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Un bloc africain créérait du respect face aux grandes puissances

 

La Communauté de l’Afrique de l’Est devrait canaliser ses ressources vers la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (CFTA) en tant qu’alternative aux pactes avec l’Europe, l’Asie et les États-Unis. 

 

« L'Afrique a beaucoup de potentiel dans le commerce intra-régional qui est inexploité. C’est pourquoi nous sommes exploités par l’Occident et l’Asie, qui offrent des accords commerciaux qui leur sont plus bénéfiques mais qui ne le sont avec les États africains », a déclaré Seth Kwizera, coordinateur du Réseau de recherche et de politique économique. Et d’ajouter que « lorsque plus de quarante États ont signé la Zone de libre échange continentale africaine (CFTA), c’était une déclaration forte. Une fois qu'il sera en vigueur et que les principaux obstacles au commerce régional seront éliminés, le commerce libéral commencera à travers le continent. Cela donnera une voix plus forte aux pays et aux régions lorsqu'ils traitent avec les puissances économiques mondiales ». Pour M. Kwizera, le commerce intra-africain pourrait doubler dans le cadre de la CFTA, et bénéficier de blocs tels que la CEA qui sont à un stade avancé de protocoles de libre-échange tels que la libre circulation des personnes et la création d'un marché commun.La Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (Uneca) a déclaré que l'accord «Anything But Arms»  avec l'Union européenne, établi en 2001, n'avait pas entraîné la croissance industrielle attendue des économies de la CEA et à celles-ci de jouir de l’accès gratuit à l'UE. Selon les données de la Commission européenne, le déficit commercial de la région avec l’UE a stagné en moyenne à un milliard de dollars par an au cours des trois dernières années. En outre, les accords de partenariat économique (APE) conclus avec l’Europe ont suscité un certain scepticisme, certains pays, comme la Tanzanie, affirmant que les industries de la région seraient dépassées par les produits européens si elles le signaient.

Les avantages de certains pactes restent incertains

La loi sur la Croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa), adoptée par les États-Unis en 2000, a suscité une réaction similaire. Le site Web d'Agoa indique que le total des exportations de la CEA vers les États-Unis a atteint 784 millions de dollars l'an dernier, mais le déficit commercial total de la région était de 77 millions de dollars. Le Kenya représente la plus grande partie des exportations de la région vers les États-Unis, tandis que les petites économies comme le Rwanda ne génèrent que 1,5 million de dollars sous Agoa.Avec l'éligibilité du Burundi à Agoa révoquée en 2016 et les exportations textiles rwandaises suspendues en raison de sa position ferme vis-à-vis des vêtements de seconde main, la CFTA pourrait déboucher sur des relations respectueuses entre partenaires commerciaux qui se comprennent. « Les avantages de certains pactes, tels que les APE proposés, restent incertains, mais ce qui est certain, c'est que la CFTA bénéficiera à tous les Etats membres. La CEA et la Sadc sont les plus performantes dans le commerce régional, mais cela reste inférieur à 25% du commerce total auquel ils participent. La CFTA accélérera le processus, mais ce n’est pas suffisant. Il faut créer des capacités productives et des politiques efficaces », a déclaré le directeur intérimaire d'Uneca pour l'Afrique de l'Est,  Andrew Mold.Les experts soutiennent que le manque d'infrastructures pour soutenir les secteurs  de l'agriculture et de la fabrication pourrait limiter les avantages de la CFTA, ce qui nécessite un suivi rapide des projets tels que le chemin de fer à voie normale.
Jean Bosco Nkunzimana

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