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MUSEE VIVANT DE BUJUMBURA> Les animaux en cage

Ils appellent au secours

 

DSC 0953Les crocodiles, les serpents, un singe de la forêt et un léopard, sont les quelques animaux encore disponibles qu’on peut observer au musée vivant. Destinés à attirer la curiosité des touristes, ces animaux en cage nous parlent et ils ont besoin qu’on les écoute. Bien que la plupart des efforts d’entretien de ces animaux soient observables, la souffrance de ces derniers reste grande. Ils souffrent de la captivité, de cette privation de liberté et de l'inassouvissement de certains besoins instinctifs liés à leur habitat naturel.

 

Certains animaux comme les chimpanzés et le léopard que l’on peut observer dans les cages du musée présentent les mêmes symptômes qu'une dépression humaine. Selon un des gardiens rencontré sur place, ce comportement se traduit à travers certains signes comme l’inactivité ou encore un défaut d’appétit, à tel point que certains serpents comme les pythons en sont morts
Selon toujours les sources sur place, ces animaux en captivité ne peuvent pas se reproduire. Une agressivité particulière, surtout chez la femelle du chimpanzé se fait remarquer pendant l’ovulation, a-t-on appris des sources sur place qui indiquent que le manque de liberté empêche l’accouplement de ces animaux. C’est ce comportement-là qui fait penser à la dépression, l’animal est résigné, souvent suite à un mal être. Il s’agit d’un état léthargique, dans lequel l’animal n’est plus stimulé comme il peut l’être naturellement. Ses interactions sociales sont limitées, il est prostré et inactif.
Le manque de stimulation mentale et physique n’expliquerait-il pas cette situation ? Ce comportement n’est-il pas transposable aux humains ? Le fait qu’ils ne sont pas dans leurs milieux naturels, et ce malgré tous les efforts que l’on peut apporter à l’aménagement de leurs enclos, paraît être une source de frustration. N’oublions pas qu’en soi, un enclos reste un environnement fermé, une prison qui ne propose pas toutes les activités normalement disponibles dans la nature. Il ne sera jamais possible de reproduire ces conditions-là. Et ce, malgré les efforts et la bonne volonté des soigneurs ou des équipes dédiées à leur bien-être.

Que disent ces animaux en cage ?

Comme un prisonnier innocent qui réclame sa liberté, ces bestioles ont, comme nous, l’envie de jouir de la liberté. Il appartient à l’homme de ne pas fermer les yeux et de ne pas boucher les oreilles à cet appel au secours, ces cris de détresse mêlé du désespoir et de mélancolie face à l’injustice humaine.
LILIANE BUTOYI (Stagiaire)

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