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SOJEPAE> Accompagnement scolaire des ex-enfants de la rue et ceux en situation de la rue

La rédaction du journal « Le Renouveau » s’est entretenue, le mercredi 6 mai 2020, avec le directeur du projet « Protection de l’enfant » au sein de la Sojpae (Solidarité de la Jeunesse Chrétienne pour la paix et l’enfance), David Ninganza, sur le suivi scolaire des ex-enfants de la rue et ceux en situation de la rue. Selon lui, la réponse aux problèmes de chaque enfant doit être individuelle.rue


M. Ninganza a d’abord nuancé en disant que les enfants de la rue sont ceux qui passent la journée et la nuit dans la rue tandis que les enfants en situation de rue sont ceux qui ont des ménages où ils rentrent  mais qui passent la journée dans la rue en train de mendier et qui, certains parmi eux,  sont  exploités par des gens à qui ces enfants donnent un versement par jour.  Selon le directeur du projet « Protection de l’enfant »,  les enfants exigent beaucoup de moyens. Premièrement, il faut qu’il y ait l’écoute individuelle de chaque enfant afin de savoir pourquoi l’enfant est dans la rue, quel remède pour faire face à sa situation. Cela permet de savoir si chaque enfant est d’accord à embrasser encore l’école et/ou s’il peut accepter de retourner chez lui. Néanmoins, il y a des enfants dont la Sojpae n’a ni de référence ni d’identité, ni leur nationalité. Parmi ces derniers, il y a ceux qui restent au centre et d’autres dont la Sojpae cherche les familles d’accueil. 

 Une écoute prudente pour trouver un remède

Cette écoute aboutit à s’assurer si l’enfant a besoin de réintégrer l’école ou les centres d’enseignement des métiers lorsqu’il dépasse l’âge de l’école fondamentale. C’est une écoute qui exige la prudence, la sagesse et la vigilance car lorsqu’on échoue à ce stade de l’écoute, on échoue dans la suite pour trouver le remède. « C’est la raison pour laquelle vous voyez les enfants de la rue à qui nous aidons à rentrer chez eux et qui y retournent car, souvent, ils ne nous disent pas la réalité. On trouve un médicament d’une maladie que l’enfant n’a pas », a souligné M. Ninganza.  Il y a des fois où l’enfant  trompe la Sojpae qu’il est à la hauteur de sa  situation de rue et qu’il a abandonné carrément  sans motif valable car une fois arrivé dans sa famille, on constate que  cette dernière ne manque rien. « La question est de savoir comment réintégrer de tels enfants. La solution revient au renforcement des capacités de la famille dans la prise de décision et dans les entretiens avec cet enfant. Il arrive que ses parents soient nerveux,  ne tolèrent pas  ses dégâts et le punissent sévèrement, raison pour laquelle l’enfant quitte sa famille pour la rue. A ce moment là Sojpae concentre les efforts chez l’enfant ou au sein de la famille pour réussir cette intégration », a fait savoir M. Ninganza.

 
La Sojpae donne un kit scolaire à  l’enfant réintégré

M. Ninganza a signalé qu’au niveau des centres d’enseignement, quand un enfant est encore à l’âge de scolarisation et que la réintégration est possible la Sojpae entre en contact avec sa famille biologique et cherche, en collaboration avec le ministère en charge de l’éducation, une école pour cet enfant.        « La Sojpae donne à cet effet un kit scolaire à cet enfant.  A ce moment, nous mettons en place un comité mixte de gestion et de suivi  quotidien de cet enfant. Ce dernier aide dans l’identification des problèmes qui ont poussé l’enfant à embrasser la rue et à trouver la solution adéquate à ces problèmes », a-t-il dit. Pour les enfants qui durent longtemps au centre, la Sojpae leur cherche des familles d’accueil pour qu’ils grandissent dans les  familles afin de se formaliser avec l’éducation familiale et les travaux ménagers. Les enfants qui dépassent l’âge de scolarisation embrassent l’enseignement des métiers comme l’art culinaire, la couture, le défrisage,   le métier de boulanger, etc.  A la fin de la formation, ces enfants bénéficient du matériel pour commencer la vie. Ils bénéficient également d’un encadrement sur la citoyenneté.  Il n’a pas manqué de dire que les familles s’occupant de la réintégration de ces enfants bénéficient d’un appui financier et des vivres pour maintenir l’enfant dans la famille durant les premiers jours car un enfant réinséré dans une famille misérable regagne la rue immédiatement. 


S’attaquer aux causes au lieu des conséquences

Selon M. Ninganza, la réponse à chaque enfant doit être individuelle parce que les causes sont individuelles. Le problème est que l’on s’attaque aux conséquences au lieu de s’attaquer aux causes. Il a interpellé les partenaires  de la Sojpae dont les organisations de la société civile et  le gouvernement à travers le ministère en charge des affaires sociales qui s’occupent de la réintégration des enfants dans leurs familles, de penser à l’autonomisation de ces familles pour que les enfants ne retournent pas dans la rue. Il a salué la contribution du ministère en charge des affaires sociales et l’Ambassade de Chine au Burundi qui participent à la  prise en charge de ces enfants en donnant les vivres à la Sojpae.

 Ezéchiel MisigaroLaurent

Mpundunziza (Stagiaire)

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