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COMMUNAUTE> Vivre écarté par la société


C’est comme si l’on est un prisonnier

 

La loi burundaise ne reconnaît pas l’existence de la sorcellerie. Pour cela, des gens se font justice lorsqu’une personne en est accusée. La plupart de gens se vengent injustement à la suite de la médisance ou d’autres différends et des gens sont écartés de la communauté locale, tel que l’a eu en témoignage Le Renouveau.

 

« Il n’y a pas plus grave pour une personne que de perdre confiance en son environnement social». Tels sont les propos de T.A., un homme dont la femme est accusée de sorcellerie par ses voisins. Comme il continue de le dire, leur foyer est vu d’un mauvais œil par tous ceux avec qui ils cohabitent. La cause principale étant que sa femme n’entretient pas de bonnes relations avec les autres et est, par conséquent, accusée d’être un danger pour eux. « Si un enfant tombe malade, on dit que ma femme lui a donné du poison mais arrivé au centre de santé, on trouve qu’il souffre de la malaria ou d’autres maladies», a-t-il ajouté. 

A la question de savoir pourquoi et comment est né ce conflit, T.A a répondu qu’il l’ignore lui aussi, car, pour sa part, il n’a aucun problème avec eux. Seulement, il ne comprend pas pourquoi sa femme est accusée de cet acte ignoble. Pour lui, ce sont de petits différends qui opposent les femmes qui sont à l’origine de ces querelles et qui causent trop de chagrin à son cœur. « Maintes fois, quand je rentre du travail, je trouve ma femme en train de se quereller avec les voisins. Même si on ne nous menace pas trop, je sens de l’amertume car cette accusation est lourde pour un être humain », dit-il.

La vie est pénible

T.A. affirme que quand on est stigmatisé par la communauté, on ne peut pas être tranquille. On mène une vie comparable à celle d’un prisonnier, car on n’a personne à ses côtés pour causer. Si on a des enfants, ils vont grandir avec de grandes plaies qu’il sera tellement difficile de guérir. « Puisqu’on vit comme des gens stigmatisés, les enfants eux, en souffrent doublement. Ils manquent l’amitié de leurs petits camarades qui les craignent et grandir dans ces conditions les blesse énormément », a-t-il expliqué.
Pour l’intérêt de ses enfants, T.A. dit qu’il prévoit changer de domicile car il sait bien que seule la jalousie fait le malheur de sa femme qui est injustement accusée.

Jean Bosco Nkunzimana
(Stagiaire)

 

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