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ENTRETIEN> Sur la vie des veuves dans le village de Winterekwa après la mort du père Joseph de Cillia

Leur vie s’est empirée

 

Le village de Winterekwa a été érigé par le père Joseph de Cillia en 2006. Il était destiné à accueillir les enfants en situation de rue et les veuves. Ces dernières recevaient une aide alimentaire de la part de la paroisse Guido Maria Conforti de Kamenge. Après la mort le 4 janvier 2015 du père Joseph de Cillia, l’initiateur de cette paroisse, cette aide a été suspendue et la vie est devenue aujourd’hui quasiment impossible.

 

Tout Burundais adulte se souvient de la situation sécuritaire du Burundi depuis les années 1993. La guerre civile interburundaise a provoqué la multiplication des enfants en situation de rue et des veuves. Après quelques années de guerre, les hommes d’esprit charitable ont été choqués par la situation qui prévalait. Parmi ceux-là figurait le père Joseph de Cillia connu sous le sobriquet de Buyengero de la paroisse Guido Maria Conforti de Kamenge. Il a pensé à construire des maisons dans un village de Winterekwa en commune urbaine actuelle de Ntahangwa destiné à accueillir les enfants en situation de rue et des veuves. Selon Dieudonné Kwizera, un des enfants bénéficiaires d’une maison, ces habitations ont été construites par les enfants en situation de rue, qui par ailleurs étaient payés. D’après Cécile Nshimirimana, une veuve désespérée rencontrée dans ce village, seules les veuves recevaient une maison et une aide alimentaire de 10kg de haricots et 5kg de riz pour une période de deux mois. Les enfants en situation de rue recevaient seulement une maison, affirment Mme Nshimirimana et M Kwizera. Mais depuis la mort du père Joseph de Cillia, on a suspendu cette aide alimentaire destinée aux veuves, a dit Mme Nshimirimana. Elle a ajouté qu’actuellement, la situation est désastreuse pour ces veuves menacées par le poids de l’âge.

Des inquiétudes battent le plein chez ces anciens enfants en situation de rue

Avant de recevoir la maison promise, on disait à ces enfants que c’est un don provisoire. Comme le dit M. Kwizera, le père Joseph de Cillia leur avait promis de chercher pour eux un autre endroit qu’ils occuperaient indéfiniment. «A voir la situation qui prévaut actuellement, nous risquons d’être chassés d’ici alors que nous n’avons pas reçu jusqu’à présent les parcelles promises», a indiqué M. Kwizera. Par conséquent, il a demandé avec insistance aux décideurs de rester dans le village jusqu’à ce que les parcelles promises par ce serviteur de Dieu soient disponibles.

Martin Karabagega (STAGIAIRE)

 

 

QUARTIER ASIATIQUE> Reprise des activités après un mois et demi de manifestations dans la municipalité de Bujumbura

Une situation appréciable

 

Depuis le début des manifestations contre la 3e candidature du président Nkurunziza le 26 avril 2015, presque toutes les activités se sont arrêtées à Bujumbura. Aujourd’hui, une reprise presque normale de ces activités s’observe dans certains quartier, s y compris au Quartier asiatique. Mais de petites irrégularités liées à la peur y sont encore visibles.

 

DSC 1931Le Quartier asiatique situé en commune urbaine actuelle de Mukaza est très renommé dans le domaine commercial. La rédaction du journal Le Renouveau y a fait le tour le mercredi 10 juin 2015 afin de constater l’état des lieux de la reprise des activités. Dans ce quartier, il est difficile de constater qu’il y avait l’arrêt des activités. Les différents ateliers de soudure étaient à l’œuvre. Tous les magasins ont ouvert leurs portes et d’autres services étaient à l’œuvre. Il s’agit notamment des magasins qui vendent les matériaux de construction comme les fers à béton, le ciment, les tôles, etc.
Les véhicules qui transportent les différents matériaux achetés étaient plus attentifs aux appels. Les motards faisaient des navettes en transportant les clients. Les taxi-vélos circulaient à l’instar des motards à la recherche des clients, et d’autres attendaient les clients dans leurs parkings. Contacté par la rédaction du Renouveau, le vélo taximan Prosper Ntiruvakure a fait savoir qu’il ne trouve pas de clients comme avant les manifestations. Puisque l’espoir fait vivre, a-t-il ajouté, il espère que la situation s’améliorera au fil du temps.

