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ENTRETIEN> Avec les vendeurs ambulants sur les difficultés rencontrées

On est obligé de jouer du cash-cash avec les policiers

La vie en ville et surtout à Bujumbura devient de plus en plus difficile. La flambée des prix des denrées alimentaires est loin d’être maîtrisée. Pour faire face à la faim qui risque de frapper des familles , certaines gens font recours au commerce ambulant malgré la fatigue endurée.

Les uns avec des habits sur le dos, d’autres avec des paniers de fruits sur la tête, d’autres encore avec des ustensiles, tel est le théâtre auquel on assiste ces derniers jours. Quelques fois, on les trouve calmes, mais, aussitôt qu’ils s’aperçoivent d’un policier, ils commencent à s’enfuir. Ce sont les vendeurs ambulants qui deviennent de plus en plus nombreux dans la ville de Bujumbura.
La rédaction du journal Le Renouveau s’est approchée de quelques uns pour s’enquérir des difficultés rencontrées dans leur activité. Ils ont dit qu’ils vivent des conditions difficiles. « Nous sommes obligés de courir tous les jours devant les policiers ou de nous cacher pour pouvoir gagner la vie », a répondu M.A. à la question de savoir pourquoi il se cache.
Ils ont fait savoir que la vie coûte cher actuellement. « On ne voit pas comment vivre autrement, car même au marché, les produits ne s’écoulent pas bien. Il n’y a pas de clients parce que beaucoup de gens n’ont pas d’argent. Nous sommes alors obligés de circuler dans les rues dans l’espoir de trouver un client», ont fait savoir certaines vendeuses des fruits.
Ces commerçants ambulants, surtout les vendeurs d’habits, d’ustensiles et autres matériels ménagers, ont également informé Le Renouveau que certains travaillent pour d’autres et sont payés au prorata du produit de la vente. Mais ils affirment que c’est un travail très fatiguant qui demande énormément d’endurance. « On peut courir toute la journée sans rien vendre si par chance la police ne t’attrape et confisque tout », a exprimé H.T.
Pourquoi ne pas trouver des stands dans les marchés ou louer des places fixes pour leur activité ? Ces vendeurs ont dit que s’installer dans un marché quelconque demande trop de moyens qu’ils ne peuvent pas trouver facilement. Ils ont aussi soulevé les taxes qu’ils qualifient de lourdes. D’autres ont dit que pour pouvoir recouvrer toutes les dépenses dues aux taxes, ils engagent des commerçants ambulants pour au moins écouler rapidement leurs marchandises. Ainsi le cumul de petits bénéfices réalisés leur permettent de payer le loyer.
Certains interviewés ont souligné qu’on pourrait s’associer pour avoir une adresse fixe mais qu’avoir confiance aux gens d’aujourd’hui n’est pas chose facile. Un a affirmé avoir perdu toute sa richesse à cause de cela.
Jean Bosco Nkunzimana
(stagiaire)

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