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SEPARATION DES PARENTS> Impact sur la vie des enfants

La séparation et le divorce des parents ont des répercussions directes sur le bien-être des enfants car ces derniers sont les premières victimes de la situation. Ainsi, la carence affective entraine une faible estime de soi de l’enfant ce qui conduit à des comportements  perturbateurs. Il est nécessaire que le conseil de famille puisse jouer son rôle convenablement pour prévenir à temps les conflits qui peuvent surgir dans les ménages afin de protéger les droits de l’enfant. enfant


Le directeur du programme de protection de l’enfant au sein de la Solidarité de la jeunesse  chrétienne pour la paix et l’enfance (Sojepae), David Ninganza a indiqué que les premières victimes de la séparation des parents sont les enfants. Il a souligné que lorsque les deux personnes veulent se marier, elles ont deux projets, c'est-à-dire le projet du mariage et le projet d’éduquer les enfants issu de leur union. Il a ajouté que si le premier projet, c'est-à-dire le projet du mariage est disloqué, le deuxième projet doit continuer malgré que les époux soient séparés ou divorcés. Mais, quand les parents ne sont plus ensemble, les enfants qui avaient droit à l’éducation, à la santé, aux loisirs et droit à l’affection parentale, etc., la situation doit changer. Aussi, il a précisé que les moyens financiers se dispersent étant donné que l’enfant sera supporté par l’un des parents. Ainsi, il a rappelé  que le parent qui a la garde de l’enfant a le droit de se remarier, d’où la naissance d’autres conflits. Car, les autres disputes surgissent entre les personnes déjà divorcées. Par exemple, si c’est la maman qui a le droit de garde des enfants, le père des enfants refuse que ses enfants soient éduqués par un autre homme qui n’est pas leur père. Il a ajouté que c’est plus gravelorsque c’est le papa qui a la garde des enfants et qu’il veut se remarier. Car, la culture burundaise, que ce soit dans les chansons ou dans les poésies, parle toujours des marâtres dans le sens négatif. 


 Parfois le conseil de famille ne joue pas son rôlepatir

M. Ninganza a souligné que les dislocations des mariages sont dues en grande partie par le fait que le conseil de famille n’a pas joué son rôle convenablement. Il a précisé que le conseil de famille est reconnu par le Code des personnes et de la famille. Il a signalé qu’il est composé par au moins quatre personnes du coté de l’homme, quatre personnes du coté de la femme et deux personnes neutres. Il a ajouté que normalement, le conseil de famille devrait être consulté avant toute action tendant vers la dislocation du ménage. Or, ce n’est pas le cas, car le juge demande le procès verbal du conseil de la famille lorsque les procédures de divorce sont en cours.  M. Ninganza a indiqué que le conseil de famille a le rôle de régler à temps les litiges entre les époux. Cela dans l’optique de protéger les droits des enfants car les conséquences de la mésentente entre les époux touchent beaucoup plus les enfants que leurs parents. M. Ninganza a souligné que la plupart des enfants qui sont dans la rue sont des victimes du conseil de famille qui n’a pas su jouer son rôle.  Aussi, il a ajouté que les enfants qui ont perdu les parents doivent être récupérés par un membre de la famille avec l’aval du conseil de famille. Cela dans l’objectif de prévenir les maltraitances des enfants car le conseil de famille doit donner le droit de garde à celui qui a de la moralité.

