Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Chine> L’initiative de «La Ceinture et la route»

La Chine développe ce qu’elle appelle l’initiative de la Ceinture et la route. Dans une interview avec l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Burundi, Li Changlin dit que l’initiative de la Ceinture et la route est la plus grande plateforme de coopération internationale dans le monde. cooperation


Le Renouveau (L.R.): Ambassadeur Li Changlin, pourriez-vous nous résumer les principales activités diplomatiques de la Chine au cours des six premiers mois de l’année 2020 ?
Li Changlin (L.C) : L’arrivée soudaine du nouveau coronavirus a bousculé l’agenda de la diplomatie chinoise. C’est aussi le cas pour tous les pays du monde. Donc, la diplomatie chinoise a été centrée sur la lutte contre la pandémie de Covid-19. Le président chinois Xi Jinping a pris part au Sommet extraordinaire du G20 (le 26 mars), à l’ouverture en séance virtuelle de la 73e Assemblée mondiale de santé (le 18 mai), et il a présidé le Sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre la Covid-19 (le 17 juin). A ces occasions, le président Xi Jinping a lancé des initiatives liées à la construction de la Communauté de santé pour l’Humanité, avec des mesures de soutien aux pays en développement, en particulier aux pays africains, dans leurs efforts de réponse à l’épidémie. Je voudrais ici mettre en avant la vidéoconférence de haut niveau sur la coopération internationale de l’initiative de « La Ceinture et la route » tenue le 18 juin à Beijing.
L . R.: Alors, en quoi consiste l’initiative de « La Ceinture et la route » ?
L . C. : C’est en septembre et octobre 2013 que le président chinois Xi Jinping, lors de ses visites en Kazakhstan et en Indonésie, a proposé la construction d’un projet majeur comprenant deux éléments: la « Ceinture de la route de la Soie » et la « Route de la Soie maritime du XXIe siècle», plus communément appelée «une ceinture et une route». L’objectif affiché est de favoriser l’interconnexion entre les continents asiatique, européen et africain, ainsi que les mers et les océans adjacents ; de consolider le partenariat des pays riverains ; de mettre en place un réseau d’interconnexion intégré, et à divers niveaux, et de réaliser un développement diversifié, autonome, équilibré et durable des pays riverains. Au cours de ces six dernières années, à  la  lumière  des  principes  «consultation réciproque - contribution conjointe-partage des fruits »,la Chine a mené, avec des pays riverains, d’importantes actions en termes de communication politique, de libéralisation des échanges, de financement, de coopération industrielle et des échanges humains.

L. R.: Comment s’est-elle déroulée la vidéo conférence de haut niveau sur la coopération internationale de l’initiative de « la Ceinture et la route » ?

