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CULTURE > La dynamique de son évolution au Burundi

« Il est temps de revisiter la culture traditionnelle avec un souci éthique»

 

aaaahjhfjhgf Dans une interview que l’Abbé Adrien Ntabona a accordée au journal Le Renouveau le 11 juillet 2017, il a parlé de la dynamique de l’évolution culturelle au Burundi. Il a expliqué qu’au fil du temps, l’acculturation par substitution a causé une déculturation sans pareille et appelle à revisiter la culture traditionnelle avec un souci éthique.

 

 Selon Abbé Ntabona, le Burundi a vécu une culture organique et homogène pendant des siècles. Celle-ci était basée sur l’harmonie : l’harmonie intérieure (umutima), l’harmonie sociale (ubumwe) et l’harmonie religieuse (Imana).
Cette cohérence a duré jusqu’à la colonisation. Cette dernière a alors causé une rupture assez radicale. L’homme a appris que son bonheur est à chercher dans un ailleurs, si inconnu soit-il. L’acculturation par substitution a alors causé une déculturation sans pareille. Or, qui dit déculturation dit amoralisation, c’est-à-dire la perte de toute référence morale. La censure de la conscience avait de nouveaux critères de pondération. Le milieu traditionnel était vieux-jeu. Il était à quitter. Les parents ont perdu leur autorité parentale au plan éducatif. Ils étaient, eux surtout, vieux-jeu. Et ils l’ont su même un peu trop…
«Quand nous sommes devenus indépendants, nous n’avons pas rectifié le tir. Nous avons tout simplement suivi la loi du mouvement, qui veut que tout corps en mouvement ne s’arrête que quand intervient une énergie agissant dans le sens contraire. Quiconque avait fait des études se sentait plutôt citoyen d’un ailleurs, toujours recherché, même si il restait inconnu», a-t-il poursuivi.
Et aujourd’hui, les choses se compliquent encore plus parce cet ailleurs recherché et inconnu est devenu d’une complexité rare, avec des contradictions internes qui crèvent les yeux et brisent les consciences. La communication médiatique, par exemple, exploite surtout le sentir et l’imaginer, avec une succession de flashes émotionnelles, propres à aliéner même. La cohérence interne des discours importe peu. Il suffit d’émouvoir. Il est donc temps de revisiter la culture traditionnelle avec un souci éthique.
L’Abbé Ntabona a explicité que l’éthique c’est la responsabilité globale des sujets face à leur environnement également global, en rapprochant passé et présent, tradition et modernité… «Ce travail est à faire. Je souhaiterais que les lecteurs du quotidien Le Renouveau y réfléchissent très sérieusement.», a-t-il conclu.

Grace-Divine GAHIMBARE

 

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