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TABAGISME> Les raisons de l’addiction au tabac

Elles sont psychologiques et Physiques

 

Notre époque est pleine de contradictions. Nous craignons plus que jamais d’être exposés à certains produits sans que leur impact ne soit précisément connu, mais nous banalisons des pratiques dont on sait depuis des décennies qu’elles sont extrêmement nocives. C’est le cas du tabac. Pourquoi continuons-nous à consommer sciemment et massivement un produit mortel? 

 

Les fumeurs ont beau connaître la toxicité du tabac et les conséquences de sa consommation sur leur santé, il leur est en effet parfois très difficile de décrocher. Lorsqu’on questionne des fumeuses ou des fumeurs sur le pourquoi de leur habitude, leurs réponses sont des plus diverses, comme «ça me détend», ou «ça m’aide à me concentrer». Pour la plupart, ce ne sont pas des besoins réels, par exemple celui de se relaxer, mais bien plutôt l’envie de calmer les symptômes de manque que provoque le déficit de nicotine dans le cerveau « Dès que je me retrouve en situation de stress, mon premier réflexe c'est de m'allumer une cigarette, ça m'apaise », avoue Marie-Ange Nzeyimana. Au niveau de la vie quotidienne, l'addiction à la nicotine se met en place rapidement et durablement.  Lorsqu'un fumeur tente de stopper sa consommation, son corps manifeste des sensations de malaise qui surviennent pendant la première semaine d'arrêt. Enervement, fébrilité, nervosité, anxiété, difficultés de concentration ou pour s’endormir sont autant de signes du manque qui poussent les fumeurs à ne pas décrocher. «Ce qui me choque le plus en tentant d'arrêter de fumer, c'est le niveau de stress que cela me procure », fait savoir Salvator Nkurikiye. A l’adolescence, on accorde beaucoup d’importance à l’image qu’on veut donner de soi et il est essentiel de se sentir accepté par le groupe des copines et copains. C’est d’ailleurs le plus souvent dans son cercle d’amis que l’on goûte pour la première fois à la cigarette. « A l'époque, je trouvais le geste sympathique, peut être synonyme de maturité », selon Alice Akimana. 

« L’influence du milieu qui nous entoure »

Le milieu qui nous entoure influence nos représentations normatives et, lorsqu’on évolue dans un groupe où la majorité de personnes sont dépendantes à la cigarette, fumer semble la norme. Le tabac va être présenté comme tendance et socialisant. Une certaine convivialité va être associée à ce produit. «  Je fume depuis l'âge de 14 ans, j'ai commencé à fumer pour faire comme les autres, pour «m'affirmer» (à cette époque- là, il était courant entre jeunes de dire si tu fumes, tu seras un homme) », fait savoir Didier Miburo. C’est aussi une période où certains vont être tentés de fumer pour répondre à des situations de stress (examens, etc.). «  A 15ans, j'ai décidé de m’initier  à la cigarette quotidiennement pour pouvoir tenir en période d’examens », raconte Thierry Nshimirimana. Pour autant, il ne faut pas négliger le rôle de l'environnement qui entoure le fumeur. Les gestes et les petites habitudes associés à la cigarette sont perçus par notre cerveau comme autant de signaux capables de provoquer une envie irrépressible de fumer.

Rodrigue Mfuranzima (Stagiaire)

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