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13 Avril 2018> Quarantième anniversaire du Quotidien « le Renouveau »

Je me souviens…….

 

IMG 4013« Le Renouveau » parut pour la première fois un matin du 13 avril 1978, c’était dans  l’euphorie des grands projets de la toute  nouvelle Deuxième République. 

 

Jusqu’à ce jour, on n’avait qu’un  hebdomadaire en français et en kirundi       « Ubumwe ». Il y avait également  un  bulletin d’information ronéotypé et quotidien «  Flash Infor ». Penser donc à  un journal quotidien semblait une  gageure. Mais c’est un défi qui a été relevé car ce  quarantième  anniversaire  arrive avec la parution de son 9 852e numéro…Les  débuts, comme  ceux de tout projet,  furent  difficiles. J’avais été engagé au journal hebdomadaire « Ubumwe » en 1974». C’est donc tout naturellement que  quand naquit «  Le Renouveau », j’intègre  son équipe de réalisation, un travail difficile et de longue haleine, surtout les premiers jours. C’était un  travail auquel on n’était pas habitué. Les  opérateurs, les maquettistes, les correcteurs, les dessinateurs… tous  venaient en même temps. Le  travail n’était pas bien ordonné. Mais  au fur et à mesure, on s’habitua  et «Le Renouveau» devint  réellement quotidien soit six numéros par semaine jusqu’en 1993.

Il a  plié mais  n’a pas rompu

Avec la crise de 1993, tenir le rythme  devint impossible. Il n’y avait plus moyen de travailler la nuit. Les  quartiers étant  balkanisés, l’imprimerie  Inabu n’était plus  accessible à certains. Les villes  mortes étaient monnaie courante. Des journalistes et des réalisateurs  prirent le chemin de l’exil. Avec la victoire du  FPR au Rwanda, une  dizaine de journalistes rwandais rentrèrent  dans leur pays. Ainsi, des six (6) numéros par semaine, on tomba à trois (3) parutions seulement. Et des fois  même  moins.Je me souviens d’un jour en 1995 où le journal n’étant pas  allé à l’imprimerie. La  veille, nous  travaillions d’arrache-pied pour le boucler. Un chauffeur, alias Kirozi,  vint  à passer au service à 14 h. Il nous trouva enfermés comme d’ordinaire dans notre salle de composition climatisée et nous raconta une histoire  qui nous sembla rocambolesque. Depuis  10 h, il y avait eu  des tirs nourris   à Kamenge. Et tout le personnel (administration, service commercial, rédaction) était  rentré. Personne n’avait songé à nous  avertir ! Il fit  rentrer ceux des autres quartiers et nous  de Kamenge, il nous  largua au marché de Ruvumera. De là nous prîmes le bus de Buterere, y logeâmes, ne rentrâmes à Kamenge que le lendemain. Bien sûr que même ce jour le  journal  n’alla pas  à l’Imprimerie !!!

Une bouffée d’oxygène

La crise n’affecta pas seulement la régularité  mais aussi le tirage. On a été à cent  cinquante (150) exemplaires. Heureusement  que le SEP/CNLS tendit une bouée de sauvetage au Renouveau. Dans  son programme de  lutte contre le VIH- sida, il  s’entendit avec la DGPPB pour un abonnement de 2 000 exemplaires pendant un certain temps avec une exigence particulière : deux fois par  semaine, il devait y avoir une  page journal sur  le sida. Ainsi,  la régularité revint  car  mener la crise allait  en s’estompant  petit  à petit surtout avec le retour de Buyoya en 1996 et l’accord d’Arusha en 2000. Les  journalistes pouvaient monter à l’intérieur pour remplir ces pages. A la  fin de ce contrat avec le SEP/CNLS, Le Renouveau  s’était déjà remis à flot et a pu continuer, jusqu’à ce jour, à produire les  cinq (5) numéros  par  semaine, depuis 2003.

