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SOCIETE traditionnelle burundaise> Respect de la vie

Nous nous sommes entretenu, le mercredi 12 mai 2020, avec un homme d’un âge avancé, Barthazar Gashehe, sur le respect de la vie dans la société burundaise traditionnelle. Ce respect consistait à ne pas tuer, à reconnaitre le droit de ne pas tuer. socité


Dans la société traditionnelle burundaise, il était strictement interdit de se donner la mort ni de tuer autrui. Tels sont  les propos de M. Gashehe sur le respect de la vie dans le Burundi traditionnel. Nous l’avons trouvé chez lui à Nyakabiga, dans la minicipalité de Bujumbura Les Burundais, à l’époque, ont toujours manifesté un respect marqué pour la vie humaine. « Le respect de la vie pourrait expliquer le refus de la peine de mort. Même le suicide qui ne concerne qu’une seule personne est contraire au respect de la vie. Tout comme on n’a pas le droit de tuer une autre personne, on n’a pas non plus le droit de se tuer. Il en était de même pour l’euthanasie  et l’avortement, deux types de mort qui ne pourraient en aucun cas se justifier. La personne humaine est considérée comme sacrée et inviolable dans son intégrité physique. C’est pourquoi la vie humaine est un don que seul Dieu peut procurer, ce qui sous-entend que lui seul peut le retirer à quelqu’un», a indiqué M. Gashehe. 


Ne pas tuer les animaux inutilement

 M. Gashehe ajoute que le respect de la vie ne concerne pas uniquement les humains, car les animaux ont aussi une vie et ils ne doivent pas être mis à mort inutilement. « La culture burundaise interdit aux enfants de tuer les animaux tels que le lesard, la bergeronnette, la grue couronnée. Certains clans ajoutent le mouton et la grenouille. Tuer un chien était aussi réprimé par la justice, et le criminel devait rembourser au propriétaire un animal domestique ou l’équivalent, et cela chaque fois qu’il y avait une chasse collective organisée », selon M. Gashehe.Barthazar Gashehe a montré comment dans le Burundi traditionnel, le meurtre d’une personne ne pouvait pas rester impuni. Il a fait savoir que l’on évitait le cycle de violences en recourant à la justice car la famille de la victime organisait une vengeance qui appelait en une autre. La justice  rendue par les notables de la cour royale faisait payer à la famille du tueur une lourde amende en vaches pour le dédommagement à la famille éprouvée et à l’autorité administrative. Et cela faisait abandonner aux Burundais la voie de la vengeance.

Donathe Ndayisenga (Stagiaire)

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