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GESTION DU RISQUE DANS LA MICROFINANCE> Interview de la directrice générale de «Dukuze Microfinance»

« Il n’y a pas de mauvais payeurs, il y a de mauvais prêteurs »

Toute institution de microfinance désireuse de mener efficacement la conduite de ses activités se doit de mettre en place un dispositif de gestion des risques propre à réduire la défaillance de ses clients dans le remboursement de leurs crédits, a dit la directrice générale de « Dukuze Microfinance», Nadia Kamikazi, dans une interview qu’elle a bien voulu accorder au quotidien « Le Renouveau du Burundi ». Elle a précisé qu’à cet effet, l’institution prêteuse doit bien faire l’étude du dossier de crédit ainsi que le suivi du remboursement. Interview.

Le Renouveau (L.R.) : Que diriez-vous de l’assertion selon laquelle distribuer le crédit revient à gérer le risque ?

Nadia Kamikazi (N.K.) : La prise de risque est au cœur de l’activité de prêt de toute institution de microfinance. Celle-ci ne doit cependant pas chercher à supprimer l’ensemble des risques auxquels elle fait face, elle doit plutôt mettre en œuvre un processus vertueux de gestion du risque. Ce processus repose sur trois aspects, à savoir, l’identification des risques auxquels l’institution est amenée à faire face dans la conduite de ses activités ; la conception et la mise en œuvre de systèmes de contrôle adaptés et efficaces et le suivi permanent du degré d’efficacité des systèmes de contrôle mis en place et leur amélioration continue.
Pour le cas de « Dukuze Microfinance», on a un manuel de gestion et de contrôle interne qui nous permet de faire un suivi permanent et régulier. Afin de protéger son patrimoine, de garantir un niveau élevé de la qualité de son portefeuille de crédit et d’assurer une gestion adéquate des fonds qui lui sont confiés, «Dukuze Microfinance» a adopté un dispositif de gestion des risques qui repose sur la mise en place d’un système de contrôle interne fonctionnel et l’engagement d’une politique de transparence pour faciliter la surveillance de ses activités.

L.R. : La mission d’inclusion financière des personnes à faibles revenus est-elle vraiment compatible avec le souci d’efficience de la gestion du risque ?

N.K. : Pour mieux répondre à votre question, il sied de rappeler la définition de la microfinance. Celle-ci désigne les dispositifs permettant d’offrir de très petits crédits (microcrédits) à des familles très pauvres pour les aider à conduire des activités productrices (ou génératrices) de revenus, leur permettant ainsi de développer leurs petites entreprises. Dans ce sens, la microfinance ne se limite plus aujourd’hui à l’octroi de microcrédits aux pauvres, mais bien à l’offre d’un ensemble de produits financiers à tous ceux qui sont exclus du système financier formel. Ainsi, la microfinance développe des relations de partenariat capables d’assurer la pérennité des résultats obtenus par le microcrédit.
Je répondrais donc à votre question par l’affirmative dans la mesure où, pour le cas spécifique de « Dukuze Microfinance », on donne aux personnes à faibles revenus des crédits de groupe avec comme garantie la caution solidaire. Pour réduire le risque de défaillance de ses clients dans le remboursement de ces crédits de groupe, « Dukuze Microfinance » a mis en place un certain nombre de dispositions dans la conception du crédit de groupe, le choix de ses bénéficiaires, le processus d’octroi et la gestion de la défaillance. Entre autres outils de limitation des risques du crédit de groupe mis en place par «Dukuze Microfinance», il y a l’exigence pour les clients de la caution solidaire, celle d’avoir au préalable une activité génératrice de revenus ainsi qu’une expérience d’au moins 6 mois dans cette activité, la limitation du montant de crédit par cycles, un suivi rigoureux du remboursement du crédit, une politique de formation rigoureuse des clients bénéficiaires des crédits doublée d’une application de mesures réactives dans le recouvrement des crédits en retard, et enfin une analyse approfondie et stricte des demandes de crédit.