Des souvenirs

Maquettiste  au  « Le Renouveau » depuis sa création en 1978, secrétaire de réalisation depuis 1987 jusqu’à ce jour, j’ai  suivi  ce journal dans presque toutes ses pérégrinations. Des débuts difficiles, je retiendrai ce que le  ministre de l’Information d’alors nous a  dit quand il nous trouva  une nuit à l’Inabu à 1 h  du matin, l’air hagard, les  yeux rougis par le sommeil et les doigts  pleins  de colle, « Vous  méritez  qu’on vous construise  un dortoir  ici même à Jabe  ou qu’on vous donne des location- vente ici même. Son souhait ne fut pas  suivi d’effet. Sinon il y aurait aujourd’hui un quartier     « Le Renouveau » à Jabe !De  même, je n’oublierai jamais ce que  a fait la «  Dame de faire pour la Réalisation. Après avoir obtenu un don de plusieurs ordinateurs, elle obligea   les journalistes à saisir leurs articles malgré leurs  réticences,  et les  publicitaires  à amener  leurs annonces sur flash disk. De même elle a instauré le système « A paraitre »  sans  oublier l’existence  des maquettes standardisées….Et aujourd’hui, que dire  de ce quarantième anniversaire ? « Le Renouveau est en plein essor.  Après des débuts prometteurs, la crise de 1993 a failli lui briser les ailes. Mais il s’est relevé. Depuis une  quinzaine d’années, il a paru sans faute, excepté le  lendemain  du coup d’Etat du 13 mai 2015. Bien sûr,  la vieille  garde n’existe presque plus. Encore une  ou quelques unités. Mais  pour combien de temps ?...La relève est là : jeune, dynamique … mais il faut qu’elle montre ce dont  elle est capable. Quarante ans, c’est beaucoup pour un homme mais c’est peu  pour  un  journal,  en plus  quotidien. Beaucoup  restent à faire, mais le plus difficile a été déjà fait. Les pionniers ont assez souffert pour qu’aujourd’hui ils en aient  bénéficié le fruit. Mais, il faut consolider les acquis, garder la ligne éditorialiste  et ne pas  verser dans le sensationnalisme. Par ailleurs, il faut songer à renouveler l’outil informatique car les ordinateurs qu’on a aujourd’hui sont si vieux qu’ils perdent facilement le réseau !                                            Longin Kanyegeri

 

13 Avril 2018> Célébration du 40e anniversaire de l’ existence du quotidien burundais «Le Renouveau»

La direction générale des Publications de presse burundaise s’en réjouit

 

DSC 0792A l’occasion de la célébration du quarantième anniversaire de l’existence du journal « Le Renouveau », la direction générale des Publications de presse burundaise (PPB), porte un regard de satisfaction  à l’endroit de ce journal en ce sens qu’il donne aux lecteurs des informations détaillées qui couvrent tous les secteurs de la vie nationale. Ce sont les propos du directeur général des PPB, Louis Kamwenubusa,  lors d’une interview accordée à la rédaction du quotidien de ce journal. Il indique aussi que c’est un journal qu’il faut encourager et auquel il faut jeter des fleurs.  

 

Parlant du journal « Le Renouveau », M. Kamwenubusa indique que la direction générale des Publications de presse burundaise porte un regard positif à ce journal eu égard que l’élite burundaise, principal bénéficiaire de ce journal,  reçoit des informations détaillées qui couvrent différents secteurs de la vie nationale, notamment la politique, la coopération, l’actualité internationale, les  droits de l’Homme, la santé, l’environnement, les sciences, l’économie, l’éducation, la formation, la société, la justice, la sécurité, le sport, la culture, l’art et le loisir. « Donc, c’est un journal qui produit des articles diversifiés et informatifs. C’est aussi un journal qui éduque et qui divertit la population burundaise ».  Le directeur général des PPB a saisi cette occasion pour lancer un appel à tout le monde à lire ce journal car c’est un journal non seulement informatif mais aussi qui donne l’occasion aux personnes qui s’occupent de leurs propres affaires de savoir non seulement comment marche la situation dans les provinces pour pouvoir glaner des marchés, mais aussi pour pouvoir donner leurs publicités et annonces. « C’est un journal qui est composé de presque toutes les rubriques qui intéressent non seulement la vie des Burundais mais aussi la vie de toute autre personne qui vit au Burundi ». 

