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Dossier> Tambour burundais

Patrimoine mondial de l’humanité ?

 

Issus d’une tradition millénaire, jadis initiés de père en fils, les tambourinaires du Burundi, à l’origine des bergers Hutu au service du roi, ont, depuis les années 60, marqué et marquent encore la culture burundaise. Leur danse pourrait faire partie du patrimoine mondial de l’humanité.

 

DSC 0741Si le tambour n’est plus royal aujourd’hui, il reste sacré. Il a conservé de la tradition un profond respect de la culture. Antime Baranshakaje, octogénaire, tambourinaire de Gishora en commune et province de Gitega, parle d’un objet sacré.
Il évoque les relations intimes de cet instrument avec l’agriculture, la fécondité, sa peau est comparable au berceau du bébé, ses chevilles aux seins d’une femme, son corps au ventre. Le nom ingoma, qui désigne le tambour, signifie aussi royaume, et là où siégeaient les rois résidaient aussi les tambours : il existe encore aujourd’hui au Burundi un sanctuaire aux tambours : l’Ingoro y’ingoma ou palais des tambours.

L’ensemble folklorique

Les Batimbo sont les familles gardiennes de la tradition sacrée des tambours. On ne peut pas parler de tambours au Burundi sans évoquer les assises religieuses et mythiques sur lesquelles reposait la société burundaise. Au Burundi, les tambours étaient et restent bien plus que de simples instruments de musique. Objets sacrés réservés aux seuls ritualistes, ils n'étaient battus que lors des circonstances exceptionnelles et à des fins rituelles, souligne M. Baranshakaje.
Dans le Burundi ancien, ils proclamaient les plus grands événements du pays (intronisation, funérailles des souverains) et rythmaient, dans la joie et dans la ferveur de tous les Burundais, le cycle régulier des saisons qui assurait la prospérité des troupeaux et des champs. « Quand le roi et le peuple se retrouvaient une fois par an pour célébrer la fête dite «Umuganuro», le tambour royal, Karyenda, symbole de la nation, recevait à travers un rituel complexe les hommages d'autres tambours sortis de leurs sanctuaires respectifs », a dit M. Dieudonné Hakizimana, historien de formation. Ces tambours, portés par les Batimbo, traversaient le pays et convergeaient vers la cour royale, suivis par les délégués du peuple.
Selon M. Hakizimana, l'Umuganuro constituait une occasion solennelle de renouveler le pacte entre les Barundi et la nature, et pour célébrer la fécondité de la terre nourricière.
Au cours de ces cérémonies, le roi et la vestale du tambour Karyenda s'unissaient symboliquement pour perpétuer l'alliance intime entre le tambour et le roi ainsi qu'entre le roi et la nation.

Ne pas battre le tambour à tout bout de champ

De nos jours, le tambour reste un instrument à la fois vénéré et populaire, réservé aux fêtes nationales. M. Baranshakaje s’insurge contre les tambourinaires qui font usage de cet instrument sacré pour gagner de l’argent, dans les fêtes de mariages, de partis politiques, de rencontres avec des étrangers etc. « C’est un crime odieux, une transgression culturelle ». Ce Burundais révolté contre " un héritage civilisationnel et une richesse patrimoniale en déperdition" désapprouve de ce fait les tentatives des étrangers de s’approprier le tambour burundais. Cet objet d'art qui nous était de tout temps cher, est de plus en plus banalisé et réduit à un simple objet de commerce», se désole-t-il, pointant du doigt "certains clubs qui en font un objet de business".
Il ajoute qu’en tant que membre d’anciens lignages de tambourinaires, il demande de maintenir vivant leur art et de le faire connaître avec succès dans le monde entier.
"Notre ambition est de faire retentir la culture burundaise et de l'inscrire dans une dynamique d'un Burundi qui se bat contre les représentations caricaturales le présentant comme un pays à la dérive. Nous voulons contribuer à attirer sur le Burundi, un regard équilibré qui sait reconnaître les défis que ce pays doit relever mais aussi les valeurs positives qu'il ressert, a fait savoir M. Baranshakaje.
Le tambour doit occuper une place légendaire dans la culture burundaise. C’était un instrument symbolisant la légitimité du pouvoir et la pérennité de la nation. Le tambour n’est pas considéré comme de simples instruments de musique. Il fait partie des objets sacrés.

