Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Processus electoral > Entretien avec un membre de la société civile sur son état d’avancement

A quelques mois des élections générales de 2020, la rédaction du quotidien « Le Renouveau » s’est entretenue avec le président de l’Association pour assistance et formation juridique du citoyen-Berintahe (AFJC-Berintahe), Venuste Muyabaga, pour s’enquérir de son  appréciation du déroulement du processus électoral en cours au Burundi. Il apprécie les étapes déjà franchies et invite toutes les parties prenantes à faire correctement et professionnellement leur travail pour conduire à bon port  ces élections. ASTERE


A propos de l’état d’avancement du processus électoral en cours, M. Muyabaga souligne qu’il est satisfait des activités déjà réalisées par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et ses démembrements. « Le processus électoral est en train d’être bien mené. Depuis la mise en place de la Ceni et de ses démembrements, ils se sont mis à l’œuvre et ont collaboré avec toutes les parties prenantes aux élections». Concernant le calme qui règne dans le pays par rapport aux élections organisées dans les années antérieures où à deux mois des élections il s’observait des querelles et des chicanes entre les responsables et les membres de différentes formations politiques, notre interlocuteur souligne que l’interprétation est simple. « Les élections qui se sont passées au Burundi dans les années antérieures se déroulaient dans un climat non apaisé. Il y avait des situations qui provoquaient  des crises. Or, aujourd’hui il y a la stabilité dans le pays et le peuple burundais a compris que c’est par les élections qu’il doit avoir des dirigeants et non pas par la rue ». D’après M. Muyabaga, un des aspects qui avaient influencé les élections antérieures, c’était cette forme de dépendance extérieure où celui qui a donné de l’argent devrait donner des ordres et orienter la suite du processus électoral. « Maintenant ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, le Burundi organise et finance lui-même les élections de 2020. Cela veut dire qu’il n’y a pas d’ injonctions extérieures. Cela montre l’aboutissement de l’indépendance qu’on avait cherchée depuis les années 1960.  Maintenant elle se concrétise de plus en plus ».

 
Le comportement de la presse a évolué

Comparativement aux périodes électorales antérieures, le président de l’AFJC-Berintahe trouve qu’il ne serait pas souhaitable que les médias d’aujourd’hui commettent les mêmes erreurs que dans les années antérieures. « Comme la situation évolue, le comportement de la presse a évolué aussi. Cela veut dire que le comportement que les médias avaient adopté dans les années antérieures n’est plus le même aujourd’hui. Il  ne serait pas souhaitable que les médias d’aujourd’hui reprennent ou refassent les erreurs qu’ils ont commises dans les années antérieures où on a assisté au fait qu’ils voulaient montrer  un côté partisan, ce qui  désorientait le peuple ». D’après lui, pendant cette période électorale,  la presse devrait montrer au peuple qu’après les élections la vie continue. Elle ne devrait pas se borner sur les élections seulement ; mais  penser aussi au développement.  Donc, il faut couvrir tous les secteurs de la vie du pays et nous voyons que la presse est en train de se verser dans cette logique d’agrandir son champ de travail dans le sens de promouvoir le développement dans tous les secteurs ».

  
« C’est un signe éloquent que la démocratie au Burundi est une réalité »

A propos du dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle, M. Muyabaga se réjouit du fait qu’il y a eu plus de candidatures par rapport aux élections antérieures. « Cela est un bon signe pour la démocratie au Burundi parce que cela témoigne la confiance que toutes les parties prenantes, surtout les partis politiques et les indépendants, ont investie dans ce processus électoral ». Concernant le rejet de certains dossiers, notre interlocuteur  trouve que la Ceni tient beaucoup au respect de la loi. « S’il y a l’un ou l’autre manquement dans les dossiers des candidats, la Ceni n’a fait qu’appliquer la loi ». Il s’est réjoui du fait que, pour les dossiers rejetés, la loi prévoit le recours des candidats auprès de la Cour constitutionnelle. « Si l’un ou l’autre se sent lésé par rapport à la décision de la Ceni, ils n’a qu’à exercer des voies de recours, comme la loi le lui autorise ». En définitive, pour la bonne suite du processus électoral, M. Muyabaga invite chacune des parties prenantes aux élections à faire uniquement, correctement et professionnellement son travail et dans le respect de la loi. 


Astere Nduwamungu

Ouvrir