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Dossier> Gestion de la victoire et de la défaite électorales

Les partis politiques sont des acteurs clés qui constituent le noeud d’un problème quelconque ou alors une solution dans l’exercice du pouvoir dans le jeu démocratique. Les dirigeants doivent avoir une culture politique démocratique afin de penser aux intérêts de la Nation. gestion

Pour le président du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri Iragi rya Ndadaye Kefa Nibizi, la peur de perdre les élections s’observe même avant ces dernières. « C’est un problème sérieux parce que, pour que notre pays soit stable, il faut que les partis politiques se préparent à  accepter les résultats des urnes. Le parti au pouvoir quant à lui, doit se préparer soit à gagner soit à perdre ». Mais, son impression est que d’un côté ou de l’autre, cette maturité politique d’accepter le verdict des urnes n’est pas encore très ancrée dans la classe politique. A cet effet, vous trouverez  que le perdant dira toujours qu’il y a eu fraude électorale. Quand on entre dans une compétition, on doit se préparer à gagner ou à perdre, c’est cela la stabilité, a-t-il poursuivi.

Il y a encore à faire …

Pour Kefa Nibizi, il s’agit d’un problème qui date de longtemps. C’est pour cette raison que la Ceni devrait tout faire pour ce qui est de la transparence notamment pour les bureaux de vote. Ces derniers doivent être constitués de différentes tendances politiques. Aussi, il faut de la transparence au niveau de la compilation des résultats. Il faudra que la Ceni ait balayé tous les pretextes qui empêcheraient de torpiller le processus électoral.M. Nibizi a aussi indiqué que certains considèrent la politique  comme source d’emplois les plus payants au Burundi. «Quand quelqu’un a un poste politique, il prétend avoir plus d’avantages soit légaux ou même illégaux. Si les gens se battent beaucoup, ce n’est pas pour mettre en application ou en place le projet de société, mais, c’est pour soit, accéder aux avantages ou les garder». 

 Créer une école de la démocratiegestion1

En démocratie, on devrait comprendre qu’on est là pour servir le peuple. D’après M.Kefa, il y a encore à faire même si le pays est avancé. Notre interlocuteur a aussi précisé que le rôle des partis politiques est primordial car ce sont eux qui entrent en compétition, qui gagnent ou qui perdent les élections. «Nous devrions créer au sein de nous-mêmes une école de la démocratie. Au lieu d’enseigner à nos militants des manœuvres antidémocratiques qui peuvent nous permettre de gagner les élections, on devrait plutôt leur enseigner, de bannir toute pratique antidémocratique pour qu’ils restent dans la marche ». Jusqu’à maintenant, la démocratie apparaît comme la meilleure forme de gouvernance. « Le déficit démocratique entraîne aussi d’autres déficits notamment au niveau de la gouvernance et du développement de notre pays. Si on vit parfaitement la démocratie, la stabilité d’un pays suit », a souligné M.Nibizi.

Les électeurs doivent respecter les textes réglementaires

Le coordinateur général et porte-parole de l’Onelop  Burundi (Observatoire national des élections et des organisations pour le progrès) Sylpice Nkurikiye a fait savoir que les organisations de la société civile accompagnent la Ceni dans le processus électoral. Ces organisations doivent suivre le comportement des partis politiques, de leurs membres, des candidats indépendants avant, pendant et après les élections.  M. Nkurikiye a indiqué que lors du scrutin les organisations de la société civile doivent absolument disposer des grilles d’observation, et  les complèter chaque fois que les événements se passent d’un bureau de vote à l’autre. Après les élections, ces organisations donnent le rapport à la Ceni. Aussi, elles ont un rôle à jouer dans l’analyse du comportement des partis politiques. « Nous conseillons aux électeurs de respecter les textes réglementaires (le Code pénal, le Code électoral et la Cour constitutionnelle) qui parlent que lorsqu’un parti politique ne respecte pas le verdict des urnes, il doit rejoindre la Cour constitutionnelle et avec des éléments (irrégularités, fraudes) qui temoignent que les élections n’ont pas eu lieu en bonne et due forme. La cour constitutionnelle prend une décision y relative ». Les électeurs doivent prendre des mises en garde, c’est-à-dire savoir qu’en acceptant les enseignements des partis politiques, ils doivent absolument penser au développement du pays.lorsqu’un parti politique ne respecte pas le verdict des urnes, il doit rejoindre la Cour constitutionnelle et avec des éléments (irrégularités, fraudes) qui temoignent que les élections n’ont pas eu lieu en bonne et due forme. La cour constitutionnelle prend une décision y relative ». Les électeurs doivent prendre des mises en garde, c’est-à-dire savoir qu’en acceptant les enseignements des partis politiques, ils doivent absolument penser au développement du pays.