Sacralité du tambour

Dieudonné Hakizimana raconte une légende sur le caractère sacré du tambour burundais. Le roi fuyait ses ennemis. Dans sa fuite, il trouve un homme qui gardait ses vaches. « Et toi, l’ami, lui dit-il, ne pourrais-tu pas m’aider à me cacher »? L’homme accepta et appela son frère, ils vidèrent chez eux un grenier de sorgho et y cachèrent le roi. Bientôt les poursuivants survinrent. Et toi l’homme, demandèrent-ils, n’aurais-tu pas vu quelqu’un qui courait ? Je n’ai vu personne, répondit-il. Les poursuivants continuèrent leur chemin à la recherche du fuyard. Le roi alors sortit de sa cachette et on lui construisit un petit palais dans l’arrière-cour de l’enclos. Si vous voyez une femme qui me cherche, dites-lui où je suis. La reine en effet était à la recherche du roi. Elle rencontra ceux qui gardaient les vaches qui lui indiquèrent où se trouvait le roi. Elle était accompagnée de deux servantes et de deux cuisiniers. C’est bien, dit le roi. Et elle s’installa.
Alors arriva le tambour, celui qui accompagnait toujours le roi! Ses batteurs l’avaient recouvert d’une natte. A minuit, le tambour gronda et tous ceux qui étaient là poussèrent des cris de joie. Alors les princes de sang entendirent de quel côté résonnait le tambour. Les princes accoururent : le roi était là! Le roi était vainqueur ! Le tambour résonnait ! On poussait des cris de joie ! Les princes pénétrèrent dans le palais et offrirent au roi des vaches en hommage. Le roi dit : «allez chercher des tambours et recommanda qu’ils les battent ! » Depuis ces temps anciens, les tambours furent introduits dans la culture burundaise. Tambour et Royaume portent au Burundi le même nom: Ingoma. Cet ancien royaume est devenu un pays aux tambours sacrés !

DSC 0977Rénovat Ndihokubwayo, directeur du département de la documentation au sein des Publications de presse burndaise (PPB) et ancien chef de service Culture au ministère en charge de la culture, plaide pour l'inscription du «tambour burundais» au patrimoine mondial de l’humanité afin de « le préserver et de le protéger à jamais ».
A la question de savoir si les générations montantes peuvent retenir du tambour burundais un symbole du pouvoir, notre interlocuteur a répondu par l’affirmative. Pour lui, ce qui mérite d’être hissé au niveau de patrimoine mondial de l’humanité n’est pas l’élément matériel, mais la danse au tambour.

Le Burundi veut faire de son tambour un patrimoine de l'humanité

Il a dit que le tambour burundais suscite beaucoup d’admiration lors des différents festivals organisés dans les grandes villes du monde et mérite l’acquisition d’une place de choix sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité.
Pour y arriver, il importe de travailler sur les spécificités du tambour burundais, notamment en mettant en valeur les éléments distinctifs par rapport au reste des tambours du monde
Issu d’un tronc d’arbre taillé en «Umuvugangoma» en langue locale), le tambour est fabriqué à partir d'une peau de taureau (jamais une vache), captive souvent. Il comprend principalement quatre composantes : le pied, le ventre, les chevilles et la peau. D'où son originalité.
L’attraction du tambour burundais remonte aux temps des monarchies d’après l'historien Hakizimana. « Cet instrument était un symbole de pouvoir et de puissance, comme le voulait la tradition burundaise. Il était exclusivement battu, à l’aide de deux baguettes en bois, à la cour royale et chez les grands chefs, de sang royal également». Les acrobaties effectuées par les tambourinaires fascinent et son hurlement donne un son à la fois étrange et apprécié.
Les hommes, jamais les femmes, manipulaient cet instrument, souligne l'historien. Antime Baranshakaje, lui, note que « les femmes pouvaient seulement accompagner les hommes dans la danse. Il leur était interdit même de toucher les deux petites baguettes en bois servant à battre le tambour ».
Le tambour occupe une place de choix dans la culture burundaise. Instrument qui symbolisait pour le Burundi ancien la légitimité royale et la pérennité de la nation, il est associé par les Burundais à un objet sacré et est joué en des circonstances exceptionnelles.