L.R. : Auriez-vous décelé une relation de causalité entre l’appartenance d’un client à la catégorie des personnes à faibles revenus et son insolvabilité ?

N.K. : Comme on le dit, il n’y a pas de mauvais payeurs, il y a de mauvais prêteurs. Le non remboursement d’un crédit ou le risque de crédit se réalise lorsque la procédure d’octroi de crédit (critères d’éligibilité, étude des dossiers de demande de crédit, chaîne d’approbation, etc.) n’est pas scrupuleusement respectée et lorsque les actions de suivi et de recouvrement ne sont pas correctement menées (faible compétence du personnel technique en charge de la gestion du portefeuille, supervision inefficace des activités au niveau des agences, collusion entre les agents de crédit et les responsables membres des groupes, etc.).
Ce n’est donc pas parce que le client est pauvre qu’il ne rembourse pas le crédit, le tort revient plutôt à l’institution prêteuse qui a fait mal l’étude du dossier de demande de crédit et le suivi du remboursement.

Propos recueillis par
Eric Mbazumutima

 

ASSEMBLEE NATIONALE> Questions orales adressées à la ministre de la Santé publique et de la lutte contre le sida

Pour savoir les voies de sortie pour lutter efficacement contre la malaria

01aL’Assemblée nationale a adressé, le jeudi 23 février 2017, les questions orales à la ministre de la Santé publique et de la lutte contre le sida, Josiane Nijimbere. L’objectif de ce débat était de se rendre compte de l’état des lieux de la malaria qui s’observe dans le pays depuis plusieurs mois. La persistance de cette maladie inquiète le parlement, c’est pour cette raison qu’il a voulu savoir les voies de sortie.

Depuis plusieurs mois, dans le pays, il s’observe un effectif très élevé de cas de malaria dans tout le pays surtout à l’intérieur du pays. C’est pour cette raison que l’Assemblée nationale a invité la ministre de la Santé publique et de la lutte contre le sida afin qu’elle donne des éclaircissements à ce sujet. Mme Nijimbere a fait savoir que les causes de l’augmentation de cette maladie sont dues au changement climatique. Elle a indiqué que dans les derniers mois de 2016, on a observé une légère diminution de cette maladie, c'est-à-dire une diminution de 20%. Et suite à cette situation, le ministère et ses partenaires vont adopter des mesures pour lutter efficacement contre cette maladie. Ainsi, les parlementaires ont voulu savoir pourquoi le ministère n’a pas déclaré cette maladie comme une épidémie alors que les effectifs de malades de la malaria continuent à augmenter. Elle a répondu qu’il est vrai que depuis 2015, la malaria a augmenté sensiblement mais suite à une légère diminution qui s’est observée, le ministère a opté d’attendre pour voir si dans cette année, il y aura une amélioration remarquable. Toutefois, si la maladie persiste, le ministère est prêt à déclarer la malaria comme une épidémie et il va faire un traitement de masse.
Les parlementaires ont demandé pourquoi il y a certains centres de santé privés qui n’acceptent pas les cartes d’assistance médical (Cam) alors que ces derniers aident les citoyens à se faire soigner. La ministre Nijimbere a répondu que tous les centres de santé privés et qui ont des partenariats avec l’Etat doivent suivre les normes du gouvernement dont la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes ainsi que l’utilisation de la Cam.
Ainsi, les parlementaires ont des inquiétudes qu’il y a un lien entre la pandémie de la malaria et la famine qui s’observe dans le pays. Le ministre a répondu qu’un corps faible connaît des perturbations et plusieurs maladies peuvent profiter de cette faiblesse. Mais cela n’explique pas que c’est la famine qui cause la malaria surtout que l’agent pathogène de cette maladie est connu.
La transfusion sanguine, domaine très
sensible
La commission des parlementaires chargée des Affaires sociales, du genre, du rapatriement, de l’égalité des chances et de la lutte contre le sida a posé la question de savoir la situation actuelle du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) étant donné que dans les années passées, ce centre a connu des problèmes. Mme Nijimbere a répondu qu’actuellement ce centre se porte très bien et la récolte est très bonne. Mais comme c’est un domaine très sensible, des sensibilisations à l’endroit de la population s’avèrent nécessaires. C’est pour cette raison qu’elle a interpellé les parlementaire d’aider à la sensibilisation pour que les citoyens comprennent la nécessité de donner du sang. Car même si le centre va disposer du matériel nécessaire pour la collecte du sang, il faut qu’il y ait des personnes pour le donner.

