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DOSSIER> Les cadres dans les coopératives

Leur apport contribue à motiver les autres

 

cadr2La catégorie des cadres est constituée par de personnes ayant des diplômes universitaires et autres dans divers domaines. Ils peuventt être des modèles à suivre s’ils jouent correctement leur rôle. Ils peuvent aussi aider la population à changer son mode de vie car ils appliquent les techniques apprises en classe. Etre rassemblés dans des coopératives, cadres et non cadres, est une façon de s’auto-développer tout en échangeant des expériences. Cela passant par diverses activités comme l’agriculture, le commerce, les activités artistiques, etc. Un entretien avec divers cadres nous en dit plus. 

 

« A part qu’on apprend à travailler ensemble et à gagner de l’expérience, les coopératives nous évitent de passer notre temps inutilement. Ainsi, on lutte contre la paresse et la perte de temps  dans des activités qui nous retiennent inutilement après le travail», dit Jean Paul Simbavimbere, membre de la coopérative pour la valorisation du sol (Vaso). Ainsi, la matière apprise en classe est mise en application sur terrain au lieu de perdre son temps dans d’autres choses. Le Burundi est à 85% agricole, c’est pour valoriser le sol burundais qui est riche qu’on a décidé de nous mettre en coopérative. La plupart des cadres travaillent déjà dans divers domaines et perçoivent des salaires. A la question de savoir pour quel objectif les cadres devraient s’insérer dans ces coopératives, M. Simbavimbere indique que cela réduit les dépenses et on récupère la somme qui était allouée à ces aliments qu’on devait acheter au marché. Ainsi, on peut pratiquer une petite agriculture de ménage pour éviter d’aller toujours au marché. Les pots qu’on utilise pour décorer les ménages par des fleurs peuvent ainsi servir de petits champs potagers d’oignons ou autres légumes. Tout cela, on l’apprend dans ces coopératives. C’est aussi une façon d’éduquer les enfants pour s’activer dans un entrepreneuriat dans le futur en commençant à bas âge. On leur sert donc d’exemple. Les cadres deviennent donc des modèles à suivre. L’agriculture n’est pas réservée aux seuls paysants. En effet, le rôle des cadres devient une aide aux vieux parents qui pratiquent toujours l’agriculture traditionnelle afin qu’ils optent pour une agriculture moderne. La matière apprise en classe est mise à l’œuvre pour améliorer les conditions de vie des paysans. De nouvelles techniques sont appliquées pour accroitre le rendement. Cela impliquant la technique de fertilisation du sol. « Que les paysans ne se jalousent pas et ne se mettent pas en conflits comme quoi il y a usage de sorcellerie, quand le voisin récolte en grande quantité », signale notre interlocuteur

Eviter d’étiquetter les coopératives

La spécialité de la coopérative des cadres est que chacun va dans sa province natale pour appliquer une agriculture moderne et aider ses voisins à accroître le rendement. Notre interlocuteur indique que les Burundais devraient apprendre à échanger d’expérience sans étiquetter son modèle. En effet, certains pensent que les coopératives nouvellement instaurées appartiennent au parti au pouvoir. Notre source dit que les gens devraient plutôt se demander pourquoi telle ou telle culture est rentable à tel endroit et à telle période de l’année. En effet, on n’attend plus la pluie pour cultiver les légumes. Il n’est même pas obligatoire de pratiquer la culture des légumes dans les marais. Il faut par contre se poser la question de comment cela a été possible et que faire pour y arriver. Les marchandises au marché ne portent pas d’étiquettes du parti, les consommateurs utilisent leur argent pour s’en procurer. Pourquoi alors ne faut-il pas apprendre plutôt les techniques appropriées pour réduire ses dépenses ? Se mettre ensemble aide les gens à produire plus et à apprendre les uns aux autres. Comme on le dit, l’union fait la force. Quant à la collaboration avec les autres, les membres vont apprendre des autres dans d’autres pays. Il nous a donné l’exemple des cultures sous serre. Les cultures sont protégées des maladies des plantes et la production est satisfaisante.

 « L’union fait la force »

Kwizera Diane est une dame, cadre, se trouvant au sein de la coopérative Sangwe. Pour elle, être dans cette coopérative l’aide à savoir comment épargner et à aider les autres à épargner. En effet, la plupart des fonctionnaires et d’autres personnes ne peuvent pas dépendre de leurs salaires. Beaucoup d’entre eux ont de petites revenus et pratiquent l’entraide mutuelle. Cela donc ne peut pas les empêcher de chercher au-delà de leurs revenus, malgré leurs petites activités comme la confection des briques, l’agriculture, le petit commerce, etc. cela peut même appuyer les chômeurs qui se débrouillent dans diverses activités. Les gens apprennent à se prendre en charge. On apprend à cohabiter pacifiquement et à échanger les expériences. Ainsi, il n’y a pas de différence quand on vise tous des intérêts communs. On trouve des cadres assis avec des gardiens ou des plantons, assis avec des cultivateurs de tomates ou des fabricants de briques,  sans complexe mais dans la fraternité. Dans nos différences, on s’aime, on fait des projets ensemble sans regarder d’où l’on vient, de quel milieu social on est, etc. Quant à son apport au sein de la coopérative, Mme Kwizera indique qu’a part que  les gens apprennent à lutter contre la famine, les cadres apportent leurs expériences et leurs contributions. Par exemple, quand la coopérative récolte du riz, les cadres apprennent aux autres qu’il y a une quantité à consommer, une quantité à vendre et une quantité à épargner pour les mauvais jours. Au moment où la population a tendance à tout vendre, les cadres leur montrent que l’argent peut être vite consommé dans des choses inutiles comme les boissons alcoolisés ou autres aliments, tandis que ce que  l’on épargne peut les sauver dans les moments difficiles. A la récolte des choux par exemple, on partage la production mais en même temps on vend pour suppléer aux maigres cotisations des populations rassemblées au sein de la coopérative.

Les jeunes ont tous besoin de s’occuper utilement

Mme Kwizera s’insurge en faux contre ceux qui disent que les coopératives sont réservées à ceux qui  appartiennent au parti au pouvoir. Pas du  tout.  Tous les jeunes Burundais ne sont pas imbonerakure. Or, le chômage frappe dans cette couche de la population, la jeunesse. Ils se retrouvent donc désœuvrés, s’adonnent à la délinquance, le vol et d’autres vices. Ces jeunes ont donc besoin d’être occupés utilement. Cela se fait au sein de ces coopératives.  Il faut aussi signaler que ces coopératives leur évitent de vivre dans la mendicité, les jeunes peuvent travailler et aider à améliorer leur mode de vie et celui des autres. Les jeunes ont ainsi du travail sans attendre de l’Etat. Les contributions et les cotisations des membres peuvent servir de capital. Ainsi, ils peuvent exercer de petites activités génératives de revenus. Donc, les rendements sont vécus par toute la population. Apres trois mois de participation dans la coopérative avec de petites cotisations, Diane Kwizera signale qu’ils ont atteint à peu près 500 000 FBu. A cela s’ajoute la culture du riz et des légumes qui génère aussi des revenus et lutte contre la faim. Quoiqu’il en soit, les coopératives se sont avérées être d’une importance capitale, que ce soit pour les cadres ou pour les non cadres. Chacun y trouve son compte, tout un chacun s’affairant et pour son bien et pour le bien du groupe.

Blandine Niyongere

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