  Un organe méconnu

 Notre source a souligné qu’il a mené une enquête en commune Mutimbuzi sur l’existence du conseil de famille.  Il a précisé que plus de 80 % de la population ne sont pas au courant de l’existence de cet organe. Parmi ceux qui sont au courant de cet organe, plus de 60% ne connaissent pas exactement le rôle du conseil de famille.  M. Ninganza a dit que lorsqu’il a approché les leaders de la communauté pour leur demander combien ils consultent le conseil de famille, plus de 60% parmi eux, ne connaissent pas même cet organe. Or, le conseil de famille est un organe plus important dans la gestion des conflits dans les ménages. Car, c’est un organe connu par la loi et qui est incorruptible et il peut rendre la justice sans se pencher sur l’un ou l’autre côté. Cela,  du fait que les membres sont de deux cotés aussi parce que ce sont des personnes qui connaissent bien les époux depuis longtemps. Selon M. Ninganza, le conseil de famille est le seul organe qui devrait assurer la protection des enfants en cas de la séparation des parents mais aussi pour prévenir les conflits entre les époux. C’est pourquoi il y a un projet qui est en train d’être exécuté dans la province de Bujumbura par l’Ong « save  the children » dans l’optique de sensibiliser les gens sur l’importance et le rôle du conseil de famille.  Toutefois, M. Ninganza a fait savoir qu’il y a des avancées significative en matière de la protection des enfants car au niveau du ministère de la justice, de la protection civique et garde des sceaux, il y a la justice des mineurs. Cela se remarque dans les tribunaux de Grande instance où il y a des magistrats formés en cas des procès où les enfants sont impliqués directement ou indirectement. Mais, le problème se remarque au niveau des tribunaux de Résidence. Car ces magistrats spécialisés dans la protection des enfants n’existent pas alors que les procès commencent dans les tribunaux de Résidence. C’est pourquoi,  il a lancé un appel au niveau du ministère des Affaires sociales, de la protection de la personne humaine et du genre qui a la protection des enfants dans ses attributions de plaider pour qu’il y ait des magistrats spécialisés en matière de la protection des enfants au niveau du tribunal de Résidence.

 
La loi est lacunaire 

 M. Ninganza a précisé que la loi est lacunaire au moment où la loi régissant la succession ne montre pas la part de la femme ou de la fille. Il a donné un exemple d’une femme qui vient de divorcer avec son mari et la loi stipule que les deux ont le droit de se remarier. Avec le divorce, la propriété qu’ils possédaient est partagée en deux parts. Mais, le problème surgit encore entre les divorcés lorsque la femme veut se remarier car elle n’a pas le droit de se remarier sur la partie qu’elle a reçu.  Les conflits qui naissent de nouveau, viennent aggraver la situation des enfants. C’est pour cette raison que M. Minganza a interpellé les législateurs de réviser la loi et voire tous les contours en fonction de la situation du moment car aujourd’hui, il y a trop de demandeurs de séparation de corps ou de divorce.  Une autre lacune se remarque au niveau de la recherche de la paternité car la loi stipule qu’un enfant recherche la paternité lorsqu’il a déjà atteint 21 ans. Or, les parents peuvent être séparés par la mort avant l’enregistrement d’un enfant. La loi stipule aussi que la recherche de la paternité peut se faire avant deux ans après la mort du père.

  
La carence affective entraine une faible estime de soi 

 Selon Alexis Ndayizigiye, un psycho-éducateur, la séparation des parents a des conséquences néfastes chez les enfants car elle leur affecte à tous les niveaux, c'est-à-dire au niveau psychologique, scolaire, social, etc. Il a fait savoir que les problèmes commencent bien avant la séparation des parents lorsqu’il y a les disputes entre eux. Il a souligné qu’au niveau scolaire, un enfant dont les parents sont séparés ou s’il y a des conflits dans la famille, les résultats régressent.  Notre source a souligné qu’un enfant dont les parents sont séparés vit un sentiment de culpabilité car il pense qu’il est la cause de leur séparation. En classe, lorsque l’enseignant est en train de dispenser le cours, l’enfant est ailleurs car il pense tout le temps à sa situation et il sent qu’il est inférieur aux autres. Au niveau relationnel, il a indiqué que l’enfant préfère rester seul parce qu’il a peur que les autres abordent la question en rapport avec la parentalité. L’enfant peut développer aussi un comportement menaçant envers les autres ou bien il peut se refugier dans l’alcool ou dans l prise de drogues. Ainsi, M. Ndayizigiye a dit que la carence affective entraine chez l’enfant une faible estime de soi et un manque d’identification. Il a précisé que le plus souvent, il a peur de s’identifier par exemple à son père lorsqu’il juge que sa mère était victime ou vice-versa.  Il a ajouté que les comportements perturbateurs sont nombreux chez les enfants dont leurs parents sont séparés car il y a même des sentiments de suicide. M. Ndayizigiye a interpellé les enseignants et l’entourage de ces enfants d’être compréhensif. Aussi, il a suggéré qu’il est très important que les enseignants aient un renforcement des capacités dans le soutien des enfants en difficulté car ils ont une formation dans l’enseignement seulement. 

Fidès Ndereyimana

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