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L’ARTISTE ET SON METIER> Pour ceux qui sont patients et persévérants

Le métier rend libre et ouvre l’esprit

 

DSC 1069Les artistes burundais sont en train de se frayer une place dans la société burundaise, ils affirment qu’ils vivent de leurs métiers et appellent les sans emploi à ne pas baisser les bras et de s’adapter aux conditions de la vie telle qu’elle se présente. Ils affirment cependant que le contexte sociopolitique du moment ne leur arrange pas les choses. Néanmoins, ils restent optimistes et croient en un lendemain meilleur.

 

Selon Jackson Ndihokubwayo, artiste fabricant du mobilier, des rideaux et des paniers en bambou, en écorce de banane sec et en rotin, l’artisanat est un domaine qui fait vivre. « Au début, j’étais fournisseur du matériel de fabrication des mobiliers », dit-il. C’est après que j’ai décidé de me lancer dans la fabrication vue que mes clients n’honoraient pas le contenu des contrats et parfois ne parvenaient pas à me payer, a-t-il ajouté.

Les produits artistiques burundais se classent dans la région

« Ce métier me fait vivre et je n’ai aucune activité à part », dit M. Ndihokubwayo. Il indique que ses activités lui ont permis de faire un nom dans la société. Selon lui, la scolarisation de ses enfants dépend des revenus tirés de son activité. Cependant, la conjoncture sociopolitique actuelle ne lui facilite pas la tâche. Il fait savoir que la grande partie de sa production était achetée par les touristes. « Cela étant, poursuit-il, nous sommes optimistes que les choses iront en s’améliorant et nous pourrons ainsi revendre nos produits comme avant ».
Pour Jackson Ndihokubwayo, les produits artistiques burundais se classent premiers dans la Communauté de l’Afrique de l’Est. Il a indiqué que dans la compétition qui a eu lieu en décembre 2015 en République unie de Tanzanie, ses produits en bambou ont été classés premiers. Pour la compétition qui s’est tenue en Ouganda du 5 au 11 décembre 2016, le Burundi a toujours occupé la première place avec Anick Kabatesi qui fabrique des habits en ficus. Les produits de Ndihokubwayo, eux, ont occupé la deuxième place.

La provenance des matières premières

Jackson Ndihokubwayo signale que ce n’est pas chose facile de trouver des bambous et des rotins puisqu’on les cherche dans des forêts naturelles avec des heurts parfois avec les agents du ministère de l’Environnement. « Nous demandons que l’Administration nous facilite le travail car nous respectons les règles et nous nous soucions beaucoup des questions environnementales», affirme Ndihoku- bwayo.
Selon ses propos, pour les rotins ou les bambous secs, il faut impérativement les couper pour permettre la régénération des nouveaux plants. C’est par la coupure qu’on augmente la production, dit Ndihokubwayo. Il indique même que ses problèmes avec les responsables administratifs s’observent lorsqu’il s’agit également des bambous plantés. Il demande à l’Administration de collaborer avec les artistes afin de trouver une solution à ces problèmes. Sylvestre Ngendakumana, 30 ans d’expérience dans la sculpture et la peinture, indique que la partie des troncs d’arbre qu’il utilise provient des pays voisins comme la RDC et la Tanzanie.
A la question de savoir la source d’inspiration de son métier, il fait savoir qu’il s’inspire de la vie quotidienne. La danse, le tambour, les fêtes et la danse traditionnelle font partie de son inspiration. Au cours de cette longue expérience, M. Ngendakumana fait savoir que son métier l’a rendu libre et lui ouvre l’esprit. « Du moment où on a une maison en ville et que tu dépends de toi même, qu’on a le moyen de déplacement et de loisir, qu’on est capable de payer la scolarité des enfants, il n’ y a rien de plus bon que ça », souligne M. Ngendakumana.

De changement de mentalité

Rachelle Uwikaze a fait l’école normale et est titulaire du diplôme D7. Suite au manque du travail dans le public, elle a choisi la vannerie comme métier, mais également le commerce car elle vend elle même les produits qu’elle fabrique. « Je suis satisfaite de mon travail. Je me prends en charge et je rêve faire de ma carrière une réussite de la vie », affirme-t-elle. Elle se dit prête à former les autres en vue de sortir de la pauvreté.
Aux sans emploi, Ndihokubwayo suggère le changement de mentalité et de se consacrer aux métiers comme une source d’emploi. Rachelle Uwikaze, elle, dit qu’on ne peut pas avoir de place pour tous dans la fonction publique et appelle les sans emploi de faire du métier une de leur orientation. Floribert Minani, quant à lui, pense que les jeunes d’aujourd’hui sont tentés par la vie facile. Il fait remarquer qu’être artiste demande de la patience et la persévérance. Certains jeunes, affirme Minani, veulent l’argent avant qu’ils aient appris quoi que ce soit, ce qui est un défi à lever.

De formation des candidats de l’école fondamentale

Floribert Minani est un fabriquant de bracelets, de colliers, des ustensiles de cuisine, des paniers, des peignes, des bagues, des dents artificiels et divers bijoux à partir des os d’animaux depuis l’an 2000. Il indique que grâce à ce travail, il a pu fonder son foyer. « Aujourd’hui, dit-il, je suis marié et père de trois enfants. Ainsi, je me suis acheté une parcelle dans laquelle j’ai construit une maison. Je subviens à mes besoins, à ceux de ma famille et je contribue dans la construction de la nation par le paiement de l’impôt ».
« En collaboration avec l’office burundais des métiers (OBM), dit Pascal, nous comptons appuyer le gouvernement dans la formation des jeunes qui n’ont pas pu poursuivre leurs études. Nous avons entrepris des discussions avec le gouvernement pour appuyer la formation des jeunes. Ainsi on pourra accroître le marché du travail et également investir dans la plantation des arbres utiles pour le métier ».
LILIANE BUTOYI (Stagiaire)

CHARLES MAKOTO

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