Raisons occasionnant un contentieux post-électoralgetion2

D’après le docteur en sciences politiques Denis Banshimiyubusa, pour parler de la gestion de la victoire et de la défaite après la période électorale, il faut aussi parler de tout le processus électoral. Parmi les raisons qui peuvent occasionner un contentieux post-électoral figure le déroulement de tout l’ensemble du processus électoral. Par exemple, si les organes chargés d’arbriter ce processus ne sont pas crédibles, c’est sûr qu’à la fin, il sera difficile de faire admettre les résultats qui sortent des urnes. Aussi, s’il n’y a pas eu de transparence au niveau des urnes, on s’expose encore à des conflits après les élections. Egalement, il y a ce fait que certains candidats n’ont pas cette culture démocratique, c’est-à-dire la culture d’admettre qu’ils n’ont pas gagné l’élection surtout que certains d’entre eux ne savent pas ce que c’est gagner ou perdre l’élection. Ils pensent que gagner l’élection c’est avoir le président de la République alors qu’on peut gagner l’élection en ayant un nombre suffisant de députés par exemple.

 Les partis politiques ont une part considérable

M.Banshimiyubusa a précisé que par le passé, il y a certaines élections durant lesquelles la période post-électorale a été bien gérée mais d’autres qui ont occasionné des conflits. « Les partis politiques ont une part considérable dans la gestion de la période post-électorale parce qu’aucun parti politique ou aucun leader partisan n’ose dire à ses militants qu’ils peuvent perdre les élections». Pour M. Banshimiyubusa, il y a parfois une mauvaise compréhension de la démocratie mais, principalement, il s’agit de l’absence de la culture politique démocratique. Ils pensent que la démocratie signifient les postes qu’ils vont occuper mais, ils ne pensent pas à la démocratie en tant que système de gouvernement où on doit avoir une majorité présidentielle et une opposition qui est là et qui est respectée.La deuxième chose qui peut compliquer la donne c’est que lorsqu’on est dans l’opposition, on se croit malheureux et qu’on ne va rien avoir. Ainsi, les partis politiques surtout leurs leaders n’ont pas cette culture politique démocratique, c’est pour cette raison que l’après élection est toujours difficile à gérer.

Fonctionnement du système démocratique

Les leaders politiques doivent comprendre le fonctionnement des élections et du système démocratique dans un système démocratique. Ils doivent savoir que ne pas avoir le poste de président de la République n’est pas la fin du monde en politique. On peut avoir d’autres postes notamment la représentation au niveau des deux chambres du Parlement, les conseillers communaux, etc. Tout ce monde participe dans la gestion de la chose publique dans un régime démocratique. Aussi, ceux qui ont gagné l’élection doivent comprendre que l’opposition est une nécessité en démocratie. On ne peut pas parler de démocratie sans opposition. C’est pour cela qu’on doit avoir une majorité qui travaille ensemble, la majorité présidentielle essayant de mettre en œuvre les promesses faites durant la campagne électorale, et essayant d’expliquer à la population qu’elle est en train d’accomplir ce qu’elle a promis. Quant à l’opposition, elle essaie de critiquer les actions du gouvernement pour dire à la population que le gouvernement n’est pas en train d’accomplir ce qu’il lui a promis.

Pilier du régime démocratique

Selon M. Banshimiyubusa, le Burundi est en train de se chercher, d’expérimenter ce qui pourrait être un régime démocratique après de longues années d’autoritarisme, de parti unique.  Les hommes et les femmes politiques sont invités à depasser leurs intérêts sectaires pour penser aux intérêts de la Nation. De cette manière, ils verront qu’ils peuvent participer aux élections dans l’intérêt général et, non pas en pensant à un poste personnel. Ainsi, on pourra avoir un après élection très facile à gérer. Ils doivent aussi faire la socialisation politique à l’endroit de leurs adhérants.                                                                                    

Yvette Irambona

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