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FOCAC> Interview avec l’ambassadeur de Chine sur la réunion de la mise en œuvre des actions de suivi du dernier sommet

Du 3 au 4 septembre 2018, s’est tenu à Pékin, la capitale de la République populaire de Chine, le 7ème sommet de Forum de coopération Chine-Afrique (Focac). Plusieurs dirigeants africains et entrepreneurs ont assisté à cette cérémonie historique qui a été conclue avec des conclusions de projets de développement susceptibles de faire avancer les pays africains. Dans le but de faire savoir la mise en application de l’issu de ce sommet, l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Burundi, Li Changlin a accordé le mardi 11 juin 2019 une interview à la rédaction du quotidien d’informations du Burundi «Le Renouveau» étant donné que vers la fin de ce mois de juin se tiendra à Pékin, une réunion des coordinateurs de la mise en application des actions de suivie du sommet. 

 

Le Renouveau (LR) : Excellence Monsieur l’ambassadeur, il va se tenir dans ce mois juin 2019 à Pékin, une réunion des coordinateurs sur la mise œuvre des actions de suivi du dernier sommet. Quelle est l’image de cet événement ?

Li Changlin (LC)  : La réunion des coordinateurs de mise en œuvre des actions du dernier sommet Chine-Afrique aura lieu du 24 au 25 juin 2019 à Pékin. La partie chinoise et les cinquante quatre pays africains au niveau ministériel se retrouveront à cette occasion. Il y aura la cérémonie d’ouverture, la session plénière ainsi que la cérémonie de clôture. De plus, il y aura une rencontre des responsables des institutions financières chinoises avec les participants  des délégations africaines. Les dirigeants du parti et de l’Etat chinois prendront part à certaines activités essentielles de l’événement. La réunion sera sanctionnée par une déclaration commune. Celle-ci comprendra le résumé des résultats obtenus et le consensus dégagé lors de la réunion.Cette réunion des coordinateurs sera suivie de la première édition de la foire économique et commerciale Chine-Afrique qui se tiendra du 27 au 29 juin dans la province de Hunan en ville de Changsha. Je pense que ces deux événements vont donner une forte impulsion au partenariat stratégique global entre la Chine et l’Afrique.

LR : Quel est l’objectif de cette réunion?

LC : Comme plus d’un sont au courant, suite au sommet du Focac de septembre 2018 qui a eu lieu à Pékin, les parties chinoise et africaine ont travaillé étroitement pour la mise en œuvre des résultats issus du sommet. Des progrès préliminaires ont été enregistrés. La partie chinoise et africaine estiment qu’il est nécessaire d’organiser une réunion des coordinateurs pour échanger des points de vue sur la mise en pratique des acquis issus du sommet de 2018. Sans doute, les deux parties manifesteront un désir et une détermination de renforcer leur solidarité et attachement au multilatéralisme afin de construire une communauté de destin entre la Chine et l’Afrique.

LR : Y a-t-il des projets réalisés à la lumière des résultats du mécanisme de coopération Chine-Afrique

LC : Le Burundi est grand bénéficiaire vis-à-vis des résultats du mécanisme de coopération Chine-Afrique. En effet, depuis sa mise en place il ya plus de dix huit ans, le Burundi a bénéficié des acquis de cette coopération. Je peux citer certaines réalisations concrètes dans peu de domaines. Dans le domaine de l’éducation, il y a, entre autres, le financement de la construction de trois écoles primaire au Burundi, l’une en mairie de Bujumbura et les deux autres en province de Karusi. Je ne peux pas aussi oublier l’Ecole normale supérieure, l’Ecole de formation technique. La partie chinoise a également multiplié le nombre de bourses au profit des étudiants burundais et de formations de courte durée pour les fonctionnaires burundais toutes les catégories confondues. Dans le domaine agricole, il y a plusieurs experts travaillant dans ce domaine surtout dans la plaine de l’Imbo en province de Bubanza. Grâce à l’utilisation des techniques agricoles avec les semences chinoises, le Burundi enregistre actuellement une récolte de 12 à 14 tonnes par hectare, soit une augmentation de 3 à 4 fois par rapport à la production antérieure. Les riziculteurs burundais se sont associés à la plantation du riz chinois avec l’encadrement de ces experts. Il y a le centre pilote de technique agricole en construction. Dans deux ans les ingénieurs agricoles burundais  pourront se rendre dans ce centre pour subir une formation professionnelle. Il y a également plusieurs réalisations dans les domaines de la santé, de l’énergie et des infrastructures.

LR : Le Burundi connait-il des projets éligibles par rapport aux huit initiatives majeures lancées par le président chinois lors du sommet ?

LC : L’ambassade de la République populaire de Chine a étudié le Plan national de développement décennal du Burundi. Les chinois et les Burundais sont unanimes à affirmer qu’il existe une grande concordance entre les huit initiatives et le Plan national de développement du Burundi. C’est la raison pour laquelle nous avons mobilisé les jeunes interprètes des sociétés chinoises de traduire en chinois ce plan pour bien identifier les besoins réels du Burundi afin de réfléchir  à la faisabilité des projets en gestation. Je pense que la délégation burundaise qui va participer dans cette réunion des coordinateurs a des projets à soumettre à l’appréciation des autorités chinoises.

LR : Quels sont les perspectives de la Chine dans le même processus de la mise œuvre de ces initiatives au Burundi ?

LC : Dans l’avenir, la coopération sino-burundaise devra se focaliser dans le domaine de l’agriculture, des infrastructures y compris le secteur de l’énergie et de l’éducation pour la valorisation des ressources humaines. Avec la paix et la sécurité réelle dans le pays et dans la perspective des prochaines  élections de 2020, les Chinois pourront venir investir au Burundi. Même le secteur privé s’intéresse à venir au Burundi pour explorer les possibilités d’investissement et de collaboration avec la partie burundaise.

LR : Y a-t-il des défis que vous rencontrez dans la mise en applications des conclusions du sommet ?

LC : Le premier défi que rencontre la partie chinoise est le manque d’infrastructures et d’électricité. Le Burundi a des ressources minières comme le site de Nikel de Musongati. Des sociétés chinoises ont été sollicitées à venir investir dans ce secteur, mais  lorsque leurs représentants se sont rendus sur place, ils ont constaté qu’il y a un manque d’infrastructures et d’électricité. Mais la Chine ne ménagera aucun effort pour travailler ensemble avec la partie burundaise pour améliorer aussi l’environnement des investissements et des affaires afin de créer d’une part des bonnes conditions à notre coopération bilatérale et de bonnes conditions préalables à l’arrivée des investisseurs étrangers au Burundi.

LR : Quel est l’appel que vous pouvez lancer à l’endroit du gouvernement burundais pour bénéficier davantage le sort des huit initiatives ?

LC : Le gouvernement burundais devrait faire son mieux pour bénéficier ces huit mesures. Notre souhait à l’endroit des autorités burundaises est qu’un comité de consultation ou de coordination soit mis sur pied pour y travailler d’une façon permanente. Non seulement les fonctionnaires burundais sont nécessaires, mais également il fallait associer des intellectuels et des Burundais qui ont séjourné en Chine et travailler ensemble pour l’aboutissement de tous les projets issus de cette coopération. Je demande au gouvernement d’user de la sagesse et l’intelligence pour aller plus loin en ce qui est de la coopération Chine-Afrique.  

VIincent Mbonihankuye

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