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COMMENTAIRE >

Le sujet du présent commentaire trouve sa source dans les échanges constructifs qui ont marqué la retraite médiatique organisée, au chef-lieu de la province de Muramvya, par le ministère de la Communication et des médias, en direction des responsables des médias et des journalistes qui, pendant deux jours, ont parlé de leur profession et des prochaines élections. Nous voudrions, dans ce commentaire, partager avec vous ce qui a été évoqué au cours des échanges entre les participants. Il s’agit du journalisme à solutions bien connu dans le monde des médias mais dont on parle peu. C’est un journalisme responsable répondant aux attentes de la société dans laquelle et pour laquelle la profession de journalisme est exercée. Le journalisme à solutions va au-delà du journalisme descriptif, c’est-à-dire du simple récit des faits et des événements auxquels le journaliste a assisté, en se limitant aux seules questions du sociologue anglo-saxon Lasswell : Qui ? Quoi ? Quand ? Où? Pourquoi ? Comment ? Le journalisme à solutions s’inscrit dans le contexte des forces sociales de propositions dont la société a énormément besoin pour trouver les meilleures voies à suivre en vue de son édification sur des bases solides.

Le journalisme à solutions est également antinomique du journalisme à sensations proliférant dans les pays occidentaux où certains organes de presse qui, en l’exerçant, sont plutôt soucieux de vendre leurs produits, en gonflant et en dégonflant exagérément et délibérément les faits au nom d’une certaine liberté de la presse parfois synonyme de la liberté de mentir. Il s’agit d’une forme de journalisme qui ne peut que s’épanouir dans une certaine presse occidentale où « un chien qui mord un homme n’est pas une information, mais où un homme qui mord un chien est une information ». Dans cette presse, informer objectivement le citoyen tout en cherchant à apporter des solutions à ses problèmes est le cadet de ses soucis. Nombreux sont, en Occident, les titres à pratiquer ce genre de journalisme auquel le public a déjà pris goût, victime de ce que l’on peut appeler journalisme de la dénaturation des faits au nom de l’appât du gain. Le 3 mai prochain, les journalistes burundais s’associeront à leurs collègues du monde entier pour célébrer la Journée internationale de la liberté de la presse. Une précieuse occasion pourrait nous être offerte pour parler sans nous lasser, du journalisme à solutions peu présent dans nos débats médiatiques, alors que c’est lui qui convient le mieux, aujourd’hui et demain, à notre société qui a énormément besoin du savoir-faire de ses fils et de ses filles pour se développer, les journalistes devant occuper le haut de l’échelle. « Problème-solution » devrait être leur mot d’ordre, car la société burundaise est en droit d’attendre beaucoup d’eux en ce qui concerne la solution aux ses problèmes sans cesse portés à l’attention des médias. La question est, essentiellement, celle-ci : Qu’ai-je fait, moi journaliste de la presse écrite, de la presse audio-visuelle ou de la presse en ligne pour contribuer à la solution des problèmes ayant été portés à ma connaissance lors des interviews avec la population, notamment celle du Burundi profond ? Le journalisme à solutions est donc celui le mieux approprié à nos sociétés en développement qui ne peuvent pas avancer sans l’appui et l’accompagnement des médias, véritables instruments de communication au service du développement de toute la société qui ne demande qu’ils demeurent à son écoute. C’est de cette manière que les médias mettront à l’honneur le journalisme à solutions qui doit être encouragé par tous.                                                                                             
Pascaline Biduda                               

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