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Enseignement> Les laboratoires dans les écoles secondaires

Inexistants dans certaines écoles

 

Au secondaire, les élèves bénéficient des cours de Chimie, Physique et Biologie nécessitant des séances pratiques. Malheureusement, dans certaines écoles, ces cours se limitent à la théorie, faute de laboratoires. Ce qui constitue un handicap si ces élèves sont appelés à poursuivre leurs études supérieures dans des facultés utilisant des laboratoires. Cela ressort d’un entretien avec des directeurs d’écoles secondaires intérrogés à ce sujet.

 

100 4854Au passage au lycée communal de Gasenyi en commune urbaine de Gihosha, on constate qu’il n’y a pas signe de laboratoire. « Il n’y a pas de laboratoire par ici. Pas même un seul équipement de laboratoire », nous a déclaré la directrice de ce lycée, Virginie Niyondiko. Pour cela, les élèves doivent se contenter des cours théoriques seulement. Ce qui n’est pas sans conséquence quand ils doivent choisir plus tard des facultés à l’université utilisant des laboratoires.
Quant au lycée Sainte Famille de Kinama, le directeur Alexis Nzeyimana nous a fait visiter une grande salle réservée à cette fin. « Nous planifions de parler aux parents pour qu’un laboratoire soit mis en place bientôt. Il ne serait pas facile aux élèves de continuer d’étudier dans ces conditions », a –t-il souligné. A ce lycée, il y a quelque matériel qui montre qu’un laboratoire est en cours de création.
Il s’est avéré qu’il n’est pas facile de se procurer des produits de laboratoire. Et pourtant, une somme de deux mille francs destinés aux livres et laboratoires est payée par chaque élève.
« Des échecs sont prévisibles dans le futur », a fait savoir Mme Niyondiko. En effet, l’élève terminera ses études secondaires sans une bonne maîtrise du cours. L’enseignant aussi ne fera pas bien son travail par manque de matériel didactique suffisant.
Nos interlocuteurs ont recommandé que des laboratoires soient installés dans les écoles secondaires. Ils aideraient les élèves à bien assimiler la matière apprise en la mettant en pratique.

BLANDINE NIYONGERE

 

 

Sortie des marchandises au port de Bujumbura> Interdite après 18 h

Pour lutter contre la fraude

 

Depuis environ 8 mois, l’Office Burundais des Recettes a décidé de ne plus laisser sortir les marchandises au port de Bujumbura après 18 h. Cette mesure a été prise pour continuer à lutter contre la fraude. Mais les importateurs estiment que l’OBR doit plutôt chercher les stratégies d’encadrer son personnel qui est parfois complice dans ces cas de fraude et laisser les camions sortir même la nuit.

 

OBRDepuis longtemps, la sortie des marchandises au port de Bujumbura était effectuée jusqu’à 20 h. L’OBR aurait constaté que cette sortie était entachée de vices. Parfois, les camions sortaient avec des marchandises volées ou fraudées. C’est ainsi qu’une mesure verbale a été prise, interdisant la sortie des marchandises au-delà de 18 h.
Selon les propos du directeur des Opérations douanières, Félix Nkurunziza, il n’existe pas de note écrite à propos de la réorganisation des heures de sortie des marchandises au port de Bujumbura. L’instruction a été verbale pour permettre aux agents des douanes d’être vigilants et de contrôler les marchandises qui sortent dans des heures tardives.
Il pense qu’aucune plainte n’a été enregistrée de la part des commerçants, étant donné que cette instruction n’est qu’une petite barrière pour lutter contre la fraude. « Après 18 h, celui qui a terminé les formalités douanières s’adresse soit au chef de bureau, au chef de service ou au directeur des Opérations pour demander l’autorisation de sortie des marchandises. Cette autorisation est toujours accordée, a-t-il précisé. Il s’agit d’une petite barrière instaurée pour des raisons de contrôle dans le sens de la lutte contre la fraude », a ajouté M. Nkurunziza.

