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PARLEMENT BURUNDAIS> Présentation du rapport provisoire de la CVR

Le parlement burundais recommande la prorogation du mandat de la commission pour mieux atteindre les objectifs

 

DSC 0136 1Le mercredi 10 octobre 2018, la Commission vérité et réconciliation (CVR) a présenté au parlement burundais son rapport provisoire. Dans ce rapport, la CVR indique qu’elle s’est heurtée à de nombreux de défis dans ses activités, notamment, celui des ressources humaines et certains des moments qui n’ont pas favorisé ses activités. Le travail à faire reste important, d’où le parlement burundais recommande la prorogation du mandat de la CVR et l’extension de la période à couvrir. 

 

Dans ce rapport, on peut lire que la Commission vérité et réconciliation, instituée par la loi n°1/18 du 15 mai 2014, portant création, mandat, composition, organisation et fonctionnement de Commission vérité et réconciliation, avait pour mission d’enquêter et d’établir la vérité sur les violations graves des droits de l’Homme et du droit international humanitaire commises durant la période allant de la date de l’indépendance le 1er juillet 1962 au 4 décembre 2008, date de la fin de la belligérance. Sa mission étant aussi de clarifier toutes les violations et proposer  notamment un programme de réparation comportant à la fois des mesures individuelles et collectives, tant matérielles que morales et symboliques, la mise en place d’un programme d’actions visant à promouvoir le pardon et la réconciliation ; elle doit également  réécrire une histoire la plus partagée par tous.  Ce rapport précise aussi qu’après la prestation de serment de ses commissaires, la Commission s’est mise à l’exécution de la tâche lui assignée même si les moments de sa création ne favorisaient pas la réalisation de nombreuses de ses activités. Ainsi, la CVR a effectué des campagnes à travers le pays, à la recherche de la vérité.  Au cours de ces campagnes, elle a pu recueillir  72 962 dépositions, 1 321 auditions, lesquelles indiquent 104 707 personnes assassinées ou disparues et 21 671 présumés auteurs et que 4 163 fosses communes sont déjà identifiées à travers le pays. La CVR indique aussi que durant son mandat, elle a fait face à de nombreux défis, comme ceux liés au contexte sociopolitique durant l’année 2015, ceux liés aux contraintes budgétaires, et à l’insuffisance des ressources humaines et du matériel.

Le travail de la CVR est à ses débuts

En analysant ce rapport, les parlementaires burundais ont remarqué que malgré les réalisations, le rapport reste muet sur la manière d’identification des fosses communes, de protection des indicateurs et de datation des ossements. Ils se sont alors demandés comment l’on peut parler d’enterrement des restes avec dignité au moment où les présumés auteurs de ces actes macabres ne sont pas encore ni auditionnés, ni identifiés, ni les victimes connues.Par là, les parlementaires ont constaté que la CVR reste encore à sa phase préparatoire dans l’accomplissement de ses missions car les enquêtes proprement dites n’on pas encore commencé. C’est pour cela que pour atteindre ses objectifs, les parlementaires ont recommandé une prorogation du mandat de la CVR tout en constatant que celle-ci a besoin d’un renforcement de compétences. Puisque connaitre la vraie histoire du Burundi est l’un des objectifs majeurs de cette Commission, le parlement a demandé qu’il y ait un amendement de la loi sur la CVR dans sa disposition relative au début de la période concernée par la CVR pour l’étendre à une période d’avant la date de l’indépendance du Burundi, et à celle d’après 2008 jusqu’à la date de la promulgation de la loi actuallement en vigueur. 
Jean Bosco Nkunzimana

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