L. C.: Le 18 juin, à Beijing, Wang Yi, conseiller d’Etat et ministre des Affaires étrangères, a présidé la vidéoconférence de haut niveau sur la coopération internationale de l’initiative de « la Ceinture et la route ». Les chefs de la diplomatie et des responsables au niveau ministériel de vingt-cinq  pays, le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus et l’administrateur du Pnud Achim Steiner ont participé à cet événement.Wang Yi a d’abord lu le message écrit par le président Xi Jinping à la conférence. Le président Xi Jinping a indiqué , dans son message, que « La Ceinture et la route» sera un mode de santé pour protéger la sécurité et le bien-être du peuple, un modèle de reprise pour restaurer les activités économiques et sociales, et un modèle de croissance pour libérer le potentiel de développement. La bonne voie pour faire face aux crises mondiales et réaliser le développement à long terme passe par une connectivité, une ouverture et une inclusion plus grande.Wang Yi a exprimé le souhait de la Chine de conjuguer les efforts, avec ses partenaires internationaux, pour transformer «La Ceinture et la route» en une route de coopération, en une route de santé et de sécurité, en une route de croissance de développement et en une route d’ouvrir un avenir plus brillant. A cet effet, les partenaires de « La Ceinture et la route » se trouvent dans l’obligation de montrer  l’exemplarité. Premièrement, il faut renforcer la coopération en matière de santé publique en promouvant la fourniture de matériels antiépidémiques; la recherche, le développement et la production des médicaments et du vaccin ; discuter de la création du mécanisme de liaison en cas d’urgence de la santé publique au sein de la structure. Deuxièmement, il faut promouvoir l’interconnexion  afin que la production pour des projets d’infrastructures dans le cadre de « La Ceinture et la route » soit reprise le plus tôt possible, en sauvegardant la sécurité des chaines industrielles et d’approvisionnement. Troisièmement, il faut procéder à l’innovation et à la coopération dans les domaines de la 5G, des mégas données, d’intelligence artificielle et du cloud computing ; accélérer la mise en œuvre de « la Route de la soie numérique » et de « la Route de la soie écologique ». Quatrièmement, il faut s’opposer fermement à l’unilatéralisme, au protectionnisme ;  sauvegarder le système de commerce multilatéraliste ; promouvoir la libéralisation et la facilitation du commerce et de l’investissement ; promouvoir une mondialisation économique qui soit ouverte, inclusive, solidaire , équilibrée et bénéfique à tous, en vue de réaliser la coordination entre l’initiative de « La Ceinture et la route » et d’autres programmes de coopération bilatérale et multilatérale.Wang Yi a souligné que la Chine donnera la priorité au renforcement de la communication et de la coordination dans les points suivants: la Chine aidera toutes les parties dans la lutte antiépidémique et le redressement économique et social; dans la recherche, le développement et l’utilisation de vaccin, il faudra prendre en considération les demandes des partenaires de « La Ceinture et la route » ; il faudra discuter de la création de passages pratiques et rapides pour la circulation transfrontalière des personnes et des marchandises; il faudra organiser une visioconférence des ministres des Transports des pays partenaires de « La Ceinture et la route » pour sauvegarder la bonne circulation des chaines industrielles et d’approvisionnement et du système écologique ; il faudra développer l’e-commerce de « la Route de la soie » et promouvoir la construction de villes intelligentes, le développement et la coopération écologique. 


L. R.: Comment l’Afrique et le Burundi pourront-ils profiter de « La Ceinture et la route » ? 

L C.: Aujourd’hui, plus de quarante pays africains et la Commission de l’Union africaine ont signé des accords de coopération avec la Chine pour la construction de «La Ceinture et la route». Je pense qu’on peut mettre en synergie l’initiative de « La Ceinture et la route » avec l’Agenda 2063 de l’UA et des stratégies de développement des pays africains. La Chine a décidé de lancer avec l’UA l’élaboration du Plan de coopération Chine-Afrique dans le domaine des infrastructures et on mettra l’accent sur le renforcement en priorité de la coopération dans les domaines de l’énergie, du transport, de l’informatique, des télécommunications et des ressources en eau transfrontalières, et exécutera avec l’Afrique des projets prioritaires d’interconnexion. Elle soutiendra un meilleur recours des pays africains aux ressources comme celles de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures ; celles de la Nouvelle banque de développement et du Fonds de la Route de la soie. Le Burundi a, depuis des années, tiré de grands bénéfices du mécanisme de Forum de coopération Chine-Afrique, avec des projets visibles dans le pays. Le Burundi a signé avec la Chine le document de coopération dans le cadre de l’initiative de «La Ceinture et la route ». Je pense que le Burundi aura désormais un outil de coopération supplémentaire dans le financement de ses projets prioritaires. Je recommande au Burundi de se renseigner davantage sur l’initiative de « La Ceinture et la route », et de se mettre en contact avec ce mécanisme de coopération internationale, en vue de discuter des possibilités de coopération dans divers domaines, tout en s’accrochant à son Plan national de développement décennal.


Alfred Nimbona

Ouvrir