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FILIERE SUCRE> Etat des lieux

Bien qu’il y a les défis à relever, la filière sucre présente des opportunités. La Société sucrière du moso (Sosumo) dispose des perspectives d’avenir en vue d’accroître la production du sucre. Cependant, le pays fait face à un manque répétitif de sucre sur le marché ou à la hausse du prix par les commerçants. L’administration essaie de juguler ce problème mais sans succès.SOSUMO


Depuis juillet 1988, la Sosumo a lancé la première campagne de production du sucre par la transformation de la canne à sucre.L’objectif de ce projet était d’économiser des devises en évitant l’importation du sucre ; de faire face à la demande croissante de sucre dans le pays ; de favoriser le développement économique  et la main d’œuvre locale de la région. La zone du projet étant située en province de Rutana au sud-est du pays en bordure de la frontière avec la Tanzanie, le projet sucrier du Moso a été inscrit au 3e plan quinquennal de développement économique et social du Burundi au début des années 70.

La filière sucre exploite  3 800 hectares 

Gérée par la Sosumo sous régime d’économie mixte, la filière sucre exploite 3 800 hectares de plantations avec des variétés importées de l’Ile Maurice et de la Réunion, selon le responsable de vente et marketing ; relation publique et communication au sein de cette société, Jean Pierre Nzobandora. D’après lui, la production moyenne annuelle est estimée à 20 000 tonnes de sucre et  210 000 tonnes de cannes à sucre avec un capital de 2 145 000 000 FBu. L’irrigation par gravité, grâce à un barrage, n’est pratiquée que pendant la saison sèche sur 260 ha des piedmonts.La filière sucre présente des opportinités.  Notre interlocuteur cite l’existence du marché d’écoulement ; l’environnement sécurisé ; l’autosuffisance en énergie pendant la campagne ainsi que l’existence des terrains pour l’extension et du réseau d’irrigation.Des défis ne manquent pas, selon M. Nzobandora. La filière sucre fait face aux aléas climatiques, à l’enclavement du pays et à l’obsolescence des équipements due à la nouvelle technologie.Amélioration substantielle de la filièreLa Sosumo a des perspectives d’avenir en vue d’accroître la production. M. Nzobandora fait savoir que cette société envisage l’extension de l’usine et l’installation d’une nouvelle chaudière. Elle prévoit également étendre l’irrigation en zone de montagne et l’introduction de nouvelles variétés de cannes rentables et résistantes. Cette extension sera progressive et l’objectif est de doubler la production, pour passer d’une production annuelle de 20 000 tonnes de sucre à une production annuelle d’environ 40 000 tonnes dans un premier temps. Dans une deuxième phase, les ambitions sont d’atteindre une production de 100 000 tonnes.La Sosumo va aussi mettre en place une analyse du sol pour appliquer les engrais adaptés en quantité et en qualité. Ces actions pourront offrir de réelles chances d’amélioration substantielle des résultats de la filière.


Un manque de sucre répétitif sur le marché

SOSUMO

Malgré les récoltes satisfaisantes de cannes, le Burundi connaît, depuis plusieurs années, une problématique qui résulte du manque de sucre répétitif sur le marché et/ou de la hausse du prix par les détaillants et/ou les grossistes.La mesure qui fixe le prix actuel du kg de sucre à 2 400 FBu n’est pratiquement pas  respectée  dans différents coins de l’intérieur du pays et dans les quartiers de la municipalité  de Bujumbura, la capitale burundaise. Le prix au kilo est en hausse malgré la récolte significative.Dans différents endroits de l’intérieur du pays, le prix du sucre est  revu à la hausse. Dans  différents quartiers de la ville de Gitega en province de Gitega, capitale politique, le sucre coûte entre 2 500 et 3 000 FBu par le Kg.Dans différentes boutiques des quartiers de la municipalité de Bujumbura, la plupart des détaillants vendent le sucre à un prix qui varie entre 2 800 et 3 500 FBu. Peu d’autres le vendent à 2 500 FBu à condition que le client achète un autre article.

 
L’administration locale se dit dépassée

Au niveau des quartiers dans la municipalité de Bujumbura, l’administration locale est dépassée. Le chef de zone Kamenge, Espérance Hakizimana jette le tord aux grossistes. Elle fait savoir que la zone Kamenge compte 16 grossistes et que ces derniers recoivent une quantité suffisante de sucre auprès de l’entrepot du sucre à Bujumbura mais ne le fournissent pas à leur tour aux détaillants. « Nous recevons la liste des noms de grossistes qui reçoivent le sucre mais ces derniers éteignent leurs téléphones et disparaissent pour ne pas être en contact avec l’administration afin de fournir le sucre aux détaillants ». Le chef de zone Kamenge mentionne que l’administration essaie de juguler le problème de manque de sucre, mais sans succès.


La population s’indigne

Certains clients expliquent  que les commerçants s'associent pour spéculer afin de gagner beaucoup dans un court terme. Ils jugent anormal que le prix fixé par le gouvernement ne soit pas respecté par tous les commerçants. « Une telle spéculation se fait au vu de la police et de l’administration et il n’y a même pas de sanctions », s’étonnent d’autres clients. Selon eux, les commerçants font sans doute des spéculations.


La Sosumo distribue du sucre en quantité suffisante

Le directeur général du Commerce au ministère du Commerce, de l’industrie et du tourisme, Chrysologue Mutwa, a dernièrement précisé que la Sosumo distribue du sucre en quantité suffisante chaque mois. Après l’analyse des données statistiques à leur disposition, le constat a été que depuis le mois de janvier 2 019, la Sosumo n’a jamais distribué moins de 2 500 à 2 700 tonnes du sucre par mois. a- t-il a ajouté.


Propos recueillis par

ERIC MBAZUMUTIMA

 

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