« Des raisons non convaincantes »

13Pour le vice-président de l’Association des agences en douane et transitaires (Abadt), Philippe Ndikumana, ces raisons de lutte contre la fraude et les vols ne sont pas convaincantes : « la fraude se fait en connivence avec le personnel de l’OBR. Ainsi, elle peut se faire de jour comme de nuit. L’OBR devrait plutôt suivre de près son personnel, l’encadrer et le former pour qu’il soit responsable et rende un service de qualité », a insisté M. Ndikumana. Il ajoute que c’est injuste que les importateurs soient victimes des soupçons des agents complices. Il se demande si réellement l’OBR a confiance en son personnel. Pour lui, il faut que l’OBR prenne des risques en acceptant la sortie des camions, quitte à faire la vérification le lendemain. « Que l’OBR s’organise pour plus d’équité et d’intégrité », a encore dit M. Ndikumana.
Au niveau des raisons qui auraient poussé l’OBR à prendre une décision de changement des horaires de sortie des marchandises au port de Bujumbura, le président de l’Association des commerçants du Burundi (Acobu) , Antoine Muzaneza dit qu’il avait déjà entendu parler des camions qui sortent la nuit avec des marchandises volées ou fraudées. Mais, pour lui, il fallait que l’OBR trouve une autre façon de lutter contre cette fraude sans empiéter sur les droits des importateurs.

Les commerçants n’ont pas été informés de cette instruction

Antoine Muzaneza déplore le fait que son association n’a pas été informée de la décision prise par le service des douanes sur la réorganisation des heures de sortie des marchandises au port de Bujumbura. L’information a circulé de bouche à oreille, et certains importateurs ont été informés au moment du dédouanement de leurs marchandises. Pour lui, il fallait une note écrite et vulgarisée.

La mesure n’accorde aucun avantage aux commerçants

A la question de savoir si cette mesure aurait des avantages, le vice-président de l’Abadt répond : « Je ne constate aucun avantage parce que les douanes ont réduit sensiblement l’horaire de travail qui était proposé. Aujourd’hui, nous sommes limités dans notre action de pouvoir servir nos clients. C’est un frein à la facilitation des affaires ».
Il ajoute que par rapport aux autres administrations douanières de la Communauté est-africaine qui travaillent 24 heures sur 24 heures, le Burundi, surtout l’Office burundais des recettes reste en arrière. Il regrette que les services des douanes contraignent les commerçants à ne pas sortir les marchandises jusque tard dans la nuit.

Les frais d’entreposage constituent des charges supplémentaires

M. Muzaneza indique que cette mesure a un impact sur le coût des marchandises, puisque l’importateur est obligé de payer les frais d’entreposage quand les marchandises logent dans les entrepôts du port de Bujumbura, alors que toutes les formalités douanières sont terminées. Cependant, il indique qu’il n’a pas enregistré aucune plainte de la part des membres de son organisation à propos de ce changement d’horaire de sortie des marchandises.

Impact de cette mesure sur la facilitation des affaires

Pour Philippe Ndikumana, une des conséquences de cette réorganisation des heures de sortie des marchandises est la lenteur de la disponibilité des marchandises sur le marché local. Une autre conséquence est celle des charges supplémentaires qui influent sur le coût des marchandises à cause des frais de stokage et de gardiennage pour une journée ou une nuit supplémentaire.
M. Ndikumana également parlé des charges supplémentaires qui pèsent sur le sous-emploi des agences en douane qui devaient normalement s’occuper des formalités de la sortie des camions entre 18 h et 20 h.
Pour lui, ces charges n’affectent pas uniquement les agences en douane. Elles affectent aussi les autres intervenants de la chaine logistique de dédouanement, notamment les transporteurs, les manutentionnaires pour le chargement à l’intérieur du port, et les manutentionnaires pour le déchargement chez le propriétaire de la marchandise.