Le Burundi est un pays du tambour sacré

TambourL’Office national du tourisme attache une grande valeur au tambour vue sa valeur touristique et son aspect culturel. « Il fait la fierté du Burundi à l’étranger, et embellit l’image de notre pays », affirme Christophe Kubwayo, directeur général à l’intérim de l’Office national du tourisme. L’histoire du Burundi montre l’importance du tambour à la cour royale au temps de la monarchie. Son omniprésence dans les cérémonies officielles prouve l’attachement des Burundais à cet instrument.
M. Ndikubwayo directeur général a.i de l’Office national du tourisme (ONT) indique que l’une de ses missions est la promotion de l’image du pays à l’intérieur et à l’extérieur du pays. L’inscription du tambour au patrimoine mondial de l’Unesco va renforcer l’appellation, Burundi pays du tambour sacré. Cette accréditation de l’Unesco va donner un éclat de l’image du pays et attirer les touristes. De par le rythme, le tambour burundais est réputé au niveau mondial par son jeu et son rôle social.
Christophe Ndikubwayo indique en outre que le tambour en tant qu’instrument culturel, va faire du milieu où il est joué, un site touristique. Beaucoup de touristes seront attirés par ces sites et les devises vont entrer dans le pays. Les hôtels vont enregistrer des chiffres d’affaires importants et les taxes vont affluer dans les caisses de l’Etat. «Les gens de Gishora vivent aujourd’hui du tambour », affirme M. Ndikubwayo qui souligne le fait que les touristes qui y passent, laissent de l’argent qui contribue à l’essor des communautés locales.
Il n’y a pas de tourisme sans développement communautaire. Les tambourinaires seront intéressés et encadrés pour leur permettre, non seulement de vivre du tambour mais également de promouvoir leur talent pour un rayonnement national et international.
« Le gouvernement s’investit beaucoup pour la promotion du tourisme », confirme Christophe Ndikubwayo. Il a placé le tourisme parmi les secteurs prioritaires, de nouveaux textes de réglementation du secteur ont été adoptés pour redynamiser son action. La restructuration de l’Office national du tourisme en direction générale, avec des départements en son sein est également un signe éloquent de la volonté de l’Etat de promouvoir le tourisme. Des décrets permettant de se conformer aux lois de la Communauté de l’Afrique de l’Est ont été signés, des sous commissions ont été mis sur pied dans le but de redorer l’image du pays à travers le tourisme.
Le Burundi participe également dans les foires d’exposition au niveau mondial, africain et régional. Dans toutes ces activités visant à vendre l’image du pays, le tambour burundais est mis à l’honneur. Son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco prévue vers la fin de ce mois de novembre ne sera qu’un coup de pousse vers un triomphe mondial du tambour burundais.

Charles Makoto (stagiaire) Yolande Nintunze

 

BUGENYUZI> Lancement officiel de la distribution des ballons dans les écoles primaires et secondaires

Pour la promotion des jeux éducatifs

 

Le ministère de la Jeunesse, des sports et de la culture, en collaboration avec l’organisation internationale dénommée Play international a procédé le mercredi 5 novembre 2014 en commune Bugenyuzi de la province de Karusi à la distribution officielle des ballons de football dans les écoles primaires et secondaires. C’est dans le but de promouvoir les jeux éducatifs.

 

DSC 1120Le sport est un moyen d’éducation sociale. Il contribue à l’entraide mutuelle des membres de la société déterminée et au respect des biens d’autrui. De plus, il permet d’avoir la force d’exécuter les travaux, ce qui engendre la croissance au niveau de la productivité. Le ministre de la Jeunesse, des sports et de la culture, Adolphe Rukenkanya a précisé que 27 600 ballons de football vont être distribués dans les écoles primaires et secondaires de toutes les provinces du pays. Chaque école bénéficiera de deux ou trois ballons.

Des livres seront également distribués

En plus des ballons, M. Rukenkanya a informé que chaque école recevra également des livres qui seront rangés dans les bibliothèques. C’est dans l’objectif de cultiver l’esprit de lecture chez les élèves et écoliers burundais. Ainsi cent trois livres de lecture seront distribués après deux mois dans chaque établissement. Ils seront de catégories différentes de celles des livres distribués auparavant. Un élève qui voudra faire la lecture devra avoir accès à un livre pendant une durée de sept jours. Après ce délai, l’élève ou l’écolier devra remettre le livre. Concernant le choix de la commune Bugenyuzi comme lieu de lancement officiel de cette activité, M. Rukenkanya a précisé que c’est pour juste honorer sa commune natale.
Espérance Ndayikengurutse

 

 

IFB> Conférence de presse

Pour présenter la programmation des activités de fin d’année et les rénovations

 

L’Institut français du Burundi (IFB) a organisé le mercredi 5 novembre 2014 une conférence de presse. L’objectif était de présenter la programmation des activités de fin d’année 2014 et les travaux de rénovation dans cette institution.