Il reste des pas à franchir

Même si la reprise des activités est presque effective, certains domaines travaillent timidement. Les cas typiques sont ceux des banques et les services de restauration. Les banques qui œuvrent au Quartier asiatique sont la BCB, la CRDB, l’Ecobank, la Bancobu, la KCB et la BGF. Avant les manifestations, ces banques ouvraient les guichets à 8 h et les unes fermaient à 16h, d’autres à 17 h. Actuellement, les guichets sont ouverts à 9 h et ferment soit à 14 h, soit à 16 h respectivement pour l’Ecobank et la CRDB. Le service de restauration ne fonctionne pas convenablement. On prépare peu de nourritures à cause des clients limités. La raison avancée de la limitation des clients est que les manutentionnaires sont encore moins nombreux.
MARTIN KARABAGEGA (STAGIAIRE)

 

Ex-marché central de Bujumbura> Parkings

Leur réouverture, un signe d’espoir

 

Avec l’accalmie qu’on observe dans la municipalité de Bujumbura, la vie a repris son cours surtout au centre ville. Cette situation rassure la population qui commerce à vaquer à ses activités quotidiennes. En témoignent le retour des bus de transport aux parkings de l’ex-marché central de Bujumbura.

 

DSC08079Les parkings de l’ex-marché central de Bujumbura ont été rouverts après qu’ils aient été emménagés vers le Palais des Arts. Cette réouverture intervient après une accalmie relative observée dans la municipalité de Bujumbura. Le quotidien Le Renouveau l’a observé le mardi 9 juin 2015 lors de son passage en ces lieux.
Le retour au calme serait dicté par la décision des chefs d’Etat de l’Afrique de l’Est quand ils ont proposé au Burundi de revisiter les dates des élections aussi bien communales que présidentielles.
Selon certaines personnes interrogées, la réouverture des parkings de l’ex-marché central de Bujumbura montre que le rétablissement de la paix et de la sécurité est une réalité dans la municipalité de Bujumbura. Ce qui donne espoir que la paix et la sécurité vont se consolider petit à petit avec la volonté de tous les citoyens burundais.
Le quotidien Le Renouveau a pu toutefois remarquer que certains parkings ne sont pas encore fréquentés par les bus. Ce sont surtout les parkings réservés aux bus provenant des quartiers urbains de Musaga, Cibitoke et Nyakabiga qui ne sont pas occupés dans la mesure où c’est dans ces derniers quartiers où sévissent encore des manifestations contre ce qu’ils appellent la troisième candidature du président Pierre Nkurunziza.
Les bus de transport en commun assiègent les parkings de Gatumba, Buyenzi, Kamenge et Gasenyi. Les conducteurs des bus estiment que les propriétaires de ces derniers qui gardent encore leurs véhicules chez eux finiront par vaincre leur peur. Il suffit de se promener au centre ville pour s’en convaincre.
Les gens doivent comprendre que la paix et la sécurité sont des facteurs importants pour le développement étant donné qu’une situation calme permet aux gens de vaquer à leurs activités quotidiennes.
Masta Shabani

 

Kanyosha> Difficultés rencontrées par les manœuvres en cette période de manifestations

« Il faut que la crise cesse pour bien exercer notre métier »

 

Depuis le début des manifestations contre la candidature de l’actuel président de la République du Burundi à la prochaine élection présidentielle, les gens qui exercent leurs métiers privés ont aussi connu des difficultés pour vaquer librement à leurs occupations quotidiennes. C’est le cas des manœuvres rencontrés non loin du pont de la rivière Kanyosha tout au long de la route Bujumbura-Rumonge. Ils nous ont parlé des problèmes rencontrés dans l’exercice de leur métier et surtout pour la survie de leurs familles.

 

Avec les truelles et les angles de niveau à la main, les manœuvres, surtout les maçons, attendent quelqu’un qui viendrait leur proposer un boulot de quelques heures, d’une journée ou de quelques jours seulement. Outre les activités de culture dans leurs champs, ils vivent quotidiennement de ce genre du travail de quelques jours relatif à la maçonnerie. Un de ces manœuvres nous a indiqué qu’ils exercent ce métier depuis plusieurs années et qu’ils se rencontrent chaque matin en ce lieu pour attendre un patron ou un tâcheron quelconque qui viendrait leur proposer un travail.
A la question de savoir s’ils parviennent à faire vivre leurs familles avec ce travail, ils nous ont indiqué qu’ils gagnent peu d’argent juste pour acheter du poisson et de la farine de manioc. « Pour tout simplement dire qu’on ne gagne pas beaucoup », a renchéri un d’entre eux. Selon lui, la crise liée aux manifestations que connaissent certains quartiers de la ville de Bujumbura est venue amplifiée la situation. Le champ de travail s’est amenuisé car ils ne peuvent plus aller travailler dans tous les quartiers comme avant. «Nous avons peur d’entrer dans les quartiers où il y a les manifestations. Même si quelqu’un vient nous proposer un boulot souvent on n’y va pas ou on y va timidement de peur que ceux qui manifestent nous arrêtent ou nous chassent».
Pour tous nos interlocuteurs, la grande difficulté qu’ils rencontrent est le fait qu’ils ne peuvent pas entrer librement dans tous les quartiers. Cela explique le manque de moyens pour leur survie et celle de leurs familles. Selon eux, beaucoup de fois ils rentrent bredouille. D’où ils souhaitent que les concernés fassent tout pour que cette crise cesse afin d’exercer librement leur métier.

Astère Nduwamungu

 
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