« Laisser les importateurs travailler au-delà de 18 h »

Le vice-président de l’Abadt dit que cette mesure devait être levée pour laisser les gens sortir leurs marchandises du port au-delà de 18 h, surtout que ce sont les innocents qui sont victimes : « Etant donné que les innocents sont victimes de ceux qui font la fraude, je propose à l’OBR de laisser les commerçants travailler jusqu’à 20 h ou aller au-delà, pourquoi pas ? ».
M. Ndikumana dit que par ailleurs, ils subissent une décision irrégulière puisque non écrite et exige qu’il y ait un écrit pour l’exécution de cette mesure.
A propos de cette mesure qui reste verbale, il indique que son organisation va exposer ses doléances à travers le Comité paritaire, aussitôt qu’il sera fonctionnel.
Il demande à l’OBR de s’aligner aux autres administrations douanières de la sous-région dans le cadre de la facilitation des affaires, en mettant en place un cadre d’échange régulier avec ses principaux partenaires qui sont les agences en douane et les transitaires sur d’éventuels problèmes pouvant entraver le bon déroulement des affaires et des opérations économiques.
Pour lui, parfois la lenteur dans les vérifications des marchandises et des documents au port de Bujumbura revient au personnel de l’OBR. « Il ne faudrait pas que les commerçants soient pénalisés alors que la responsabilité revient à l’office », insiste-t-il. Il a alors recommandé à l’office de mettre en place un personnel compétent, expérimenté, et de renforcer régulièrement les capacités de son personnel.

« Une mesure qui avantage également les importateurs »

Le directeur des Opérations douanières, Félix Nkurunziza dit que les stratégies de lutte contre la fraude doivent être multipliées. Cela parce que 80 % des cas de fraude attrapés ont été commis la nuit, c'est-à-dire quand il fait déjà noir et quand certains partenaires, comme les informateurs sont déjà rentrés. M. Nkurunziza dit qu’il faut continuer à surveiller ceux qui sortent les marchandises, surtout la nuit, sans oublier d’autres stratégies.
Pour lui, cette mesure ne sécurise pas uniquement l’OBR, mais elle sécurise aussi les commerçants. Ces derniers peuvent être attaqués par des bandits lors du déchargement qui se fait tard la nuit, a-t-il ajouté.
Floride Ndakoraniwe

 

MASTER COMPLEMENTAIRE EN JOURNALISME > Remise de diplômes à la quatrième promotion

Les compétences et le professionnalisme des journalistes sont très sollicités

 

Vingt lauréats de la quatrième promotion du master complémentaire en journalisme ont reçu leurs diplômes le mercredi 25 mars 2015. Ces cérémonies ont été une opportunité de parler des résultats atteints à travers ce programme et des perspectives d’avenir.

 

DSC 1960Le master en journalisme a débuté en 2010 à l’université du Burundi et vise globalement la formation des professionnels des médias de manière appropriée et adaptée au marché de l’emploi. A l’occasion de la remise des diplômes à la quatrième promotion, les différents intervenants notamment le responsable dudit programme, le recteur de l’Université du Burundi, le représentant des lauréats sont revenus sur l’importance de cette formation dans le contexte du pays. « Ce master est bel et bien une occasion qui nous est donnée pour relever les défis liés au métier du journalisme ici chez nous comme ailleurs.», a indiqué le recteur de l’Université du Burundi, Gaspard Banyankimbona. Il a souligné que dans le contexte burundais, les compétences et le professionnalisme des journalistes sont très sollicités pour un accompagnement du pays dans sa réconciliation et partant dans sa reconstruction économique pour un développement durable.

