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BUREAU DE L’OMBUDSMAN> Conférence nationale

Personne n’est autorisé à ôter la vie à l’autre

L’Institution de l’Ombudsman a organisé, le vendredi 8 mai 2015, une conférence nationale de validation des recommandations issues des foras des ligues des jeunes affiliées aux partis politiques. Dans son discours d’ouverture, le médiateur burundais Mohamed Rukara, est revenu sur la situation préoccupante où on observe des actes de violence. A titre illustratif, l’ombudsman a indiqué qu’une personne a été brulée vive ; des civils, des policiers et des militaires tués ; des véhicules et des maisons incendiés.

 

IMG 0902Après une minute de silence en mémoire des victimes des récentes violences consécutives aux manifestations, l’ombudsman burundais a indiqué que le droit à la vie est le tout premier parmi les droits de l’être humain. « Personne n’est autorisé à l’ôter à l’autre. Nous en appelons à l’appareil judiciaire pour prendre les mesures appropriées » ; a-t-il dit en substance.

Rejeter la violence
Pour l’ambassadrice des Etats-Unis au Burundi Dawn Liberi, il y a dix ans que le Burundi a émergé d’une guerre civile. Il est important pour tous les Burundais, le gouvernement et l’opposition, les militaires et les civils, les partis politiques et les médias, les jeunes dans les mouvements politiques et les anciens combattants de rejeter la violence.
Dans pareille situation, il sied pour les jeunes de s’abstenir de tout acte, y compris les discours de haine, la violence ou toute autre provocation qui pourrait nourrir un climat de peur et d’instabilité. Elle a indiqué que le succès des élections dépendra en grande partie des Burundais. « Vous devez toujours vous détourner des messages qui sont divisionnistes et des actions qui vous détournent de la voie de la construction de la paix et de la prospérité », a-t-elle conseillé.
Sortir de la crise alimentée par la méfiance
Pour l’ambassadeur des Pays-Bas au Burundi, Oppewal Jolke Folkert le Burundi a actuellement plus besoin d’une médiation pour sortir d’une crise alimentée par la méfiance. Il dit être confiant que les jeunes peuvent contribuer à la résolution pacifique de la crise actuelle. « Nous sommes témoin de la montée de la violence ici à Bujumbura. La population vit avec la peur au ventre, les magasins et les écoles sont fermés. Des grenades sont lancées ici et là et une personne a été brulée. Ça ne peut pas continuer comme ça », déclare l’ambassadeur hollandais.
« Mes ministres ont déjà fait un appel à toutes les parties prenantes pour renoncer à la violence et à rechercher ensemble le dialogue. Ce n’est pas facile de renverser un cycle de violence qui s’alimente à base de sentiment de revanche, de peur et de compétition pour le pouvoir à tous les niveaux », a enfin informé le diplomate hollandais.
Charles Makoto

 

Manifestations a Bujumbura> Les activités commerciales dans les quartiers

Elles sont paralysées

Certaines activités ont été paralysées dans les quartiers frontaliers avec ceux qui participent aux manifestations. Les boutiques ouvrent comme d’habitude mais avec peu de denrées à l’intérieur. Un boutiquier contacté à ce sujet nous fait le point sur la raison de cette pénurie.