 

DSC 3116La directrice déléguée à l’IFB, Helen Foulard, a indiqué que pour la fin de cette année, plusieurs activités vont se réaliser. Ainsi, en novembre, l’Institut français avance au rythme d’une quarantaine de pays de tous les continents avec la 13e édition du mois de film documentaire. Ce programme est proposé chaque année par cet institut à tous les amoureux de l’art audiovisuel. Elle a indiqué que quatre thématiques seront abordées, à savoir le sport ; l’identité et le genre ; des hommes et des lieux et regards du cinéma. Ce sera aussi l’occasion de découvrir en première le nouveau film de Joseph Ndayisenga. Ce mois sera aussi marqué par la 6e édition de la remise du prix littéraire Michel Kayoya qui, tout en valorisant le travail des jeunes auteurs et en faisant connaitre la vivacité de la littérature au Burundi, récompensera la meilleure nouvelle écrite en langue française.
Mme Foulard a fait savoir que l’IFB est heureux d’accueillir un cycle de conférences organisées en partenariat avec le ministère burundais de la Bonne gouvernance et de la privatisation. Ce cycle est intitulé « Amahoro Burundi, vers le dialogue et la culture de paix. » Elle a souligné que ces conférences seront une invitation au débat d’idées à travers des expériences vécues dans d’autres pays ayant connu des déchirements identitaires.

Une bibliothèque numérique pour bientôt

Pour les perspectives de 2015, l’Institut français du Burundi va mettre en place au mois de janvier une culturethèque. Cette dernière est une bibliothèque numérique qui permet aux abonnés des médiathèques du réseau culturel français à l’étranger d’accéder sur place et à distance à des ressources numériques grand public : livres numériques, presse, audiovisuel, etc. L’avantage de la culturethèque est que les abonnés auront accès à des documents qui ne sont pas public, c'est-à-dire qui ne sont pas sur Internet. Mais pour télécharger le document, on devra nécessairement être présent à l’IFB car cela va nécessiter un mot de passe.

FIDES NDEREYIMANA , ORNELLA MUCO (stagiaire)

 

FFB> Recyclage pour entraîneurs des Ligues A et B

L’analyse technico-tactique de la Coupe du monde 2014, parmi les thèmes

Trente-trois entraîneurs des ligues A et B, dont quatre femmes, ont suivi pendant trois jours, du lundi 27 au mercredi 29 octobre 2014, des cours de recyclage. Selon Mohsin Mupenda, directeur technique adjoint au sein de la Fédération de football du Burundi (FFB), les cours étaient, en grande partie, axés sur l’analyse des matches de la Coupe du monde Brésil 2014.

DSC 0764La Coupe du monde 2014 a été marqué par le jeu offensif avec un style de jeu positif qui explique les résultats de 171 buts marqués, ont fait remarquer les deux directeurs techniques burundais et instructeurs de la Confédération africaine de football (Caf), Dominique Niyonzima et Mohsin Mupenda. Le rythme, la vitesse et la puissance, ont-ils poursuivi, ont été plus élevés.
Au cours de cette coupe du monde, les meilleures équipes avaient des joueurs clés sur différents postes et cela a créé une influence déterminante. La tactique principale consistait à utiliser les joueurs dans les positions leur permettant d’apporter le maximum pour leurs équipes. L’organisation était l’une des clés de la réussite, d’où la plupart des équipes ont joué avec deux attaquants et le jeu était construit à partir de l’arrière.

Initier les entraîneurs au nouveau style de jeu

Pour Mohsin Mupenda, le bien fondé de ce recyclage serait la mise au point technico-tactique du football qui connaît de plus en plus des modifications de jeu à chaque moment. Cela permet aux entraineurs de s’adapter au nouveau style de jeu.
Avec l’évolution du football, Mohsin s’est réjoui du fait que les entraîneurs burundais appliquent de plus en plus sur le terrain les différents enseignements reçus. Ce qui explique le meilleur niveau du football burundais. Il a enfin recommandé aux entraîneurs de bien mettre en pratique tous ce qu’ils viennent d’apprendre pendant ces trois jours.
De son côté, Gilbert Kanyenkore dit Yaoundé, entraîneur de Vital’0 et l’un des participants, a exprimé un sentiment de satisfaction car,  le football ne cesse d’évoluer et le recyclage serait un remède pour s’y adapter. Il a salué, comme ses collègues, le rôle joué par la direction technique de la FFB dans la formation des entraîneurs.
M. Kanyenkore s’est également exprimé sur le niveau du championnat de ligue A, qui est actuellement à sa huitième journée. Il a indiqué que c’est l’un des championnats les plus difficiles car toutes les équipes ont presque le même niveau. Il faut pour cela travailler beaucoup et rester prudent, a-t-il conseillé.

Kazadi Mwilambwe

 
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