Fidès Ndereyimana

 

 

Ombudsman> Retour d’une mission de travail à l’extérieur du pays

A la fin de sa mission, il est rentré avec quelques acteurs politiques burundais

00001aL’Ombudsman du Burundi, Edouard Nduwima, est rentré le lundi 20 février 2017 d’une mission qui l’a conduit en Afrique du Sud où il a rencontré les autres ombudsmans et médiateurs africains, et en Tanzanie où il a participé au dialogue inter burundais organisé par le facilitateur William Benjamin Mkapa. Edouard Nduwimana est rentré avec quelques acteurs politiques qui venaient de passer quelques années à l’étranger de peur que la sécurité serait insuffisante dans le pays.
Dans sa première mission, Edouard Nduwimana a participé dans une réunion du conseil d’administration du Centre de recherche des ombudsmans et médiateurs d’Afrique. Selon M. Nduwimana, comme il est nouveau dans ces fonctions, c’était une occasion pour lui de rencontrer les autres ombudsmans d’Afrique pour échanger sur les questions de coopération entre leurs institutions. Ainsi, il a rencontré le médiateur du Burkina-Faso, celui de l’Angola, l’ombudsman de l’Afrique du Sud et d’autres. Ils ont échangé sur des questions d’intérêts communs, dit-il. Après cette mission, il a répondu à l’invitation du facilitateur William Benjamin Mkapa pour participer au dialogue inter burundais, où y avaient participé certains partis politiques et certains acteurs politiques, pour échanger sur la question des conflits burundais.

Appréciation de l’ombudsman
M. Nduwimana dit qu’il a apprécié la manière dont le dialogue s’est déroulé. En effet, tout le monde s’est engagé à bannir les moyens de violence come mode d’accession au pouvoir et s’est engagé à privilégier la voie de dialogue. Sa satisfaction se justifie également par le fait qu’après le dialogue, dit-il, « nous sommes rentrés avec certains politiciens qui s’étaient exilés à l’étranger. C’est donc une opportunité pour remercier tous ceux qui ont contribué pour que ces politiciens puissent rentrer, notamment les partis politiques et les autres qui l’ont fait à travers les conseils. C’est une occasion aussi de demander à tous les Burundais qui se sont exilés, surtout les politiciens, de retourner dans leur pays pour savourer les bienfaits de la paix dans notre pays. Nous souhaitons la bienvenue aux politiciens qui viennent de rentrer et demandons aux autres de se décider pour rentrer. Nous voudrions vous rassurer qu’il y a d’autres qui sont derrière, il y a même certains pour qui nous avons amené quelques effets pour qu’ils puissent rentrer aisément ». M. Nduwimana appelle tous les autres Burundais à rentrer pour aider les autres et contribuer dans le développement socioéconomique de ce pays. Alice Nzomukunda, l’un des politiciens qui sont rentrés, nie qu’elle s’était exilée mais avait eu peur de la situation qui prévalait au Burundi. Elle dit qu’elle effectuait des voyages à l’étranger quelques fois avant. Ainsi, avec cette occasion du dialogue qui leur a été offerte, elle a échangé avec les autorités au pouvoir et les gens qui habitent au Burundi. Elle et ces autres ont ainsi montré leur nostalgie de revenir au Burundi. « Ils nous ont rassurés, ils nous ont dit, venez, faites un petit saut pour quelques jours, et rendez vous compte de la situation qui prévaut ; à partir de là, vous pourriez décider de rentrer et continuer à vaquer à vos occupations comme vous le faisiez avant, en sachant que vous pouvez venir comme vous le voulez », dit Alice Nzomukunda. Celle-ci est rentrée avec Joseph Ntidendereza et Mathias Basabose.

