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croissance economique> Contribution de la femme burundaise

La femme burundaise est aujourd’hui convaincue que plus rien ne sera comme avant et que sa contribution dans la croissance économique est indéniable. Tel est le point de convergence de certaines femmes qui se sont confiées très récemment à la rédaction du journal « Le Renouveau ». Selon elles, il est grand temps pour tout le monde d’œuvrer étroitement, unis et solidaires pour le plein succès d’un avenir meilleur. Toutefois, elles demandent que toutes les barrières  à la promotion de la femme burundaise qui se dressent sur les voies du développement soient abolies. croissance

 Comme pour les hommes, les femmes contribuent énormément et exemplairement à accroître l’économie nationale dans tous ses aspects. La secrétaire générale de l’Association des femmes d’affaire du Burundi (Afab), Immaculée Nsengiyumva a indiqué que le rôle de la femme entrepreneuse et commerçante dans la croissance économique est très importante. « Les femmes consacrent généralement une plus grande part de leur revenu à la santé, à l’éducation et au bien-être de leurs familles et de leurs communautés. Ce sont des mères et des éducatrices pour la nation».


Les femmes créent des richesses et des emplois

La secrétaire générale de l’Afab, Immaculée Nsengiyumva,  affirme que les femmes créent des richesses et des emplois. « Elles sont propriétaires des petites et moyennes entreprises, elles initient les activités génératrices de revenus. Ainsi elles contribuent donc à l’assiette fiscale du pays».Concernant la contribution de l’Afab, Mme Nsengiyumva a signifié que cette association offre plusieurs services à ses membres et autres femmes entrepreneuses et commerçantes et aux associations de développement. Il s’agit par exemple de faciliter l’accès à l’information et aux opportunités d’affaires à travers des réunions d’information hebdomadaires ; d’un renforcement des capacités techniques et managériales des membres à travers ces modules:croissanve1

business plan, fiscalité, marketing, comptabilité, leadership, gestion de stress, éducation financière, communication non violente, création et organisation des entreprises et des associations ainsi que des négociations des contrats commerciaux.Cette association facilite également l’accès aux ressources financières à travers une micro finance des femmes membres de l’Afab appelée « WISE » et la Caisse d’épargne et de crédit (CECM), surtout par la mobilisation de fonds de garantie et de  fonds de crédits. « Développement des mécanismes de caution solidaire entre les membres et non membres». L’Afab aide les femmes à avoir accès aux marchés par la participation aux foires nationales, régionales et internationales et d’échanges d’expériences et partenariat commercial entre les femmes entrepreneuses burundaises et leurs sœurs de la Communauté est africaine. « Par exemple une femme ougandaise peut fournir du maïs à une femme burundaise et vice-versa ».L’Afab aide aussi à l’amélioration du climat des affaires étant donné qu’elle est une chambre transversale des femmes entrepreneurs au sein de la Chambre fédérale du commerce et d’industrie du Burundi (CFCIB). C’est dans ce cadre, a-t-elle renchéri, que l’Afab participe au plaidoyer pour l’amélioration de l’environnement des affaires, l’élimination des barrières non tarifaires et la contribution au développement de la stratégie du secteur privé.


La contribution de la femme rurale

Le professeur Gertrude Kazoviyo qualifie le rôle de la femme rurale d’inégalable. «L’économie burundaise est largement dominée par le travail agricole. Or, la femme burundaise est le principal moteur de la production agricole. C’est elle qui défriche, sème, sarcle, récolte, transporte, transforme, etc ». Elle affirme que le produit agricole issu de ce dur labeur de la femme apporte une valeur ajoutée très importante au PIB burundais.Selon la secrétaire générale de l’association des femmes d’affaire du Burundi (Afab), la majorité de ceux qui œuvrent dans le secteur primaire et tertiaire sont des femmes. Elles nourrissent les fils et filles du pays et vendent l’excédent s’il y en a. « Tout cela pour contribuer à la croissance économique du pays ».Annonciate Nzeyimana rencontrée dans son champ de haricot et de patate douce ,au mois de mars 2020, sur la sous colline Nyambeho, de la colline Gishingano en commune Isare, affirme elle aussi que la femme rurale dépend de ses activités champêtres pour sa subsistance et celle de toute la famille. « La femme cultivatrice joue un rôle crucial dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et dans la lutte contre la pauvreté ». Cependant, elle a indiqué qu’elle se heurte à certains défis dont l’exiguïté des terres cultivables, les maladies qui attaquent les plantes et la terre qui nécessite beaucoup de fertilisants qu’elles n’arrivent pas à avoir. 


