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Muramvya> Retraite organisée par le ministère de la Communication et des médias

Le ministère de la Communication et des médias organise au chef-lieu de la province de Muramvya, du lundi 16 au mardi 17 mars 2020, une retraite à l’intention des responsables des médias et des journalistes. L’objectif de ladite retraite est d’évaluer les activités de la synergie des médias au cours des élections de 2005, 2010, 2015, ainsi que celles du référendum de 2018, et de préparer la couverture médiatique des élections de 2020. elections2


Le conseiller du gouverneur de la province de Muramvya, Silas Niragira, a souhaité la bienvenue aux participants à la retraite en informant que cette province est en paix dans toutes ses communes.Le ministre de la Communication et des médias, Frédéric Nahimana, a, dans son discours d’ouverture, indiqué que le gouvernement s’est engagé à organiser des élections démocratiques, libres et transparentes. C’est dans ce cadre que tout Burundais est invité à donner sa contribution pour que les échéances de 2020 soient réussies. Ainsi, M. Nahimana a précisé que le rôle des journalistes est d’user de leur professionnalisme pour créer de bonnes conditions pour le bon déroulement des échéances électorales en préparant les Burundais sur le plan psychosocial.Selon le ministre Nahimana, le but de la retraite est de faire un regard rétrospectif sur le déroulement des élections en 2005,2010,2015, et du référendum de 2018. A partir de ce qui a été bien fait, il appelle les journalistes à en tirer des leçons qui serviront à la préparation des élections de 2020.Dans le premier exposé, le conférencier Thierry Kitamoya a procédé à l’évaluation de la synergie des médias lors des processus électoraux de 2005, 2010, 2015 et du référendum de 2018. Selon lui, la synergie des médias de 2015 a été couronnée de succès et est devenue une référence au niveau de l’Afrique à telle enseigne que même le Rwanda s’en est inspiré. La communauté internationale a salué le travail abattu par la synergie en 2015.  Revenant sur l’évaluation des processus électoraux de 2005, 2010, 2015 et du référendum de 2018 par le Conseil national de la communication (CNC), le conférencier Kitamoya a cité certaines erreurs qui ont été observées. Du côté des journalistes, certains ne se sont pas rendus sur terrain, d’autres ont été en retard sur les bureaux de vote du fait d’y  avoir été envoyé tardivement, d’autres encore sont rentrés avant la fermeture des bureaux de vote. Cela a été à l’origine du déséquilibre de l’information et même de la diffusion des résultats erronés. Certains reporters ont utilisé un mauvais langage surtout en mélangeant les faits et leurs commentaires. Le fanatisme politique a été également observé. Il y a eu également des cas de transmission de messages de haine, des cas de corruption. Concernant les responsables des médias, certains ne se sont pas réimpliqués dans la synergie tandis que d’autres ont même éteint leurs téléphones. 


Synergie des médias pour les élections de 2020elections3

Quant à Jacques Bukuru, il a développé le thème sur « Comment réussir la synergie des médias pour les élections de 2020, rôle et interaction des              acteurs ». Selon ce conférencier, pour que les élections se déroulent bien, il faut que le journaliste soit l’observateur critique et indépendant et qu’il y ait la présence des médias professionnels libres, la liberté étant un idéal car nulle part il n’y a pas de média libre à proprement parler.Pour qu’il y ait de bonnes élections, les citoyens doivent avoir l’accès suffisant à l’information afin d’opérer un choix en toute conscience. En outre, les médias, tant publics que privés, doivent accorder un espace équitable aux candidats pour leur donner la possibilité de s’exprimer. Les journalistes doivent par ailleurs s’intéresser aux préoccupations des citoyens pour que les candidats en tiennent compte dans l’élaboration de leurs projets de société.

 
Le travail des médias libres permet de prévenir les violences

Selon M. Bukuru, le citoyen compte beaucoup sur le travail des médias libres. Pour cela, les journalistes doivent aller au-delà des simples faits en usant de leur professionnalisme pour que le processus électoral soit conduit sans violences. Ils doivent également se garder de diffuser toute information de nature à perturber la cohésion sociale même quand elle est vraie.Les professionnels des médias doivent jouer un rôle dans la promotion de la paix. Ainsi, a dit Jacques Bukuru, la synergie des médias est une bonne stratégie pour la couverture des élections de 2020 car, a-t-il ajouté, la synergie est une expérience burundaise réussie. En effet, le travail d’ensemble est un canal pour dénoncer les dérapages, c’est un cadre d’expression élargie pour les candidats et il permet une sécurisation des envoyés spéciaux puisque quand les journalistes vont sur terrain, il est plus facile de les attaquer quand ils travaillent en solo que lorsqu’ils agissent en synergie. Et la fiabilité des élections dépend beaucoup du travail en synergie.Pour cela, la mission de la synergie est entre autres de surveiller les droits des électeurs et des candidats en vérifiant si les règles électorales sont bien appliquées, et veiller à ce que le processus électoral soit bien compris et bien exécuté.Pour réussir cette mission, la synergie doit tenir compte des moyens matériels et financiers disponibles et être spécialiste pour gérer les dérapages. Le conférencier Bukuru n’a pas manqué de préciser le rôle des intermédiaires car ils sont incontournables dans la fiabilité des résultats annoncés. C’est dans ces conditions que les journalistes doivent vérifier la présence des intermédiaires, dénoncer les absents tout en faisant vivre l’ambiance qui règne dans les bureaux de vote.Il a enfin insisté sur la collaboration entre les journalistes et les Commissions électorales au niveau des provinces et au niveau des communes pour ne pas annoncer des résultats non significatifs par  l’ensemble de la circonscription électorale.Précisons que le président du CNC a profité de l’occasion pour appeler les journalistes à respecter le code de conduite en période électorale tel que les médias l’ont adopté tout en respectant tous les textes régissant la profession de journalisme notamment la loi sur la presse et le code d’éthique et de déontologie de presse.


Jean Etienne Ndayizeye

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