Alfred Nimbona

 

COMMUNE GIHANGA> Distribution des semences pour la saison culturale B par la famille présidentielle

Il a été demandé à la population de Bubanza d’exploiter les ressources naturelles en pratiquant l’irrigation

000a11 2Représentée par l’épouse du chef de l’Etat, Denise Nkurunziza, la famille présidentielle a procédé à la distribution des semences pour la saison culturale B à la population de la commune Gihanga de la province de Bubanza, le lundi 20 février 2017. Il a été demandé à la population de Bubanza d’exploiter les ressources naturelles en pratiquant l’irrigation.

La population de la commune Gihanga de la province de Bubanza n’a pas récolté pour la saison culturale A suite à la sécheresse qui a ravagé toutes les cultures. C’est dans ce cadre que la famille présidentielle, représentée par Mme Nkurunziza, a distribué des semences à la population de la commune Gihanga, victime de la sécheresse. Ces semences étaient composées de deux tonnes de maïs, trois tonnes de haricots, vingt sacs de boutures de maniocs et cent vingt bottes de boutures de patates douces.
Mme Nkurunziza a commencé ses activités sur le champ d’un habitant de Gihanga où elle a prié pour ces semences et pour la saison culturale B dans tout le pays. « Planter est l’acte de l’homme mais faire germer, grandir et arriver à maturité c’est l’œuvre de Dieu, a dit Mme Nkurunziza ». Après la prière, la 1ère Dame du pays a ouvert les activités en semant les patates douces, les maïs, les maniocs et les haricots.
Dans son mot d’accueil, le gouverneur de la province de Bubanza Tharcisse Niyongabo a souhaité la bienvenue à Mme Nkurunziza dans la province de Bubanza. Il a remercié vivement la famille présidentielle pour les semences apportées à la population de la commune Gihanga. Ces semences ont été trouvées dans les champs de la famille présidentielle, ce ne sont pas des semences achetées au marché, a dit M.Niyongabo. Il a demandé à la population de Bubanza de changer de mentalités afin de s’adapter aux conditions du moment. Au nom de la famille présidentielle, Mme Nkurunziza a rappelé que la population de Bubanza vit dans de mauvaises conditions suite à la sécheresse. C’est ainsi que la famille présidentielle a alors jugé bon de lui apporter des semences. Elle a fait savoir que Dieu a béni tous leurs champs qu’ils ont cultivés, raison pour laquelle ils ont voulu eux aussi donner une partie aux autres qui n’en ont pas.

La récolte pour la saison culturale B sera bonne.
Mme Nkurunziza a tranquillisé la population de Bubanza que la récolte sera bonne pour la saison culturale B. Le pays a beaucoup perdu suite à la pénurie de pluie dans cette plaine de Bubanza qui était le grenier du pays. Dans les jours passés, vous avez aidé les autres, raison pour laquelle vous êtes en train de goûter aux fruits de bons actes posés, a-t-elle dit. A tous les burundais, Mme Nkurunziza leur a demandé de continuer à garder cet esprit d’entraide mutuelle.
Ce qui est arrivé à la population de Bubanza et d’ailleurs devrait servir de leçon. Mme Nkurunziza a profité de cette occasion pour demander à la population de Bubanza d’exploiter les ressources naturelles en irriguant les champs à l’aide des cours d’eau les plus proches. Elle a conseillé à la population de Bubanza de faire travailler la jeunesse y compris les élèves pendant le week end.
Aux hommes de Bubanza, Mme Nkurunziza leur a demandé de louer des parcelles à cultiver suite à l’exigüité des terres une fois qu’ils trouvent de l’argent. A ceux qui ont des semences, elle leur a demandé d’en donner à ceux qui n’en ont pas, car donner, apporte des bénédictions. Mme Nkurunziza a terminé en demandant à Dieu Tout Puissant de bénir les actes posés par la population de Bubanza.

Martin Karabagega

 
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