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INTEGRATION REGIONALE> Apport de l’apprentissage des langues

Le kiswahili et l’anglais jouent en faveur du Burundi comme membre de la CEA

 

DSCO2022Différentes sources contactées par le quotidien d’information Le Renouveau saluent la contribution de l’apprentissage des langues comme le kiswahili et l’anglais à l’intégration effective du Burundi dans la Communauté est-africaine (CEA). Elles demandent au gouvernement d’y investir et à la population d’y prendre part. Toutefois, elles ont constaté que tous les secteurs doivent être développés pour une meilleure intégration. 

 

Selon le trésorier national de La solution académique à la promotion du kiswahili standard (Sapross),  Gildas Yihundimpundu,  le kiswahili est une langue très importante et qui évolue. « Selon les données présentées par la radio France internationale en 2017, le kiswahili est parlé par plus de cent millions de personnes sur le continent africain. C’est la deuxième langue après l’arabe en Afrique. Le kiswahili évolue à une allure très impressionnante, il est impossible que les gens ne puissent pas l’apprendre», a-t-il indiqué. Il a souligné que cette langue est passée d’une langue simple à une langue véhiculaire. « C’est une langue qui effraye le monde. Par exemple, l’Afrique du sud vient de l’inscrire aux programmes de toutes les écoles. Elle est aussi enseignée dans les universités américaines, en Grande-Bretagne et en Europe, en Chine, au Japon, etc. Il y a aussi des médias internationaux qui accordent le temps d’antenne aux émissions en kiswahili», a-t-il dit.

L’importance du kiswahili au Burundi

M. Yihundimpundu a fait savoir que l’initiative de fonder une association est née en 2003 quand des étudiants de l’Université du Burundi se sont mis ensemble avec le besoin d’apprendre le kiswahili. « Ils se rencontraient chaque matin pour échanger. Si l’un a un vocabulaire nouveau, il le partageait avec son ami jusqu’à ce qu’ils deviennent capables de communiquer dans cette langue. Le nombre des membres de l’association augmentait chaque mois et l’idée s’est renforcer en 2007 quand le gouvernement du Burundi a annoncé son projet d’intégrée le Burundi à la Communauté est-africaine. Ces étudiants se sont alors dit qu’ils pouvaient passer à l’étape supérieure en créant une association pour appuyer le gouvernement dans la politique d’intégration régionale», a-t-il expliqué. Notre interlocuteur a souligné que, depuis 2008, l’association a enseigné et certifié plus de 3 000 lauréats dont des étudiants, des fonctionnaires, des commerçants, des militaires, etc. Cette formation est dispensée soit au campus Mutanga, à l’Iscam, à Kayanza, à Mwaro, à Ngozi et à Gitega. Selon Gildas Yihundipundu, les gens de la mairie de Bujumbura répondent au programme plus que les populations des autres provinces. Il a expliqué qu’on tient à Bujumbura une classe de plus de 300 apprenants séparés en deux groupes, tandis que dans les provinces, on compte de 30 à 80 apprenants. Par rapport au début, il a indiqué que cette évolution est grandiose. Il fallait d’abord faire face à un défi culturel. «On nous disait que c’est une langue de voyous, de bandits et de voleurs. Une fois, j’ai demandé au recteur de l’Université du Burundi son soutien aux étudiants qui parlent le kiswahili car on avait prévu des activités. Il m’a dit que cela n’avait pas d’importance. Il y a des gens qui pensaient que c’est une langue qui attire la malédiction, tandis que d’autres la qualifiaient d’indigne de la classe instruite et civilisée. Un jour, un de mes camarades a présenté son mémoire de fin d’études en économie politique, il a eu 16/20 et il était aussi membre de notre association d’apprentissage du kiswahili. Après la défense, il a échangé quelques mots en kiswahiri avec des amis. Un membre de sa famille a entendu la conversation, c’était son frère qui vivait aux Etats-Unis, un docteur. Il est entré en colère et l’a traité de tous les maux du fait qu’il osait parler le kiswahili, que c’est pourquoi il n’avait pas réussi, qu’il aurait pu avoir un 19/20, et l’a grondé en lui disant qu’il est venu à Bujumbura pour faire cette langue de voyous», poursuit M. Yihundimpundu. 

