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Burundi> Elections de 2020

Valentin Keza Kavakure : « Jeunesse, vitalité et renouveau »

00001azeLes partis politiques œuvrant sur le territoire burundais continuent de se choisir leurs candidats qui vont les représenter lors de l’élection présidentielle de 2020.Valentin Keza Kavakure est le 5e candidat président désigné le 12 janvier 2020 par son parti, Front populaire national (FPN)-Imboneza. La rédaction de la Documentation l’a approché le jeudi 30 janvier 2020 afin qu’il puisse nous parler des ambitions qu’il a pour le Burundi et son peuple. On a fait le tour des différents domaines de la vie nationale.

Participer à des élections, qu’elles soient législative, présidentielle ou des conseils communaux est une manifestation de la volonté du peuple de  renouveler les institutions. Les citoyens élisent alors les leaders qui vont améliorer leur niveau de vie d’une  certaine façon en gérant efficacement la chose publique. En effet, lors des élections, les gens veulent un candidat qui se préoccupe d’eux et qui s’emploie à résoudre les problèmes qu’ils endurent. Si vous n’êtes pas préoccupés par leurs problèmes dans votre langage, vous allez leur donner l’impression de ne pas vous en soucier. Il faut alors réellement leur montrer que vous voulez sérieusement améliorer leur vie. Vous mettez ainsi en place certains mécanismes qui vous aideront à aboutir à vos projets que vous avez mis en avant. Tels sont notamment les propos de Valentin Kavakure.En outre, ce politicien burundais pense que l’électorat burundais avait envie de connaitre celui que le parti FPN-Imboneza avait mis en avant pour le représenter à l’élection présidentielle du 20 mai 2020.Pour ceux qui ne le connaissent donc pas, Valentin Keza Kavakure est de nationalité burundaise, natif de la mairie de Bujumbura. Il est âgé de 40 ans, veuf et père de trois enfants. Il est cadre à l’Office burundais du tourisme. A part qu’il est fonctionnaire de l’Etat, il est en même temps homme d’affaires.Du fait qu’il a déjà identifié certains problèmes rencontrés par le peuple burundais, il rassure que la volonté de se présenter à l’élection présidentielle comme candidat président ne relève pas de la fantaisie. Plutôt, il s’agit du sérieux puisqu’il se sent capable d’assurer une telle responsabilité. Il estime qu’il va conduire le pays sur la voie du développement durable.

Rompre avec le passé

M. Kavakure indique que les atouts dont disposent son parti et lui-même résident dans l’incarnation de la jeunesse, la vitalité et le renouveau. Il  souligne à cet effet que le parti FPN-Imboneza est une formation politique nouvellement créée et agréée. Son but principal est de mener des réformes de nature à améliorer le niveau de vie de la population burundaise qui vit dans une situation précaire. Il compte alors rompre avec le passé une fois élu président de la République. Pour lui, les différents systèmes politiques que le Burundi a connus ont été marqués par des divisions tant ethniques que régionales. Il informe par exemple que lui et les autres membres de son parti n’ont pas participé dans des exactions qui ont endeuillé le pays pendant plusieurs années. Il compte aussi ramener l’espoir chez la jeunesse burundaise qui constitue la grande partie de la population burundaise. Un autre atout dont il dispose est l’esprit d’ouverture ainsi que l’esprit fédérateur. Ainsi, il aspire à la création d’un nouveau Burundi où les considérations ethniques et le régionalisme seront bannis. Plutôt, il va mettre en avant la valeur de la personne humaine en consolidant l’unité nationale.

Un accès de tout un chacun à la connaissance

Le rôle de l’éducation et de la formation  est aujourd’hui indispensable au processus de croissance. Pour le candidat président Kavakure, l’économie de la connaissance  ne saurait aboutir sans un système éducatif qui, en amont, puisse permettre à chacun un accès à la connaissance. Plusieurs facteurs caractérisent alors l’économie de la connaissance. Il cite notamment l’innovation, l’accélération du rythme des innovations, la capacité à innover qui suppose réactivité et qualité. A cet effet, il envisage de renforcer la capitalisation des connaissances notamment par le renforcement de la mixité sociale pour diversifier socialement les publics en offrant aux jeunes écoliers et lycéens une formation de qualité attractive. Pour cela, il envisage de créer des lycées polyvalents regroupant les trois voies, à savoir l’enseignement général, l’enseignement technique et l’enseignement professionnel. Il se réjouit toutefois du fait qu’actuellement beaucoup de jeunes burundais ont accès à l’éducation tout en déplorant la façon dont les enseignements sont dispensés. Même s’il privilégie les trois voies, il va davantage renforcer la formation professionnelle plus qualifiée. Il souhaite que l’enseignement professionnel puisse produire des gens compétents sur le marché du travail. Concernant l’enseignement supérieur, M. Kavakure indique que la situation est déplorable. Il voudrait instaurer une formation axée beaucoup plus sur la technique que sur l’académique. Son autre souhait est que les étudiants qui sortent des universités soient plus techniciens que théoriciens.

