagner efficacement les mutuelles de santé en mettant à leur disposition son expertise en matière de gestion et de développement de ces dernières.
Pour assurer son fonctionnement, ajoute-t-il, « Santé assurée » met en œuvre sa seconde mission en vendant ses services auprès desdits groupes organisés pour lesquels elle assure la gestion du portefeuille alloué aux besoins de santé de leurs personnels. «Pour cela, elle a des contrats de partenariat aussi bien avec ces groupes organisés qu’avec diverses structures de soins et pharmacies de bonne renommée tant de Bujumbura que de l’intérieur du pays».
Le directeur de « Santé assurée » cite les services offerts par celle-ci aux termes des contrats de partenariat avec les structures de soins : tous les soins dispensés dans les centres de santé ainsi que les consultations ambulatoires au niveau des services publics et privés, les hospitalisations, les médicaments à la pharmacie et les services spécialisés. « Le taux de prise en charge et du ticket modérateur varie selon les organisations, mais en général, il est de 80%, les 20% restants étant à la charge du bénéficiaire.

Institutionnaliser la solidarité

Selon Luc Tangishaka, le prépaiement et la création d’un fonds commun approvisionné par les cotisations à la mutuelle de santé sont une manière d’institutionnaliser la solidarité entre les citoyens aisés et ceux qui le sont moins ainsi qu’entre les personnes en bonne santé et les malades. «Cela permet de lever les obstacles à l’utilisation des services et de réduire le risque pour ceux qui tombent malade d’avoir à régler des frais catastrophiques, de réinvestir dans l’offre, la diversité et la qualité des prestations et des services». Il affirme que les témoignages des responsables de diverses structures de soins font état de la crédibilité des mutuelles de santé et confirment leur contribution au financement de la santé. « En effet, les chiffres disponibles dans les mutuelles de santé montrent que celles-ci contribuent à hauteur de 30 à 40% des recettes directes des centres de santé les plus fréquentés par les mutualistes. Les mêmes données prouvent que les mutuelles de santé favorisent les consultations précoces ainsi que l’efficacité et l’efficience du système de santé. Au niveau communautaire, les mutuelles de santé deviennent un excellent cadre propice à l’éducation pour la santé, surtout en ce qui concerne la prévention des maladies et la promotion de la santé, c’est-à-dire l’hygiène, la nutrition, la santé reproductive, la vaccination, etc. C’est aussi un bon cadre de renforcement de la cohésion sociale de la population », souligne Luc Tangishaka.

Eric Mbazumutima

 

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