Le rôle de la femme burundaise selon l’EDSB-III

Selon la troisième enquête démographique et de santé au Burundi  de 2016 à 2017 (EDSB-III), un ménage burundais compte en moyenne 4,8 personnes. Trois sur dix, soit 29% sont dirigés par une femme. Concernant le pouvoir d’action des femmes surtout sur la possession des biens ; la même enquête montre que la proportion des hommes qui utilisent un compte bancaire est deux fois plus élevée que la proportion de la femme, soit 11% contre 5%. Parmi ceux qui possèdent un téléphone portable, 10% des femmes contre 11% d’hommes en utilisent pour les transactions financières.
Des défis persistentLe professeur Kazoviyo dit que les défis qui freinent encore l’épanouissement de la femme sont principalement dus à l’accès limité aux facteurs de production. Ces facteurs sont la propriété foncière qui appartient exclusivement à l’homme, le fait que la femme burundaise accède très difficilement au crédit faute de garantie et le défi d’accès aux sources de son épanouissement notamment de l’information à cause de la surcharge familiale. « La femme s’occupe à la fois de la production agricole, du travail ménager, de l’encadrement des enfants après l’école, etc. Ce qui l’empêche de se concentrer sur les sources potentielles de son épanouissement».Mme Nsengiyumva affirme que l’Afab se heurte à des contraintes de manque de moyens pour renforcer les capacités des femmes, de les encadrer et de les accompagner depuis la création des entreprises, l’organisation et le développement. « Donc il faut un appui institutionnel», a-t-elle signifié. Elle a ajouté qu’en plus des ces contraintes générales ; les femmes membres de l’Afab se heurtent aux barrières techniques comme le faible accès aux ressources de production ainsi que les infrastructures de base dont l’énergie et les routes.  Selon la Banque mondiale (2011), la productivité pourrait augmenter de près de 25% dans certains pays si les obstacles discriminatoires contre les femmes étaient supprimés.


Que faut-t-il pour rendre la femme burundaise autonome ?

Mme Nsengiyumva trouve qu’il faut éliminer toute forme de discrimination envers la femme. « Il faut éliminer les obstacles relatifs à l’environnement et au climat des affaires, au cadre légal, réglementaire et administrative ». Il faut également éliminer  les obstacles relatifs à la problématique de l’accès des femmes au financement ; les obstacles relatifs aux capacités techniques des femmes entrepreneuses; revoir les lois discriminatoires en matière de propriété, d’héritage et les pratiques culturelles.Mme Kazoviyo trouve qu’il faut également promouvoir le marché des produits vivriers qui constitue le principal secteur occupé par la femme, de promouvoir l’accès de la femme au crédit, d’alléger le travail domestique et d’associer la femme à la décision quant à la gestion de la production. A cela, elle converge avec Mme Nsengiyumva de l’Afab qui trouve qu’il faut éliminer toute forme de discrimination envers la femme.A côté du faible niveau d’instruction, Mme Nsengiyumva trouve qu’il faut éliminer les contraintes liées au statut des femmes car  la balance est parfois déséquilibrée. « Par exemple, quand un membre de la famille est malade hospitalisé, la femme abandonne  le commerce et devient une garde-malade. Des fois, elle puise dans son capital qui est même petit». 

       Moïse Nkurunziza

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