Réduire le taux de mortalité 

En matière de santé, une fois élu président de la République, M. Kavakure compte mener une politique axée sur la santé de la population qui vise à améliorer l’état de santé de toute la population et à réduire les inégalités en matière de santé qui s’observent au niveau des différentes couches de la société burundaise. Le domaine de la santé constitue donc une priorité. Partant de son expérience personnelle malheureuse quand il a perdu son épouse dans des circonstances difficiles à expliquer et à s’expliquer, il a déjà créé une association qui travaille pour réduire la mortalité  surtout pour les femmes qui accouchent. Pour améliorer la santé de la population, il va ainsi travailler sur les facteurs  déterminants de la santé, entre autres, le niveau de revenu et le statut social ; les réseaux de soutien social ; l’éducation ; l’emploi ; les conditions de vie et de travail ; le développement de l’enfance et les services de santé. Tous ces déterminants n’agissent pas isolément par rapport aux autres. Ce sont les interactions complexes de tous ces facteurs qui entrainent les effets les plus percutants sur la santé. Cela va de pair notamment avec la formation du personnel soignant. Malgré la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes qui accouchent, les services de soins de santé laissent à désirer; beaucoup d’hôpitaux et centres de santé  manquent cruellement de moyens, d’équipements et de professionnels suffisants. Il compte également équiper les hôpitaux et les centres de santé en matériel médical répondant aux normes internationales.

Assurer une meilleure gouvernance pour redémarrer la machine économique 

En matière économique, le candidat président Kavakure indique que l’économie burundaise est presque à genou. Afin de redémarrer la machine économique, il trouve que la seule façon serait d’assurer une meilleure gouvernance. En termes de priorités dans ce domaine, il fait savoir qu’il va diminuer le nombre de ministères et supprimer certaines charges inutiles pour l’Etat. Souvent, il s’observe qu’il y a une confusion  entre les postes politiques et les postes techniques. Son impact est que la production de certaines sociétés n’est pas actuellement optimale. Une fois alors élu président de la République, M. Kavakure va rendre effective la séparation des postes politiques et des postes techniques. Cela pourra aider à assurer une meilleure gestion de la chose publique.Sous un autre aspect, aux fins d’attirer les investisseurs tant nationaux qu’internationaux, il compte instaurer un climat de confiance. Il a rappelé que si  les investisseurs étrangers s’installent dans le pays, ils viennent avec des liquidités en termes de devises. En plus, il va prioriser la construction des usines  ainsi que la diversification des activités génératrices de revenus. Ce qui rendra notre  économie solide. Pour arrêter la dévaluation de la monnaie burundaise, il promet de tout faire pour accroitre les exportations et diminuer les importations.

Diminuer la population carcérale et garantir une justice équitable

M. Kavakure indique que les droits de la personne humaine se trouvent dans les textes. Pour dire qu’ils ne sont pas réels. Il informe par exemple que le nombre de prisonniers  détenus dans les différents cachots dépasse de loin  les effectifs que les prisons devraient héberger. Il compte alors opérer des réformes en matière des droits de la personne humaine au Burundi. Il s’agira notamment de simplifier les procédures judiciaires pour que les plaignants bénéficient d’une justice  équitable. Concernant l’environnement, il fait savoir qu’il est mieux indiqué pour améliorer ce secteur puisqu’il travaille dans le tourisme. Il a ainsi dans sa tête beaucoup de projets en rapport avec la préservation de l’environnement. Il va notamment prendre des mesures qui limiteront l’impact négatif des activités de l’Homme sur l’environnement. Pour aboutir à des résultats significatifs, il envisage d’identifier les actions humaines qui endommagent l’environnement  au point  de porter préjudice aux générations actuelles ou futures. Aujourd’hui, on assiste à  des réchauffements climatiques. Cela cause notamment des pluies torrentielles qui affectent la vie de la population si bien que la lutte contre le réchauffement climatique sera dans les priorités du candidat président Kavakure. Et d’ajouter qu’il va prendre des mesures adéquates d’interdiction totale de l’usage des sachets en plastique. Une autre mesure qu’il entreprendra est de renforcer le programme « Ewe Burundi urambaye » initié par le gouvernement du Burundi, qui consiste à effectuer des travaux de reboisement sur tout le territoire.