100 5209Pendant cette période où l’on ne cesse de voir des manifestations dans certaines localités de la capitale, les quartiers qui n’y ont pas participé en subissent les conséquences d’une manière ou d’une autre. Les boutiques sont évidemment ouvertes. Mais il est difficile d’y trouver tout ce dont on a besoin. A la question de savoir pourquoi il ne s’approvisionne pas pour remplir sa boutique, S.M, un boutiquier de Kamenge a fait savoir que même les clients sont réticents lorsqu’ils font leurs achats. « D’abord, ces jours ci, les gens achètent en gros. Ils font des stocks. Ce qui fait que celui qui achète aujourd’hui revient dans deux semaines. Certains prennent même les marchandises à crédit et mettent du temps à payer. Sans oublier que les clients se plaignent de la montée des prix », a-t-il souligné.
En plus, certains de ceux qui nous approvisionnent vivent dans les quartiers touchés par les manifestations. Ce qui les empêche d’accéder, avec leurs marchandises, aux quartiers sécurisés. « Cela fait que nous nous retrouvons isolés dans le domaine du commerce qui suppose les échanges. Mais, si nous ne pouvons pas aller loin pour nous approvisionner, il est difficile pour nous de bien accomplir notre tâche. Sans oublier que ces mouvements peuvent surgir d’un moment à l’autre et saccager nos biens », s’est plaint notre interlocuteur.
S.M. a recommandé que le calme revienne dans ces quartiers touchés. « Certains de nos clients se trouvent dans ces quartiers et n’ont pas accès à nos boutiques », a-t-il ajouté. Pour lui, il est évident que les gens ne sont pas calmes. Il a enfin souhaité que les activités reviennent à la normale pour l’intérêt de tout un chacun.
Blandine Niyongere

 

Ex-marche central de Bujumbura> Parkings des bus

Ils ont temporairement déménagé pour des raisons de sécurité

Les conducteurs de bus de transport qui avaient l’habitude de garer leurs véhicules aux parkings de l’ex-marché central de Bujumbura ont forgé de nouveaux parkings entre la Régie nationale des postes et le Palais des arts. Cette initiative a été prise à la suite des manifestations qui s’observent dans certaines communes urbaines de la municipalité de Bujumbura. Le réaménagement de ces nouveaux parkings est pour faire face à la sécurité au centre ville. Ils pourront regagner les anciens parkings dès los que la situation se normalise.

DSC08055Les parkings des bus de l’ex-marché central de Bujumbura ont temporairement déménagé depuis la dégénérescence des manifestations contre la troisième candidature du président Pierre Nkurunziza. Le quotidien Le Renouveau l’a observé, le vendredi 8 mai 2015, lors de son passage à cet endroit.
Ce déménagement n’est pas sans conséquence dans la mesure où les passagers sont parfois désorientés. Ces derniers éprouvent d’énormes difficultés pour retrouver là où sont garés les bus qui fréquentent divers quartiers de la municipalité de Bujumbura en l’occurrence Buyenzi, Kamenge, Bwiza,… Les bus desservant le quartier Gasenyi stationnent non loin de l’immeuble Ndamama House.

Certains passagers se trompent de destination
Il n’est pas rare par exemple de voir certains passagers s’embarquer à bord des bus qui empruntent les quartiers nord de la capitale au lieu d’entrer dans les bus en direction de la zone Gatumba ou vice-versa. Certains passagers sont alors obligés de descendre à mi-parcours. Comme conséquence, ils sont obligés de payer les frais de transport y afférents avant de rebrousser chemin pour rattraper les bus allant vers leur destination. Arrivés aux nouveaux parkings, ils prennent soin de demander la destination du bus. Ils sont ainsi contraints de débourser une autre somme.

Des rabatteurs pour orienter les passagers
A la suite de cette situation malencontreuse, les conducteurs viennent de prendre des précautions. Celles-ci sont liées à l’existence des rabatteurs qui reçoivent un peu d’argent de la part des conducteurs de bus.
Quand ces rabatteurs voient un client venir, ils lui demandent sa destination et le conduisent au parking approprié. Ce qui permet aux passagers d’éviter le stress lié à la confusion des bus desservant tel ou tel quartier. Le même scénario est observé auprès des rabatteurs œuvrant non loin de chez Ndamama House.
Interrogés, les conducteurs de bus disent que la police leur a interdit de fréquenter les parkings habituels pour des raisons de sécurité. Toutefois, ils les regagneront aussitôt que les manifestations auront cessé. Ils espèrent que cet état de choses ne va pas perdurer. C’est pour cette raison qu’ils demandent aux hommes politiques de s’entendre pour plus d’ordre dans la capitale.
Mais toujours est-il que les bus de transport viennent à compte-gouttes.
Masta Shabani

 

SECURITE> Zone de Gatumba

Deux émissaires du commandant du camp Infanterie apaisent les esprits

Deux émissaires du commandant du camp Infanterie de Gatumba ont conjointement tenu une réunion en vue de demander la population de rester sereine malgré ce qui se passe dans la municipalité de Bujumbura. Cette réunion est la deuxième après celle qui a eu lieu le mercredi 28 avril 2015. Toutes les deux réunions ont pour objectif de tranquilliser la population de Gatumba suite aux manifestions contre la troisième candidature du président Pierre Nkurunziza.