Des initiatives sont souvent prises pour faire face aux différentes contraintes 

A la question de savoir si la direction générale des PPB trouve que le journal « Le Renouveau » répond fidèlement et loyalement à sa mission, M. Kamwenubusa se réjouit du tirage de 1 200 exemplaires par jour et sur papier, de l’existence du site Web qui est visité par plus de 200 000 personnes par jour et du compte Twitter qui est pour le moment fonctionnel. « Donc, nous pensons que nos informations arrivent à destination ». Par rapport à la ligne éditoriale du journal « Le Renouveau », il indique que ce journal essaie de remplir sa mission malgré les difficultés d’ordre budgétaire qui sont dues  au contexte socio-économique un peu tendu qui s’observe actuellement. Le directeur général des PPB indique que pour pouvoir remplir la mission lui assignée par le gouvernement, la direction générale prend des initiatives pour palier à ces difficultés.   « Nous essayons de remplir cette mission bien que certaines contraintes d’ordre budgétaire ne nous permettent pas de le faire comme on aurait aimé le faire ». Il donne l’exemple des difficultés liées au déplacement où, pour les surmonter, on fait recours aux partenariats avec les concessionnaires de véhicules car il n’y a pas de budget pour acheter un véhicule pour les déplacements.  « Nous leur concédons une page pour une année et ils nous offrent un véhicule et c’est une politique que nous devons continuer pour pallier certaines lacunes ». 

Le journal « Le Renouveau » joue aujourd’hui son rôle

Parlant toujours de ces initiatives, M.Kamwenubusa s’est réjoui du fait qu’aujourd’hui paraît un éditorial dans le journal « Le Renouveau » après  à peu près quinze ans d’absence. « On ne peut pas être un journal qui informe et qui parle des activités de différentes institutions du gouvernement qui ne donne pas de ligne éditoriale. Mais, aujourd’hui, on a tenté à essayer d’être régulier pour montrer quel est la marche que le gouvernement est en train de suivre non seulement pour préserver la sécurité des citoyens, parce que c’est une mission constitutionnelle du gouvernement,  mais aussi pour aider la population burundaise à se développer ». Selon lui, tout cela ne peut apparaître dans un journal aussi public que «Le Renouveau» que par un éditorial d’abord. «Donc, avec un éditorial qui est axé sur les programmes et la vision du gouvernement, le journal « Le Renouveau » joue aujourd’hui son rôle car il doit parler des activités de différentes institutions gouvernementales mais aussi de celles de tout autre partenaire du gouvernement ». 

Fier de l’existence du Renouveau sur les réseaux sociaux

Parlant de l’adaptation du journal « Le Renouveau » aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, M. Kamwenubusa dit être fier de l’existence de ce journal sur les réseaux sociaux notamment le site web et le compte twitter tout en précisant qu’on est en train d’essayer de faire aussi un compte  facebook pour le journal.  Selon lui, le site web est alimenté avec tous les articles sauf les publicités. «Nous sommes vraiment fier de l’existence du journal « Le Renouveau » sur les réseaux sociaux aujourd’hui parce qu’il y avait longtemps qu’il n’apparaissait nulle part sur les réseaux sociaux ». 

Un partenariat qui va aider à lutter contre les fake news 

Répondant à la question de savoir si l’accord de partenariat signé récemment avec le Xinhua news agency contribuera à l’ouverture du journal « Le Renouveau » au monde, M. Kamwenubusa indique qu’il faut d’abord tenir compte de l’importance et de la grandeur de cette agence. Selon lui, c’est une agence comme l’Agence France presse (AFP), le Reuters, etc, et il est présente dans tous les pays du monde entier.Selon M. Kamwenubusa, la raison principale de ce partenariat avec Xinhua news agency est qu’on a remarqué que c’est une agence de presse qui vend et qui distribue des nouvelles et  qui est lue dans le monde entier. « Il faut noter qu’à peu près cinq millions de personnes consultent Xinhua news ageny par heure. Donc, on peut s’imaginer un article du «Renouveau,» par exemple une activité d’une haute personnalité burundaise comme le chef de l’Etat ou une autre personnalité, qui est consultée par cinq millions de personnes par heure ». Avec la configuration politique, sociale et sécuritaire dans laquelle le Burundi se trouve aujourd’hui, indique M. Kamwenubusa, ce partenariat avec Xinhua news agency va aider à lutter contre et à démentir les fake news qui sont en train de déferler sur les réseaux sociaux en parlant du Burundi. « Je suis tellement fier de ce partenariat parce qu’il permet non seulement aux étrangers de mieux connaître le Burundi, mais aussi à la diaspora burundaise de connaître exactement ce qui se passe dans leur pays sur tous les points de vue. Donc, cela évitera aux Burundais qui vivent à l’étranger de ne pas  se fier aux fake news des réseaux sociaux ou aux autres médias étrangers car ce qu’ils donnent sur le Burundi ne reflètent en aucune manière la réalité de ce qui se passe au pays ».