L’agriculture et l’élevage, deux leviers du développement

M. Kavakure déplore le retard enregistré dans le secteur agroalimentaire au Burundi.Or, selon lui, l’apport économique du secteur agricole est considérable notamment par sa contribution au produit intérieur brut, à l’emploi et aux revenus qui lui sont directement attribués. Dans sa politique agricole, sa priorité principale sera de mener des réformes agraires. Il compte également diversifier les cultures selon la spécification de chaque région. Pour les cultures du café et du thé, il annonce qu’il assurera un meilleur contrôle des tarifs pour que les agriculteurs soient motivés. Concernant l’élevage, M. Kavakure indique que ce secteur va de pair avec l’agriculture. Les deux constituent un levier du développement. Il compte alors mener une politique d’encadrement des éleveurs. Pour repeupler le cheptel bovin, il compte importer des bétails non contaminés et qui résistent à notre climat. En plus, pour assurer la santé animale, il va augmenter le nombre d’écoles vétérinaires qui donnent une formation de qualité. Il va également travailler pour rendre disponibles les médicaments et le personnel soignant. Concernant le tourisme, M. Kavakura partage l’avis de ceux qui disent que ce secteur est porteur d’espoir. Il compte renforcer ce secteur notamment par la construction d’un grand centre de conférences qui accueillera des conférences internationales.Pour rentabiliser les sites touristiques dont le pays dispose, il va effectuer des travaux de réhabilitation de tous les sites.

Les médias, principaux partenaires

Pour renforcer son pouvoir, M. Kavakure informe qu’il va beaucoup travailler les relations avec les médias. Pour dire qu’une fois élu président de la République, les médias seront ses principaux partenaires. Et pour cause, sans le concours des medias, on ne peut pas faire véhiculer les idées. Il affirme que les médias servent de nœud ou de pont entre les gouvernants et les gouvernés. En l’absence des médias, personne ne pourra connaitre les actions du gouvernement. Par conséquent, tous les projets visantl’amélioration du bien-être de la population connaitront peu d’impact parce que non connus du grand public.
Une politique inclusivePar rapport à la politique extérieure, M. Kavakure  annonce qu’il va mener une politique inclusive. A cet effet, il renforcera la coopération avec les pays voisins et travaillera à la normalisation des relations qui, aujourd’hui, ne sont pas au beau fixe avec certains pays. Ce qui facilitera, entre autres, le retour des réfugiés et les exilés politiques  et économiques. Des études seront aussi menées pour voir comment nouer de nouvelles relations, c’est-à-dire créer et renforcer des relations avec des pays qui n’ont pas actuellement de relations diplomatiques avec le Burundi.

Une lutte contre la pauvreté et le chômage

Une fois élu président de la République, M. Kavakure annonce qu’il luttera efficacement  contre la pauvreté. Il reconnait que les Burundais sont pauvres. Pour faire face à cette situation, ilcompte améliorer les conditions de travail en opérant des réformes au niveau du traitement salarial. Concernant le chômage, son constat est que la situation des jeunes qui sont en chômage est alarmante. Pour essayer de réduire le chômage, des mesures seront prises pour favoriser la création d’emploi. Il  envisage alors de créer des fonds afin d’accorder des crédits aux jeunes chômeurs pour qu’ils puissent créer des activités génératrices de revenus.Au niveau des inégalités sociales, il constate que des inégalités existent dans notre société surtout dans le domaine de l’éducation, dans le développement et dans l’octroi du travail. Pour mettre fin à toutes ces inégalités, il envisage de faciliter l’accès à l’éducation de tous les enfants du pays. Contre les inégalités en matière d’octroi du travail, il privilégiera le mérite. En plus, il mettra en place un modèle de développement qui répond aux besoins de chaque région. Si besoin, il le fera selon l’ordre alphabétique des communes tout en commençant par les communes les plus reculées. Ce faisant, dans son objectif de mener un développement durable, il va renforcer le Programme national de développement tel que conçu par le gouvernement du Burundi.

Appolinaire Nimubona 

Service Rédaction

Département  de la Documentation

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