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République populaire de Chine> Interview de l’ambassadeur chinois au Burundi Li Changlin

«La coopération sino-burundaise sera portée à un niveau encore plus élevé avec la faveur des acquis du sommet Chine-Afrique »

CHINOIS 2

L’ambassadeur chinois au Burundi a répondu à quelques questions relatives au dernier sommet du Forum de coopération Afrique-Chine(FOCAC) tenu à Beijing du 3 au 4 septembre 2018, et bien sûr, sur les relations sino-burundaises.


 Question (Q) . M. l’ambassadeur, le sommet du FOCAC s’est terminé avec un grand succès. Toutes les deux parties l’ont apprécié. Mais avant que nous puissions parler de cette édition du sommet, y-a-t-il des projets réalisés et terminés au Burundi, fruits du sommet du FOCAC de 2015? Si oui, lesquels?
Réponse (R)  Effectivement, le Burundi n’a jamais été absent dans les sommets du FOCAC. Il ya bien entendu, comme les autres pays africains, tiré de grands bénéfices. Son Excellence Monsieur le président de la République, Pierre Nkurunziza, a participé au  premier sommet du FOCAC de 2006 de Beijing, et le Deuxième vice-président, Joseph Butore, a été présent au sommet de Johannesburg de décembre 2015.Dans le cadre de la mise en œuvre des conclusions du sommet  de Johannesburg de 2015, le Burundi a bénéficié des dividendes du FOCAC. J’aimerais ici citer, entre autres, la construction des écoles primaires de l’ amitié sino-burundaise à Bujumbura et à Karusi, la construction de l’ Hôpital général à Mpanda, la construction de l’Ecole de formation professionnelle à Kigobe, l’organisation de deux opérations «marche vers la lumière» pour des personnes atteintes de cataracte, la construction du centre pilote de technique agricole, l’augmentation du nombre de bourses d’études et du  nombre de formation de courte durée en faveur des fonctionnaires toutes catégories confondues, l’octroi du riz étuvé dans le cadre de l’assistance humanitaire, l’envoi des experts agricoles pour la culture du riz et le projet de télévision satellitaire en faveur de 300 villages. En outre, la construction de la Centrale hydroélectrique Ruzibazi sera lancée en octobre prochain au moment où les travaux du palais présidentiel seront achevés à la fin de l’année. Durant son entretien avec le Deuxieme vice-président, Joseph Butore, le Président chinois, Xi Jinping, a dit  que les relations entre nos deux pays se trouvent à leur meilleur niveau de l’histoire. Je suis persuadé qu’avec la faveur des acquis du sommet Chine-Afrique de Beijing, la coopération sino-burundaise sera portée à un niveau encore plus élevé.

Q: Les émissaires africains à Beijing ont pris part aux préparatifs, travaillant main dans la main avec leurs homologues chinois au sujet de ce qui a été pris en compte au cours du sommet du FOCAC 2018. Pensez-vous que le sommet a tenu vraiment compte des intérêts du citoyen africain ordinaire?


R:  Bien sûr, les résultats du sommet cadrent bien avec les besoins immédiats des pays africains et leurs peuples. Si on lit attentivement les huit initiatives majeures annoncées par le président Xi Jinping, on remarque en particulier des éléments en rapport avec le développement vert, le renforcement des capacités, l’amélioration de la santé, etc. En outre, le Président Xi Jinping a mis en avant la jeunesse qui représente à la fois l’avenir de l’Afrique et des relations Chine-Afrique. Beaucoup de mesures ont été conçues dans l’intérêt des jeunes, pour les former et les soutenir.Même au Burundi, nous marchons sur les deux jambes dans notre approche de coopération avec le pays. Nous menons de grands projets de coopération avec le gouvernement. De plus, nous exécutons en même temps de petits projets intéressant directement les citoyens ordinaires. Il y a par  exemple la réhabilitation des terrains de sport dans les quartiers, l’organisation des compétitions sportives avec des associations sportives, l’appui logistique aux centres de santé, le développement de la pisciculture en faveur de l’association des sous- officiers, l’octroi des primes aux meilleurs agriculteurs du riz, etc.  
3. En se basant sur la question ci-dessus, le président chinois, Xi Jinping, a déclaré les huit initiatives chinoises prioritaires dont l’industrialisation, l’interconnexion des infrastructures, la facilitation du commerce, l’économie verte,  le renforcement des capacités, etc. pour construire une communauté de destin Chine-Afrique  encore plus solide. Selon vous, laquelle (ou lesquelles) de ces initiatives est la plus importante pour le Burundi?
R: Les huit initiatives majeures chinoises convergent vers le plan national de développement récemment adopté au Burundi. Je ne veux pas dire que telle ou telle autre de ces initiatives est la plus importante pour le Burundi. Je dirais que le sous-développement des infrastructures, le déficit en personnel qualifié et le manque des moyens financiers sont les trois grands obstacles au décollage du Burundi. Il appartient aux parties chinoise et burundaise de se mettre ensemble pour identifier des projets rentables et éligibles aux différentes affectations financières de la Chine.  