Parler du vrai Burundi

Dans le cadre de soutenir le journal « Le Renouveau », le Directeur général des PPB souhaite que ce 40e anniversaire du «Renouveau» soit, pour ses collaborateurs, une occasion de faire une introspection et de penser comment faut-il améliorer les informations afin de donner plus de crédibilité à ce journal. Il invite aussi tout le personnel des PPB à intérioriser que le journal « Le Renouveau » est le leur. Selon lui, le Burundi ayant connu des problèmes en matière de communication, dont les incidences de fake news qui circulent sur les réseaux sociaux, il faut  s’atteler à donner des informations vérifiable et bonnes pour le bien du Burundi car on n’aura jamais entendu un journal français, allemand, belge ou américain en train de parler du mal de leurs pays. « Nous devons travailler de la même manière, parler du bien de notre pays et parler de ce qui soude le Burundi.  On doit aussi lutter contre des mauvaises intentions qui sont très bien affichées par certaines gens et des mauvais journalistes occidentaux car ils ne sont pas en train de parler du bien du Burundi. Nous devons parler du vrai Burundi et pas du Burundi virtuel qui est reflété par les médias occidentaux». 

Continuer à lire le journal « Le Renouveau » 

A l’occasion de ce quarantième anniversaire, M. Kamwenubusa invite les lecteurs à continuer à lire le journal « Le Renouveau » pour continuer à s’informer car ce journal reflète les vues et les vœux de tout un chacun dans tous les secteurs de la vie nationale. « Je leur demande de s’informer et d’encourager le journal « Le Renouveau » par leurs propres messages ».  Il invite aussi les personnes qui sont capables de le faire de proposer leurs propres articles, leurs analyses mais les analyses constructives pour le Burundi. Selon lui, tout lecteur burundais ou étranger qui a une analyse constructive sur le Burundi est le bienvenu. « On va l’accueillir à bras ouverts ». Il remercie également les abonnés car c’est grâce à leur abonnement que le journal survit. Il invite ainsi ceux qui ne se sont pas encore fait abonnés à le faire. C’est notamment les  institutions étatiques, les ministères, les départements, etc.
Astère Nduwamungu

 

13 avril 2018> 40e anniversaire du journal « Le Renouveau »

Ce journal a commencé dans des circonstances difficiles

 

A l’occasion du 40e anniversaire du quotidien «Le Renouveau,» les personnes qui ont démarré avec ce journal nous ont livrés leurs impressions à propos de leur travail, et les difficultés rencontrées. Un démarrage difficile avec des outils archaïques mais avec la venue de l’ordinateur, il y a eu un changement.   

 

DSC 0588L’idée de démarrage du journal «Le Renouveau» a mûri en avril plus exactement le 13 avril 1978, date à laquelle est sorti le premier numéro du «Le Renouveau». Mais, il y avait eu entre temps, un réaménagement de la loi régissant la presse créant la Direction générale des publications de presse burundaise et l’ABP (Agence burundaise de presse). Celle-ci produisait des nouvelles qui étaient publiées dans les journaux.

Un démarrage difficile

A cette occasion, il a fallu redéployer le personnel d’où il y en a ceux qui étaient à l’ABP venus renforcer «Le Renouveau». D’autres provenaient de l’hebdomadaire «Ubumwe», et d’autres encore provenaient de la radiodiffusion nationale. Tout ce monde a été redéployé pour venir constituer l’équipe du journal «Renouveau».D’après Fulgence Wakana, correcteur du journal « Le Renouveau » d’alors, comme toute entreprise en démarrage, «Le Renouveau» a commencé dans des circonstances difficiles. Il n’y avait pas d’antécédents au Burundi, les autorités essayaient d’imiter ce qui se passait ailleurs. « Il y avait seulement des autorités très intelligentes, et très expérimentées ».Pour lui, la première difficulté était qu’il n’avait jamais fourni autant d’efforts. « C’était une répétition du même cycle chaque jour sauf les samedis et les dimanches. Les dames étaient aussi astreintes au même horaire de travail que les hommes ». 

