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PROVINCE DE RUTANA> Le nickel de Musongati

On est prêt à juguler le vagabondage sexuel que pourrait générer l’exploitation de ce minerai

 

Bède Nyandwi Fin juin 2017, nous nous sommes entretenus avec le gouverneur de la province de Rutana, Bède Nyandwi sur le secteur minier. Il nous a parlé de l’état d’avancement de l’exploitation du nickel de Musongati ainsi que des mesures d’accompagnement notamment pour juguler des phénomènes comme le vagabondage sexuel et les abandons scolaires qui pourraient suivre l’exploitation effective de ce minerai.


 La construction d’un chemin de fer, un impératif avant l’exploitation effective du nickel de Musonganti. Tels sont les propos du gouverneur Bède Nyandwi. C’est pourquoi, en octobre 2016, des experts burundais et tanzaniens se sont déjà réunis pour parler, notamment en termes de prévisions, de la construction d’un chemin de fer qui servira dans le transport du nickel de Musongati. Selon le gouverneur de Rutana, la construction d’un ouvrage comme un chemin de fer n’est pas une mince affaire. Elle prend beaucoup de temps. Le chemin de fer dont il est question reliera la Tanzanie et le Burundi. Il passera par Uvinza-Gasuru-Kayogoro-Sosumo-Giharo-Rutana-Musongati.

Le gouvernement burundais n’est pas aussi pressé et dupe

Selon le gouverneur Nyandwi, plusieurs sociétés étrangères ont déjà manifesté leur intérêt pour exploiter le nickel de Musongati. Seulement, ces sociétés proposent de faibles dividendes à l’Etat burundais. Le gouverneur de Rutana nous a informé que le gouvernement burundais n’était pas aussi pressé pour accepter n’importe quelle offre. Conscient de la bonne quantité et surtout de l’importance de ce minerai de Musongati, le gouvernement burundais temporise et attend bien négocier pour que le pays tire le maximum de profits possible de son nickel. Cela pour le bonheur de tout le peuple burundais.

Une valeur ajoutée

Le début de l’exploitation du nickel de Musongati apportera une valeur ajoutée à la population de Rutana en général et à celle de Musongati en particulier. En effet, le gouverneur Nyandwi estime que les gens de Rutana auront de l’emploi. Ce qui améliorera les conditions de vie dans les ménages. Toutefois, l’exploitation de ce minerai n’apportera pas que du bien à la population de Rutana. Le revers de la médaille est aussi possible. Surtout que les gens se procurent de l’argent qui, une fois mal orienté, peut occasionner des dégâts.
Le gouverneur de la province de Rutana, Bède Nyandwi compte sensibiliser les parents et les jeunes filles sur les conséquences néfastes qui pourraient naître de l’exploitation du nickel de Musongati

Faire attention au mélange de cultures

Lors de la réunion des experts burundais et tanzaniens d’octobre 2016, les participants se sont rendu compte que le jour où l’exploitation du nickel sera une réalité, Musongati sera cosmopolite, c’est-à-dire une localité où se rencontreront plusieurs personnes de plusieurs nationalités, de plusieurs cultures et partant de plusieurs comportements les uns plus néfastes que d’autres. Des phénomènes comme le vagabondage sexuel pourront naître avec une cohorte d’autres actes négatifs dans la société. Il pourra s’agir notamment des abandons scolaires, de la dislocation des ménages, des maladies sexuellement transmissibles, de la propagation de la pandémie du VIH-sida, des mariages précoces et des grossesses non désirées.

L’autorité provinciale prête à parer à toute éventualité

L’autorité provinciale est toutefois prête à parer à toute éventualité. Le gouverneur de Rutana nous a informé qu’il envisage déjà des sensibilisations tout azimuts à l’endroit des parents sur les dérapages possibles. Il compte sensibiliser les jeunes filles enclines à être emportées par le profit et le goût immodéré de l’argent. Dans sa démarche, il pense mettre à contribution les confessions religieuses, passer par les grands rassemblements comme les marchés et organiser des réunions sur toutes les collines pour parler des conséquences néfastes qui pourront naître de l’exploitation du nickel de Musongati.
Surtout qu’il existe des antécédents à Rutana. En effet, selon le gouverneur Bède Nyandwi, de jeunes gens en provenance notamment de Gitega et Makebuko passent par Rutana pour se rendre en Tanzanie à la recherche d’une situation meilleure. De retour, ils ont des vélos avec eux. Ce qui influence alors des jeunes de Rutana, surtout ceux de Giharo et Bukemba, qui les voient passer. Certains jeunes de Rutana désertent alors l’école et la région pour se rendre eux aussi en Tanzanie. De retour, ils se retrouvent également avec des conditions beaucoup meilleures par rapport à celles de ceux qui sont restés sur les collines ou à l’école. Ce sont ces jeunes « nouveaux riches » qui s’adonnent alors aux mariages illégaux et irréguliers ; qui occasionnent des mariages précoces et des grossesses non désirées et surtout qui font abandonner des écoles les jeunes filles du coin. Le vagabondage sexuel s’observe également pendant la saison sèche dans le Kumoso, une région qui produit beaucoup de riz. Ce qui procure beaucoup d’argent à la gente masculine.
L’autorité provinciale, en collaboration avec les services de l’état-civil, conformément à la mesure présidentielle, demandant aux couples illégaux d’être en ordre avec la loi burundaise, s’emploie pour que de tels mariages et de telles unions soient régularisés afin que les couples soient reconnus par la loi burundaise. Ce qui protège les conjoints et leurs progénitures. C’est ainsi par exemple qu’en 2016, la province de Rutana a enregistré 3 200 couples qui ont régularisé leur mariage. Pour des hommes qui ont plusieurs femmes, la mesure est de rester avec une seule femme et de se faire enregistrer à la commune. Le gouverneur de Rutana n’avait pas de doute que cet acte positif pour les familles se poursuivait en 2017. Il attendait les rapports y relatifs dressés par les services habilités.

Gilbert Ntahorwamiye
Département de la Documentation

 

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