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APPRENTISSAGE DES LANGUES AVEC ECHELONNEMENT> Point de vue du professeur Gertrude Kazoviyo sur le décret y relatif

Elle en est très satisfaite

 

DSC00931Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza vient de promulguer un décret n° 1OO/078 du 22 mai 2019 portant fixation d’enseignement et échelonnement des langues enseignées à l’école fondamentale. Le professeur Gertrude Kazoviyo  se dit en être très satisfaite. 

 

Pour Gertrude Kazoviyo, professeur à l’Université du Burundi, il y a une prise de conscience assez remarquable sur l’importance des langues dans l’entreprise pédagogique au Burundi. « C’est une excellente chose », a-t-elle affirmé.Mme Kazoviyo a également fait savoir que la recherche scientifique en matière d’apprentissage de langues a déjà prouvé qu’il n’est pas pédagogique de faire acquérir plusieurs langues à la fois. De ce fait, elle trouve que cette décision d’échelonner l’apprentissage des langues dans l’enseignement au Burundi est donc la bienvenue.«Méthodologiquement, il est recommandé de permettre d’abord à l’apprenant de prendre conscience de l’existence de sa langue maternelle et d’en avoir la maîtrise. Ensuite, lui permettre une prise de conscience métalinguistique par l’apprentissage de la première, de la deuxième, de la troisième langue étrangère », a-t-elle signalé.A la question de savoir la contribution de ce décret dans l'amélioration de l'enseignement en général et celui des langues en particulier, Gertrude Kazoviyo a répondu que des travaux de recherche en Europe et aux USA ont prouvé une corrélation entre la maîtrise de la langue maternelle et celle des langues étrangères, ainsi que son incidence sur  les autres matières enseignées.Elle a ajouté : « La prise de conscience métalinguistique qui sera générée par  ce décret permettra à l’apprenant de considérer la langue comme un outil fait pour communiquer, et pour communiquer même les autres matières apprises en classe ». Elle est optimiste que ce décret va contribuer à résoudre le faible temps de lecture et d’écriture de la langue maternelle dans la mesure où la prise de conscience métalinguistique sera grande.  « Tout à fait. Grâce à ce décret, plusieurs matières qui étaient enseignées en français le seront en kirundi. Il s’agit de l’entrepreneuriat, les sciences humaines, l’art et l’EPS  (peut-être on a oublié le civisme et l’éducation à la citoyenneté). C’est donc du temps d’expression en langue maternelle qui s’ajoute au temps réservé à l’enseignement de cette langue». Cependant, le professeur Kazoviyo trouve aussi que le défi qui subsiste est la faible compréhension de l’enjeu que constitue la maîtrise des langues d’enseignement par l’enseignant. «En effet, tous les enseignants dispensent leurs matières dans telle ou telle autre langue. Ainsi par exemple, le mathématicien, le chimiste, le biologiste, le géographe, etc enseigne en français, dans quel français enseignent-t-ils sa matière ? Enseigner une quelconque matière c’est en même temps enseigner la langue à travers laquelle on transmet cette matière », a-t-elle indiqué.Elle souhaite que, du moment que l’on enseigne dans une langue quelconque, l’enseignant puisse  d’abord avoir la maitrise de cette langue de transmission de son savoir.       « Ce qui n’est pas toujours le cas ».De même, pour ce professeur, des programmes d’accompagnement linguistique des enseignants devraient être envisagés chaque année afin de leur permettre d’améliorer la qualité de leurs prestations.

Moïse Nkurunziza

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