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CVR > Réponses aux questions posées par les journalistes

Au cours du café de presse animé par le président de la Commission vérité et réconciliation (CVR), Pierre Claver Ndayicariye, le vendredi 14 Février 2020,  il a présenté le premier bilan  et a retracé les perspectives d’avenir. Cela a été une occasion de répondre aux questions des journalistes à propos des fosses communes dans le pays  

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D’après M. Ndayicariye, les fosses communes déjà identifiées dans tout le pays sont plus de quatre mille. Ce chiffre est provisoire car tous les Burundais détenteurs des informations en rapport avec les fosses communes ne se sont pas engagés à faire des dépositions ou à donner des témoignages à la CVR. Selon lui, certaines de ces fosses datent de 1972, d’autres datent d’avant et après cette date. Il a souligné qu’aujourd’hui on parle des fosses communes sur la rivière Ruvubu mais que dans les jours passés ils ont travaillé dans d’autres milieux comme Mabanda en province de Makamba, Muhuta en province de Rumonge, Rusaka à Mwaro, Metalusa dans la municipalité de Bujumbura, Marangara en province de Ngozi, à Bugarama en province de Muramvya, à Kivyuka en commune Musigati dans la province de Bubanza. D’après le président de la CVR, les victimes jetées dans ces fosses communes proviennent de différentes ethnies et ont été tuées au cours de différentes périodes tragiques qu’a connues le Burundi. « Cela soulagera les familles des victimes »Selon toujours le président de la CVR, dans sa mission qui lui est confiée par l’Etat, la Commission travaille sur différents événements tragiques qui ont endeuillé le Burundi. Selon lui, les familles des victimes ont tant souffert et ont besoin de verser les larmes pour les leurs. Et de souligner que partout où les membres de la Commission ont été, les membres des familles des victimes ont manifesté un sentiment de soulagements parce qu’ils ont vu les ossements des leurs. M. Ndayicariye a également laissé entendre qu’au lieu de laisser ces victimes sous terre et entassées dans des fosses communes, il vaut mieux les exhumer et les enterrer dans la dignité humaine car cela soulagera les membres de leurs familles. Il a ainsi invité tous les Burundais à comprendre les activités de la CVR car cela va aider non seulement les familles des victimes mais également les bourreaux. 
La mission de la CVR est de faire des enquêtes approfondiesA la question en rapport avec la construction des monuments, le président de la CVR a indiqué que la loi prévoit un seul monument au niveau national, un seul monument pour chaque province et un seul monument pour chaque commune. « Ils ont été dénommés monuments de la mémoire et de la réconciliation. Il reste à savoir où ils seront érigés. La réponse proviendra du dialogue qui sera organisé entre les organes de l’Etat et la CVR ; la population aura aussi  à dire là-dessus. Pour M. Ndayicariye, il ne faudra pas déconnecter le monument de la population encore vivante et des personnes tuées. Concernant la confirmation que ce qui s’est passé en 1972 est un génocide, M. Ndayicariye a indiqué que ce n’est pas le rôle de la CVR. Son rôle est de faire des enquêtes approfondies. Ecouter, faire des investigations, faire des audiences à huis clos ou en public, faire des auditions, recevoir des dépositions, etc. Mais, a-t-il ajouté,  il y aura un temps pour la CVR de faire une qualification de ce qui s’est passé. Ce sera à la fin du processus car on est encore presque tout au début. 
Astère Nduwamungu

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