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GENRE> Influence du système patrilinéaire sur le statut de la femme

Au Burundi, l’organisation sociale est de type patriarcal et patrilinéaire. Ce système confère à l’homme la responsabilité du ménage, promu chef de la communauté conjugale. C’est lui qui prend les décisions les plus importantes du ménage, qui s’occupe de la gestion des facteurs de production, des ressources et des bénéfices. Cela ressort d’une étude faite par le professeur Pierre-Claver Seberege sur la stratégie de communication pour le changement de comportement en faveur de la masculinité positive au Burundi.

L’analyse des fondements, pratiques et pesanteurs socioculturels de la société burundaise dégage des éléments explicatifs et de justification de l’inégalité de la femme burundaise que véhicule le système patrilinéaire du pays.D’après le tableau qui montre l’influence du système patrilinéaire sur le statut de la femme, le système défavorise la femme dans la mesure où celle-ci ne peut pas hériter. Cette coutume vient en tête d’après les enquêtés individuels, les autorités et les intervenants. De même, la mainmise sur le patrimoine familial par un mode masculin est façonnée par une culture phallocratique. En plus, l’exclusion et la sous-représentation actuelle de la femme dans les instances qui décident des intérêts socio-économiques et l’auto-exclusion qui s’ensuit résultent du système patrilinéaire.

 Place de la femme dans la gestion du pouvoir dans le Burundi ancien

Si la femme n’est pas totalement absente dans les structures politico-administratives du Burundi ancien, elles jouaient néanmoins un rôle plutôt discret et se trouvait davantage confinée dans les fonctions à caractère rituel. Comme l’exception qui confirme la règle, la reine-mère occupait une grande place à la fois comme conseillère et comme mère du jeune roi. A sa mort, elle avait droit à un protocole comparable à celui de son mari le roi. C’est-à-dire qu’elle n’était pas enterrée comme un simple mortel, son corps était enveloppé dans une peau de vache pendant un mois. Cependant, sous la royauté ancienne du Burundi, il avait été créé d’importantes fonctions rituelles assumées par les femmes. En effet, il s’agissait notamment de la gardienne du tambour-emblème-karyenda, elle s’appelait Mukakaryenda, du clan des Bashubi. Elle avait un domaine politique à elle et demeurait vierge puisqu’elle était mystiquement mariée à Karyenda. Il s’agissait aussi de Mukakiranga, une femme recrutée dans le clan Bashubi aussi, qui demeurait également vierge et se présentait comme la femme de Kiranga, le medium religieux des Barundi. Tous ces exemples montrent que quelques femmes ont joué des rôles importants dans l’histoire du Burundi, et que ce ne serait que légitime qu’elles jouent plus de rôles publics aujourd’hui où nous sommes dans la modernité.

Considération de la femme dans la société burundaise

Les hommes ont utilisé des références bibliques pour soutenir leur description de la femme idéale. Pour eux, selon la Bible, une femme idéale doit être physiquement faible, mais sympathique et souriante. Mais ils justifient aussi l’inégalité par la Bible. « La femme ne peut pas être égale à l’homme, premièrement la Bible dit que la femme est sortie de la côte de l’homme. Secundo, la femme quitte sa famille et vient vivre avec son mari et vit grâce aux biens que le mari a cherchés. »La femme est considérée comme étant inférieure à l’homme à cause de : la force physique de l’homme supérieure à celle de la femme, ce qui fait que c’est l’homme qui protège la famille et qui est mobilisé en cas de guerre ; pour des raisons économiques, la mariée rejoint son mari sans aucun bien et se retrouve dans le patrimoine de celui-ci « l’homme construit et la femme vient chez lui, de plus, il paye la dot », etc.Toutes ces considérations, même si des gens de villes les ont rapportées, se retrouvent davantage dans le milieu rural où la jeune fille quitte sa famille pour rejoindre la famille du jeune homme que dans les milieux urbains où les jeunes mariés se retrouvent dans leurs propres foyers loin des parents en apportant chacun ce qu’il peut pour contribuer à la construction de leur jeune ménage.


Explitoé par Aline Nshimirimana

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