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Editorial>

Entamée le 27 avril dernier, la campagne électorale s’achèvera ce dimanche 17 mai 2020 à 18 h conformément au décret présidentiel signé et rendu public le 25 avril 2020 par le président de la République Pierre Nkurunziza, portant ouverture et organisation de ce moment particulièrement important pour tous les compétiteurs électoraux ne visant, chacun, que la victoire aux élections du 20 mai prochain. La présente campagne électorale est beaucoup suivie par l’immense majorité de Burundais, certains préférant se rendre sur le terrain, d’autres se contentant des reportages effectués par les médias tant écrits qu’audio-visuels couvrant de bout en bout l’événement. S’agissant justement des médias, une question nous vient tout de suite à l’esprit : quel regard porter, à l’heure qu’il est, sur la couverture médiatique de l’actuelle campagne électorale ?

Disons-le, sans tarder, fort appréciable est le travail en train d’être fait par les médias burundais qui ne ménagent aucun effort, malgré les moyens insuffisants pour parcourir monts et vallées dans l’objectif de rendre compte fidèlement de ce qu’ils ont vu et entendu, conformément aux techniques apprises, aux règles d’éthique et de déontologie professionnelle, au code de bonne conduite en rapport avec les élections, à tous les textes électoraux et aux recommandations issues des différents ateliers à l’endroit des responsables des médias et des journalistes.En cette période pré-électorale, nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que les médias font de leur mieux pour mener à bien ce qui est exigé d’eux, dans l’honnêteté, l’objectivité, l’impartialité et la responsabilité, sachant que le peuple burundais a besoin d’une presse nationale mûre, talentueuse, dynamique, patriotique, rendant bien compte des questions fondamentales du pays en demeurant à l’écoute du sommet et de la base. Il va de soi que le profil du journaliste actuel est tout à fait différent de celui des régimes politiques issus des coups de force qui ont suivi l’indépendance de notre pays. Ceux qui, en ces temps-là, ont exercé leur métier de journaliste sont heureux d’observer que la démocratie retrouvée en 2005 a jeté une lumière crue sur les innombrables tares des médias nationaux qui ont été en deça de tout ce qu’un lecteur, un auditeur, un téléspectateur était en droit d’attendre d’un journal, d’une radio ou d’une télévision. Les journalistes d’alors se rappellent bien que le terrain médiatique avait été abandonné par la presse nationale et aussitôt occupé, dans une conquête sans gloire parce que sans résistance, par nos confrères étrangers qui jouissaient dans notre pays même, d’un accès à l’information dont aucun journaliste burundais ne pouvait rêver. Quelqu’un disait avec raison que pour s’informer sur le Burundi, on lisait la presse étrangère. Le système d’information de cette malheureuse époque avait ignoré le public burundais devenu finalement orphelin de sa presse nationale.

Aujourd’hui, avec la démocratie retrouvée et progressivement renforcée, la situation a changé dans le bon sens au profit du public burundais, heureux de consommer une information marquée du sceau de la responsabilité et du professionnalisme de ses journalistes qui expriment à la fois la sagesse et la maturité politique du peuple burundais en prenant option sur l’avenir, étant entendu que la campagne électorale encore en cours nous mènera tout droit aux prochaines élections, s’inscrivant dans une perspective d’avenir. Les journalistes présents sur le terrain de l’action ne figurent-ils pas parmi les mieux placés pour le savoir ?

  Louis Kamwenubusa

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