Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

ASSEMBLEE NATIONALE> Séance plénière du lundi 11 février 2019

Pour la présentation d’un rapport de la Commission permanente ayant le genre dans ses attributions

 

DSC 0267Le lundi 11 février 2019, l’Assemblée nationale du Burundi s’est réunie en sa séance plénière pour la présentation du rapport de la descente que la commission des Affaires sociales, du genre, du rapatriement, de l’égalité des chances et de la lutte contre le sida a effectuée dans six provinces du pays. C’était dans le but d’évaluer la mise en application de la loi portant prévention, protection des victimes et prévention des violences basées sur le genre.  

 

Dans ce rapport, le président de la commission, Adolphe Banyikwa, a précisé qu’en date du 29 novembre 2018,  les membres de ladite commission, en collaboration avec la Concertation des collectifs des associations féminines de la région des Grands-lacs (Cocafem/GL), ont  effectué une descente dans les provinces de Bujumbura, Rumonge, Gitega, Ngozi, Kayanza et Muyinga, où ils ont organisé une journée d’échange sur la mise en application de la loi sur les VBG.  Pour lui, la loi a déjà produit un impact positif au sein de la communauté même si des défis persistent.« Pour ce qui est des réalisations, a signalé M. Banyikwa,  la loi a été suffisamment vulgarisée à l’endroit des responsables administratifs à tous les niveaux ainsi qu’aux autres couches de la communauté, des chambres spécialisées en VBG ont été mises en place au niveau des Polices judicaires, des  TGI, des parquets, avec un personnel formé en la matière. Il y a eu accompagnement et assistance des victimes des VBG. Certaines élèves renvoyées pour des grossesses non désirées ont réintégré l’école, et il y a eu régularisation des unions libres et l’enregistrement des enfants non enregistré à l’état-civil ».

La loi accuse des lacunes

Le même rapport précise aussi que même si la loi porte déjà des fruits, des lacunes existent encore. C’est le cas notamment des articles unpremier, quatorze, vingt-et-un, trente-six et quarante-deux, qui attenuent la lourdeur de la loi, ne précisent pas la suite après les sanctions, qui restent floue avec des dispositions discriminantes  et qui ne précisent pas l’après peine et payement de l’amende, respectivement. D’autres lacunes signalées dans cette loi, ce sont les sanctions qui sont les mêmes pour les adultes et les enfants, l’absence de sanctions aux filles concubines ainsi que le silence de celle-ci pour les personnes extérieures de l’école en ce qui concerne les élèves. En plus de ces lacunes, la mise en application de la loi sur les VBG se heurte à de nombreux défis notamment le silence de la loi sur le sort de la femme non régularisée pour le cas d’une situation d’un homme ayant plus d’une femme, les victimes qui n’acceptent pas que les auteurs soient punis pour des raisons économiques et d’insécurité, les règlements à l’amiable qui favorisent la recrudescence et l’impunité des cas de VBG, de même que le refuge à l’Islam des hommes en unions libres ou ceux  qui veulent avoir plus d’une femme.

Informatiser les services de l’état-civilpour éviter des mariages à répétitions 

Considérant les réalisations et les défis relatifs à cette loi, l’Assemblée nationale a demandé de traduire en Kirundi cette loi, de la vulgariser à plus grande échelle tout en renforçant les capacités des vulgarisateurs mais aussi sensibiliser les communautés et des responsables à tous les niveaux et mettre en place des mesures d’accompagnement.Elle recommande en plus de mettre en place des mesures protégeant la première épouse en cas de régularisation, d’informatiser les service de l’état-civil pour éviter des mariages à répétitions, multiplier  et doter des moyens suffisants aux centres de prise en charge des VBG jusqu’au niveau des districts sanitaires, et prévoir des peines alternatives pour les cas de violences domestiques entre conjoints.Dans le but de savoir plus sur les perspectives du gouvernement en ce qui concerne les lacunes et les défis relevés, l’Assemblée nationale a adressée des questions au ministre des Droit de la personne humaine, des affaires sociales et du genre, Martin Nivyabandi, qui avait représenté le gouvernement du Burundi. La rédaction reviendra sur les  réponses qu’il leur a données dans la prochaine édition. 

Jean Bosco Nkunzimana

Ouvrir