DSC08032Le major Jacques Bukuru, en collaboration avec le conseiller du quartier Mushasha II, Zabulon Minani, a tenu le 4 mai 2015 une réunion de sécurité dans la zone Gatumba pour tranquilliser la population. En effet, suite aux manifestions contre la troisième candidature du président Pierre Nkurunziza, la population peut être désorientée.
Selon lui, l’armée et la police en poste à Gatumba feront de leur mieux pour maintenir la paix et la sécurité dans la circonscription de leur ressort. Il a auparavant félicité la population de Gatumba sur le comportement qu’elle affiche allant dans le sens du maintien de la paix et de la sécurité. Il l’a remerciée pour sa cohésion sociale. Il a fait remarquer que la zone Gatumba est parmi les rares zones où l’on voit un mouvement de va-et-vient intense. C’est pourquoi le major Bukuru a demandé à la population de collaborer avec l’administration et les forces de sécurité en dénonçant tout mouvement suspect.
Il a en outre demandé aux habitants de Gatumba de vaquer normalement à leurs activités. Il les a exhortés à donner un bon exemple en faisant la sourde oreille aux rumeurs qui pourraient les déstabiliser. Il espère que les politiciens parviendront tôt ou tard à une solution consensuelle.

Rester une terre de refuge
Le capitaine Ismaël Sinzinkayo a abondé dans le même sens que le major Jacques Bukuru. Il souhaite que la zone Gatumba reste une terre de refuge pour les déplacés qui ont peur des manifestations qui sont organisées dans la capitale Bujumbura. La population de Gatumba doit cohabiter à la manière dont les associations fonctionnent. Elle doit avoir à l’esprit qu’une personne qui perd son vélo est dans la même situation qu’une personne qui perd son camion ou sa voiture.
Pour lui, un malfaiteur tel qu’un voleur, un bandit, un criminel, n’a pas de couleur. Il faut, à cet effet, éviter d’être complice en voulant protéger un malfaiteur en arguant qu’il est de Votre camp. « Que chacun cherche son intérêt tout en préservant les intérêts des autres. Toute chose qui viendrait à l’encontre de la paix et de la sécurité doit être combattue », a-t-il recommandé.

Consolider la paix et la sécurité
Le conseiller de Mushasha II, Zabulon Minani, avait, peu avant, annoncé l’objectif de la réunion. D’après lui, il était question de consolider la paix et la sécurité à Gatumba. Et de préciser que les réunions ont toujours permis à la population de Gatumba de préserver la paix et la sécurité pendant les moments les plus graves de l’Histoire du Burundi. C’est pour cette raison que la zone Gatumba est considérée comme « un paradis ». Il a demandé que les problèmes provoqués par la société civile et les partis politiques burundais n’arrivent pas à Gatumba. Pour lui, il ne faut pas que les partis politiques divisent la population de Gatumba. Les habitants de Gatumba doivent vivre comme les confessions religieuses cohabitent. Car, a-t-il remarqué, les catholiques, les protestants et les musulmans s’entendent bien. « Que les gens qui proviennent de la capitale en direction de la République démocratique du Congo via Gatumba ne puissent pas décourager les habitants de cette zone. » Il a demandé à toute la population de Gatumba de rester soudée en renforçant les comités mixtes de sécurité.
La population qui a pris la parole a déploré l’absence de représentants de la police de sécurité publique dans cette réunion. D’après les intervenants, c’est cette dernière qui devrait être le plus engagée dans la protection de la population.

Masta Shabani

 

 
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