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Editoral> L’intérêt national, avant tout

Sur toutes les questions d’intérêt national, la position du gouvernement n’a jamais changé et ne changera jamais d’un iota. En décidant de ne pas envoyer de délégués à Arusha dans la session du 16 au 18 février 2017 sur le dialogue interburundais, le gouvernement a encore une fois été on ne peut plus clair dans ses orientations, dont le réalisme et l’objectivité, illustrent parfaitement son souci de stimuler l’effort dans la lutte contre les aspects négatifs contraires aux principes de la Nation, parmi lesquels figure au premier plan la souveraineté, un principe sacré qui inspire fondamentalement le comportement et l’action du peuple burundais, un principe auquel il ne saurait souffrir la moindre atteinte, d’où qu’elle vienne.


En décidant de ne pas envoyer de délégués à Arusha, le gouvernement ne récuse pas, de ce fait, le facilitateur dans le dialogue interburundais, l’ancien président tanzanien William Benjamin Mkapa dont il apprécie plutôt à sa juste valeur, « la détermination et les efforts désintéressés, qui constituent le leitmotiv qui mènera à bon port le processus de dialogue interburundais en cours, ce qui a d’ailleurs été mis en exergue de la façon la plus claire qui soit, lors de sa dernière visite de décembre 2016 à Bujumbura ». Loin donc du gouvernement l’idée de récuser le facilitateur à la hauteur de sa lourde et noble mission. Seulement, le Gouvernement du Burundi trouve qu’il y a « certaines irrégularités au niveau de l’organisation de la présente session et qui s’écartent de l’habituel esprit de concertation pour ce qui concerne l’établissement de la liste des invités ainsi que l’ordre du jour de la session. Ainsi, la présence des acteurs violents, notamment des putschistes recherchés par la justice burundaise parmi les éventuels invités empiète sur la souveraineté de la République du Burundi et des lois qui régissent le pays, notamment la loi sur les partis politiques ». Ceci ressort d’un communiqué du gouvernement dans lequel on peut encore lire que « la présence présumée de certaines personnalités dans cette session, notamment M. Jamal Benomar, conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies, qui a été récusé par le gouvernement et dont ce dernier attend le remplacement, ne garantit pas la sérénité des travaux de cette session ». Voilà ce sur quoi le gouvernement fonde son refus de participer à la session d’Arusha du 16 au 18 février.
En écho au communiqué du gouvernement, des partis politiques ainsi que des associations de la société civile comme Action pour la paix et le développement communautaire (Apadeco) et l’Association pour la consolidation de la paix au Burundi (Acopa-Burundi» ont vivement réagi, l’Apadeco soulignant « une machination orchestrée sans doute à partir des villes métropolitaines qui hébergent les détracteurs de la paix et de la sécurité, depuis la période de manifestations violentes entamées le 26 avril 2015 ayant emporté la vie des populations innocentes et des forces de l’ordre, sans omettre la tentative de coup d’Etat qui en a découlé le 13 mai 2015, mais vite déjoué par la vigilance des corps de défense et de sécurité ». De même, Acopa- Burundi « désapprouve la liste des personnes invitées à la session et demande au bureau de la facilitation de se conformer à la résolution 2248 du Conseil de sécurité de l’Onu ».
Principal garant de l’intérêt national, le gouvernement ne saurait, sous peine de dysfonctionnements et de retards redoutables dans l’œuvre d’édification nationale, s’accommoder des situations dangereuses nous amenant à recommencer les erreurs du passé. Notre pays se trouve à un moment où il n’est plus possible de reculer et les actions à entreprendre pour édifier la Nation doivent l’être sans remettre en cause notre souveraineté et notre intérêt national.

Louis Kamwenubusa

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