Le défi culturel a été surmonté 

Selon Gildas Yihundimpundu, un autre défi est lié aux moyens limités injectés dans la promotion de cette langue au niveau national. Il s’est réjoui que, par rapport au défi culturel, il y  a des murs qui sont tombés « Quand j’enseigne, je vois des jeunes de Nyakabiga, des jeunes de Musaga, de Carama, de Kamenge, etc. et ils ont un intérêt vraiment particulier. Ils posent des questions, ils ont envie d’apprendre. Il y a aussi ceux qui font recours à notre formation à cause d’une urgence. Une personne peut venir et dire qu’elle fait du commerce et qu’il doit se rendre en Tanzanie ou en Ouganda, et veut connaître le kiswahili en deux mois», a indiqué M. Yihundimpundu. Ces formations ont positivement contribué à l’intégration du Burundi à la CEA. «J’ai des exemples des gens qui sont maintenant à l’East african legslative assembly (EALA), des gens qui travaillent au Kenya ou en Tanzanie. Il y a par exemple des commerçants qui se faisaient arnaquer au cours de leurs voyages dans la sous-région du fait qu’ils ne maîtrisaient pas la langue et qui maintenant travaillent à l’aise», a-t-il indiqué. Il a ajouté que la formation en swahili a donné des opportunités aux militaires en mission de maintien de la paix dans les pays comme la Somalie, la République de Centrafrique. Ils servent d’interprètes entre les collègues burundais et les autres militaires originaires de l’Ouganda, du Kenya et de l’Ethiopie. Notre interlocuteur a souligné que, dans le cadre de l’association des étudiants des pays de la CEA dénommée «Chawakama», les lauréats swahiliphones burundais rencontrent ceux de la région dans un congrès annuel. « Un groupe d’environ trente personnes représentant le Burundi participent à ce congrès international que les pays de la CEA organisent à tour de rôle. Il faut noter qu’en 2012, cette réunion s’est tenue au Burundi, en province de Ngozi. Par le biais de ces congrès, des jeunes Burundais ont été repérés et engagés dans différents pays de la région. Il y a des efforts qui sont faits et des avancées enregistrées mais, les médias n’en parlent pas», a indiqué M. Yihundimpundu. Selon lui, l’apprentissage des langues parlées dans la région n’est pas suffisant, il faut développer tous les secteurs pour que l’intégration régionale soit effective.

La communication et le commerce sont facilités dans la région

Les bénéficiaires des formations en anglais et en swahili ont témoigné des opportunités à titre individuel et pour le Burundi dans le cadre de l’intégration régionale. Grâce Zilfa Nikiza, qui a bénéficié d’une formation en kiswahili a fait savoir qu’elle a porté son choix sur cette formation, car le kiswahili, est une langue qui est en train  d’évoluer. « Elle facilite la communication dans les pays de la CEA ainsi que dans d’autres pays de l’Afrique», a-t-elle dit. Les avantages à bénéficier de cette formation sont nombreux. «On peut décrocher un emploi grâce au kiswahili. Et ce qui est déplorable dans notre pays, peu de gens parlent du vrai kiswahili, c’est-à-dire celui dit standard», a-t-elle souligné. Elle s’est réjouie du fait que le Burundi profite bien de  l’intégration à la Communauté est-africaine. Il est actuellement facile de voyager à travers les pays membres de la Communauté, ce qui rend facile le commerce.  Pour Mme Nikiza, la population burundaise, surtout la classe intellectuelle, est consciente de l’importance d’apprendre d’autres langues.«Cela peut être constaté à travers les effectifs qu’on trouve dans les salles de formation. Il faut aussi noter que les apprenants sont de classe sociale et d’âge variés. On y retrouve des fonctionnaires, des étudiants et même des élèves», s’est-elle réjouie. Elle a conseillé aux gens de comprendre que la langue est un outil principal de communication et de lutter contre toute mentalité qui bloque le développement d’une langue.

Grâce-Divine Gahimbare

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