Q: Pour favoriser la bonne mise en œuvre de ces initiatives, le président Xi a déclaré que la Chine est prête à fournir un soutien de 60 milliards de dollars américains aux pays africains sous diverses formes. Certains pays africains verront aussi leurs dettes annulées. Le Burundi est-il parmi les bénéficiaires dans les deux cas? 


R: Le Président Xi Jinping a déclaré que la Chine va annuler, en faveur des PMA, des pays pauvres très endettés (PPTT), des pays en développement sans littoral(PDSL) et des petits Etats insulaires en développement(PIED) de l Afrique qui ont des relations diplomatiques avec la Chine leurs dettes non remboursées liées aux prêts intergouvernementaux sans intérêt à échéance fin 2018. Je suis sûr que le Burundi sera dans la liste des bénéficiaires.


Q: A la fin du sommet, le Deuxième vice-président du Burundi, Joseph Butore, qui avait participé à ce grand rendez-vous, a été reçu en audience par Wang Qishan et Xi Jinping respectivement le vice-président et le président chinois. Que signifie ce geste eu égard aux relations bilatérales entre les deux pays?


R: Le sommet de Beijing a connu une participation de 40 chefs d’Etat et 10 chefs de Gouvernement des pays africains. Tous les participants à ce grand rendez-vous sont nos invités distingués. Nous devons leur réserver un accueil chaleureux. Comme cette année marque le 55e  anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et le Burundi, je pense que c’est le meilleur moment pour les dirigeants de nos deux pays de passer en revue notre coopération et planifier l’avenir des relations. Nos relations se caractérisent en particulier par un soutien mutuel de nos intérêts vitaux dans les enceintes internationales. La Chine est toujours un partenaire fiable du Burundi. Le Président Xi a dit que nos relations bilatérales se trouvent à leur meilleur niveau de l’histoire. Cette  haute appréciation du Président Xi correspond tout à fait à la réalité de nos relations.  


Q: Certains pays occidentaux disent encore que rien ne va au Burundi. En tant qu’un représentant d’une des puissances du monde dans ce pays, comment voyez-vous la situation actuelle socio-politico- sécuritaire et économique du Burundi ? De quoi le peuple burundais a-t-il besoin pour le moment?


R: Certes, le Burundi a connu dans son histoire des difficultés, mais il se tient toujours débout! Ces derniers mois, le Burundi est entré dans une nouvelle dynamique impulsé  par la proclamation de la nouvelle Constitution. De plus, l’annonce importante de Son Excellence Monsieur le président de la République du Burundi ainsi que l’engagement dans la cinquième session du dialogue interburundais ont été appréciés par le dernier Conseil de sécurité des Nations Unies.Voilà un an que je suis en poste au Burundi, je constate que la situation socio-politico-sécuritaire évolue dans un bon sens. Effectivement, la paix et la sécurité règnent dans le pays, et la population vaque à ses occupations quotidiennes. Je suis persuadé que les Burundais ont tiré les meilleurs ensegnements de leur histoire. Ils sont capables de surmonter des difficultés dans leur voie de développement autonome.

 
Q: Certains médias occidentaux ont déclaré que la Chine veut être le nouveau colonisateur de l’Afrique? Quel est votre commentaire à ce sujet?


R: Cette casquette de «nouveau colonisateur de l’Afrique» ne peut être, en aucun cas, mise à la tête des Chinois. La Chine se trouvait dans une situation semi-coloniale, les Chinois étaient victimes de toutes sortes d’humiliations. Ils vont pratiquer le nouveau colonialisme en Afrique ? Je recommande à ce genre d’individus de se rendre en Afrique et d’examiner la coopération sino-africaine. Nos relations sont basées sur les principes de respect mutuel et de gagnant-gagnant. Les Africains sont les meilleurs juges de notre coopération.  

Vincent Mbonihankuye( à Beijing)

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