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CHANTEURS DU GOSPEL > Défis et opportunités

«Seuls contre l’expérience et le pouvoir de nos ainés»

 

IMG 0004Dans un entretien qu’un chanteur de chant de louange (gospel), Régis Barigume, a accordé au journal Le Renouveau, il a indiqué que les chanteurs de gospel font face à un conflit de génération au sein des églises. Il a lancé au gouvernement un appel de soutien et à toute la population burundaise et recommandé l’amour réciproque. 

 

Régis Barigume, connu sous le nom de Big Zoé, est un chanteur du gospel. Il a fait savoir qu’il est dans le métier depuis 17ans. Il a expliqué qu’il a embrassé la carrière au moment où ledit métier avait une connotation négative. « Ceux qui exerçaient le métier étaient qualifiés de délinquant, des gens qui ne sont pas instruits. Il était donc difficile de faire comprendre aux parents que c’est ton ambition. Il n’y avait qu’un seul studio public qui datait de l’époque des Canjo, un petit studio de 8 pistes», a-t-il dit. Il a souligné qu’à cette époque, il jouait de la musique profane et qu’il n’a pas réalisé de grandes œuvres. « Toutefois, j’étais très passionné, j’ai pu participer à une première émission radiodiffusée pour la première fois quand j’étudiais en 7ème année. C’est grâce à l’avènement des radios privées qui accordaient un espace aux jeunes», a-t-il indiqué.

Exploiter des dons jugés non ecclésiastiques

Quelques années plus tard, Régis a reçu Jésus comme sauveur et a embrassé la carrière de chanteur du gospel où il a déjà réalisé plusieurs œuvres en solo ou en équipe. Il a indiqué qu’il a débuté une vision qu’il a baptisée «Kuri beat». Il a défini cette vision comme un collectif de jeunes dont l’objectif est de prêcher la Bonne nouvelle en utilisant la musique, la danse hip-hop, graffiti, bref, des dons qui ne sont pas souvent exploités à l’église. « Beaucoup de jeunes se sentent obligés de dissimuler ces talents quand ils sont à l’église pour se conformer à ce qui est fait à l’église, notamment le protocole, l’intercession, le chant en suivant les notes, etc. alors que ce n’est pas le talent dont il a été doté par Dieu. Depuis deux ans je suis en train d’encadrer les jeunes en ce sens, car, toute chose a été créée par Dieu mais certaines ont été mal utilisées et spoliées. Nous pouvons les ramener et les utiliser à la gloire de Dieu», a-t-il expliqué.Selon Big Zoé, les problèmes rencontrés par les chanteurs de gospel sont des problèmes qu’il a appelés des problèmes de génération. « Nous sommes une nouvelle génération, il y a une vision que Dieu a mise dans nos cœurs. Nous avons besoin du soutien de nos aînés, car, ils ont plus d’expérience et de pouvoir mais, ils se méfient de nous. Nous devons travailler seuls pour gagner leur confiance. C’est le principal défi», a-t-il souligné. Il a expliqué que, pour le chanteur du gospel, ce soutien devait provenir des responsables de l’église, car, la musique gospel au Burundi n’a jamais, existé séparée des églises. « J’ai beau faire des émissions à travers les médias, mon objectif rester le même que celui de mon église : prêcher l’Evangile. J’ai intérêt à rester attaché à cette institution dont je partage les objectifs», a-t-il dit. Selon lui, les églises ne soutiennent pas les chanteurs de gospel. « C’est plutôt nous qui soutenons l’activité des églises. Nous effectuons des sorties pour chanter et des vies sont sauvées. Les églises devraient nous soutenir car, l’objectif est le même au final», a-t-il dit.  
Progresser à petits pas sans heurter les ainés 

Selon lui, les acteurs extérieurs de l’église continuent de critiquer cette nouvelle génération, car elle n’est ni catholique, ni musulmane, ni pentecôte, les trois religions les plus connues au Burundi. « La Bible dit que seul Dieu est juge. Nous, nous avons un seul devoir, aimer autrui, lui apporter l’aide nécessaire et laisser Dieu juger ce qu’il est en train de faire», a-t-il dit. Il s’est réjoui que Dieu est en train de leur tracer une voie et a conseillé à la nouvelle génération de progresser, à petits pas sans doute, mais, sans heurter les aînés. « Il vaut mieux se rendre compte qu’on a avancé de 2% par rapport à notre vision que d’être accusé d’avoir blessé une âme», a-t-il dit. Notre interlocuteur est parmi les initiateurs du Pamoja festival. Il a fait savoir que les festival des chants de louange et adoration ont permis à la population d’apprécier la diversité et de rompre petit à petit avec la division basée sur les églises. Big Zoé a souligné que ces rencontres coûtent énormément d’argent qu’il serait nécessaire qu’ils en apportent. « Ce n’est pas le cas au Burundi. C’est un sacrifice des artistes pour faire honneur au pays. Le gouvernement devrait s’organiser pour soutenir ces événements qui rassemblent plus de dix mille personnes», a-t-il demandé. Il a appelé tous les Burundais à s’aimer réciproquement.

Grâce-Divine GAHIMBARE 

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