Qu’un effectif important bénéficie d’une formation doctorale

Le représentant des lauréats a abondé dans le même sens que le recteur. « La formation que nous avons reçue est pertinente et très importante dans notre vie professionnelle et sociale. Chacun de nous devrait normalement avoir le grenier sur le plan pécuniaire, ce qui n’est pas certain compte tenu de la santé financière des médias burundais.», a souligné Donatien Nsengiyumva. Les responsables du programme de master complémentaire en journalisme se sont réjouis qu’il y ait déjà trois lauréats qui suivent une formation doctorale. Le souhait des lauréats est qu’un effectif important puisse bénéficier de cette opportunité pour doter le Burundi de ressources humaines suffisantes en quantité et en qualité.
L’ambassadeur du Royaume de Belgique au Burundi a encouragé les programmes de master en journalisme et en droit de l’Homme et résolution des conflits, programmes qu’il considère liés. « Ce sont deux aspects des droits humains car, avoir des droits veut dire aussi avoir des connaissances, et pour avoir des connaissances, il faut avoir une presse digne», a-t-il dit.
Grâce-Divine GAHIMBARE

 

Filière café au Burundi> Etat des lieux et des réformes

Le phénomène de cyclicité est la cause de la chute tendancielle de la production du café

 

Lors d’un atelier qui a été organisé par l’Inter Café, en collaboration avec l’Arfic et les acteurs œuvrant dans le secteur de la filière café, cela a été une opportunité de montrer l’état des lieux de la filière café au Burundi. L’équipe technique qui a élaboré un document sur l’évolution du café au Burundi a expliqué que les vingt dernières années correspondent à une chute tendancielle de production du café.

 

Lors de son exposé, le directeur technique de l’Arfic a indiqué que la production moyenne des cerises de café au cours des cinq dernières années est estimée à environ 96 000 tonnes, soit 15 000 tonnes environ de café vert - dont environ 50 à 60 % sont pleinement lavés (fully washed). La production moyenne des cerises de café par arbre est d'environ 0,8 à 1 kg. Ce qui est bien en deçà des rendements de 3,0 à 5,0 kg observés dans d'autres zones de culture du café. Cette production qui varie aussi considérablement d’une année à l’autre est due notamment à la cyclicité de production du verger. Le phénomène de cyclicité était peu connu auparavant. En effet, il a souligné que ce phénomène est devenu de plus en plus prononcé, signe véritable d’essoufflement de la caféière. L’une des causes est le vieillissement du verger national dont 28% des arbres ont plus de 30 années d’âge. Pour lui, ces chiffres suivants montrent l’amplitude de la variation de production durant les deux dernières décennies : 34 000 tonnes en 1990-1991 : 41 000 tonnes (récolte record) en 1994-1995 ; 5 000 tonnes (chute record) en 2003-2004, et 15 000 tonnes en 2013-14.

Le processus des réformes a connu des retards

En raison de la guerre civile et du défi de reprise ultérieure, le processus de réformes a connu des retards, notamment pour la privatisation des actifs de l’Etat dans la filière. Dans le cadre de la poursuite des réformes de la filière café, le gouvernement du Burundi a adopté en 2008 une stratégie de privatisation de tout son outil industriel assortie d’un nouveau dispositif institutionnel pour la filière. La vente des stations de lavage gérées par les Sogestal et l’autorisation de la construction de nouvelles stations de lavage par des investisseurs privés se poursuit jusqu’à arriver à une libéralisation totale. L’Etat détient encore 96 stations sur un total de 198. Il est prévu que les producteurs participent au capital des 118 SDL déjà privatisées ou à privatiser. Pour ce qui est du déparchage, on compte aujourd’hui neuf usines de déparchage en opération avec une capacité supérieure à la production nationale. Ces usines sont toutes privées, sauf celle de Buterere. Il est prévu que cette usine soit vendue par appel d’offres. Le gros de la capacité d’usinage est détenu par des groupes multinationaux. Aujourd'hui, le gouvernement est désireux de parachever le programme de réformes par l’organisation de la troisième phase de privatisation (environ soixante-dix-sept stations de lavage et l’usine de déparchage de Buterere). L’émergence des associations de producteurs de café qui sont déterminées à prendre part à la privatisation ajoute une dimension politico-économique au processus de réformes. Une évaluation récente par la Banque mondiale de l'impact social des réformes a conclu que les deux premières phases de privatisation ont eu un impact globalement positif sur les revenus et le bien-être des producteurs de café concernés.

Appolinaire Nimubona

 
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