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ELECTION 2020 > Echange entre les responsables des médias et les acteurs politiques

Lors de l’atelier d’échange tenu à Gitega le vendredi 13 mars 2020, les responsables des médias et les acteurs politiques ont fait un débat où ils ont dénoncé ce qu’il faudrait corriger dans les deux camps pour la bonne conduite des élections de 2020.elections


Selon Evariste Ndayishimiye, Secrétaire général et candidat présidentiel du parti CNDD-FDD, un leader d’un parti politique qui rencontre les membres de son parti en marge des travaux de développement communautaire ne viole aucune règle électorale n’en déplaise à quelques journalistes. Il a ajouté que le journaliste qui doit rendre compte du développement socio-économique du pays ne devrait pas censurer telle ou telle autre activité du fait qu’un responsable d’un parti politique y a participé. Il a souligné que malgré le processus électoral, la vie du pays continue. Il a souligné que les médias devraient servir d’intermédiaire entre la population et le gouvernement. M. Ndayishimiye a indiqué qu’il y a des acteurs politiques qui, de peur que leur secret soit dévoilé par les médias, corrompent les journalistes. Selon lui, cette situation sera bien gérée une fois que les médias seront conscients de comment exercer en tant que quatrième pouvoir au service de tous les citoyens.


Les acteurs politiques font appel au professionnalisme dans les médias

Nancy Ninette Mutoni, secrétaire nationale chargée de la Communication au sein du parti CNDD-FDD, souhaite que les journalistes qui vont informer et former la population pendant cette période électorale soient suffisamment outillés en matière des élections au niveau du bagage intellectuel tant que technique et financier. Quant à Olivier Nkurunziza, secrétaire général du parti Uprona, il a dénoncé l’attitude des médias publics, notamment la RTNB qui diffuse les activités du parti au pouvoir du début à la fin du journal. Il a fait appel au professionnalisme des médias pour accorder un temps d’antenne équitablement à tous les partis politiques. Agathon Rwasa, candidat présidentiel du CNL, a souligné que les médias devraient être neutres et reconnaitre qu’au-delà de nos croyances politiques, nous sommes des citoyens burundais afin de servir la patrie.

elections1 Selon Francis Rohero, candidat présidentiel indépendant, un programme de développement d’un candidat aux élections peut exister longtemps avant la campagne électorale. Il a rappelé qu’il a sorti un livre il y a cinq ans et le fait que ce livre soit partagé maintenant ne devrait pas heurter quelques consciences comme une violation de la campagne électorale. Un autre candidat indépendant à l’élection présidentielle, Dieudonné Nahimana, a suggéré qu’il y ait une bonne répartition des responsabilités entre les acteurs politiques et professionnels des médias. Si tel parti politique a fait beaucoup d’activités et que celles-ci sont diffusées, est-ce que c’est le parti qui est fautif ou le média qui a diffusé pendant en temps plus long qu’il n’aurait dû reserver à l’information ? Ou encore entre celui qui a dit des paroles de haine et celui qui les a diffusées ?


Les médias publics accompagnent les activités de développement

 Le président du CNC, Nestor Bankumukunzi, réagissant aux propos des acteurs politiques, a souligné que les médias publics sont tenus d’accorder un temps suffisant et égal à tous les candidats aux élections lors de la campagne électorale. Il a également demandé aux médias privés d’essayer de donner les mêmes chances à tous les participants à la campagne électorale même si la loi ne les y oblige pas. Répondant à la question du niveau de responsabilité entre le politicien qui donne des messages de haine et le média qui les a diffusés, le président du CNC a souligné qu’ils sont tous les deux fautifs. Le directeur général de la RTNB, Eric Nshimirimana, s’exprimant sur la gestion de l’espace, a indiqué que les acteurs politiques ne devraient pas se limiter au temps réservé au journal, car c’est un temps très limité où il y a des règles professionnelles qui sont observées. Toutefois, il a tranquillisé les acteurs politiques que la RTNB a un personnel suffisant pour couvrir la campagne électorale pour tous les candidats et à travers tout le pays.Le directeur de la radio Isanganiro, Sylvère Ntakarutimana, a indiqué qu’il est possible que tel média n’accompagne pas tous les partis ou candidats dans leurs activités mais que c’est pour cette raison qu’il y a des émissions-débats qui sont organisées. Il a demandé aux acteurs politiques de bien vouloir prendre part à ces émissions pour qu’elles soient équilibrées. Les responsables des médias ont également plaidé pour la sécurité de leurs journalistes et de leurs matériels pendant la période électorale. Louis Kamwenubusa, directeur général des Publications de presse burundaise, a demandé aux acteurs politiques d’arrêter de corrompre les journalistes et de les laisser exercer leur métier conformément à la déontologie journalistique. Selon lui, les médias publics doivent accompagner les activités du gouvernement et d’autres acteurs du développement du pays. Ainsi, il est difficile voire impossible d’accompagner un acteur politique qui ne participe pas aux activités du développement du pays.

  Grâce-Divine Gahimbare

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