Le travail était dur

M.Wakana a signalé le problème de matériel où il pouvait à peine écrire avec les machines qui avaient seulement quelques fonctions. Pour corriger, il y avait un problème de technologie et cela prenait beaucoup de temps. « Nous venions des fois à 16 heures, passions la nuit là-bas. Des gens de l’imprimerie avaient été affectés au service du journal «Le Renouveau» pour appuyer. Ce qui explique que le bouclage du journal prenait beaucoup de temps ».  Il a aussi ajouté que ce travail dur rendait les gens mal à l’aise surtout quand quelqu’un commettait une erreur. On lui retirait de l’argent sur son salaire. Aussi, la prime était dérisoire dans la mesure où cette prime était la même pour les autres qui travaillaient la journée. «Pour les jours fériés, c’était le trentième du salaire. Aujourd’hui, ce sont des arrangements qui ne sont pas mathématiques », a précisé Fulgence Wakana.En ce qui concerne le déplacement, si quelqu’un habitait loin, c’était difficile de rentrer à son domicile au petit matin: la voiture le déposait quelque part et il continuait le reste du trajet à pied.   «Quand il y avait une panne de véhicule, nous étions soucieux, et c’est là que j’ai appris à conduire étant très jeune ».   

Une atmosphère agréable

M.Wakana a souligné les points positifs observés à cette époque. L’atmosphère était agréable parce que les gens collaboraient bien. Et chacun avait quand- même deux sachets d’un demi-litre de lait nadel par jour. Egalement, les autorités étaient très attentionnées pour ce travail. Le ministre venait lui-même au travail et s’entretenait avec les gens. Ainsi, en entendant le problème de déplacement, il leur a promis des parcelles afin qu’ils puissent habiter ensemble pour faciliter leur transport.Quand Le Renouveau atteignait son anniversaire pour les numéros 5 000 ou 6 000, les hautes autorités du pays venaient à cette occasion. « Elles donnaient des prix pour nous encourager, malheureusement, on ne le fait plus aujourd’hui », a-t-il déploré. L’autre point est que Le Renouveau était corrigé par le ministre au début jusque dans les années quatre-vingt six (86). « S’il y avait des fautes d’ordre idéologique, nous corrigeions puis l’amenions à l’imprimerie. Avant chaque sortie du journal, il y avait quelqu’un pour donner le bon à tirer et à un certain moment, il a été désigné. »,  a expliqué notre interlocuteur.  

Un travail fastidieux à la réalisation

DSC08845Longin Kanyegeri, l’un des maquettistes du service de la réalisation depuis le début du journal « Le Renouveau » a indiqué que la réalisation d’un quotidien n’est pas chose facile. « Les débuts furent fastidieux, avec des outils archaïques qui demandaient beaucoup de patience, de don de soi. Nous avons veillé beaucoup de nuits pour que ce journal puisse sortir ». L’équipe de réalisation du début venait en même temps, ce qui fait que le travail n’était pas ordonné. Il s’agissait d’une période de tâtonnement.Cette souffrance a aussi une autre explication : « rentrer à la maison à l’aurore était monnaie courante surtout pour celui qui devait donner le bon à tirer. Avec notre horaire difficile, les chauffeurs étaient mis à rude épreuve car ils étaient continuellement sollicités ». Pour ce maquettiste, les corrections étaient difficiles, pénibles et même sales dans la mesure où il fallait couper, découper, recoller, …On travaillait avec des ciseaux, des rasoirs. On était comme des chirurgiens avec les textes et, c’était une vraie prouesse quand on devait coller une seule lettre entre deux autres », a-t-il poursuivi.Concernant les photos, notre interlocuteur a précisé que Le Renouveau dépendait toujours de l’ABP étant donné que c’est elle qui détenait le monopole de la photographie. Pour cela, il était nécessaire de faire beaucoup de navettes pour collecter toutes les photos des articles programmés. Et ces photos étaient en noir et blanc et de mauvaise qualité.    

La venue de l’ordinateur, une nouvelle étape

D’après toujours M.Kanyegeri, la venue de l’ordinateur en 1993 était une autre période où on savait peu de choses et nos opérateurs piétinaient dans son utilisation faute de formation adéquate. « Il y a eu une formation accélérée en 2008 d’un mois et demi pour laquelle nos maquettistes ont constaté  combien il est facile de travailler dans une maquette standard, mettre une photo dans sa place et ainsi, donner à l’imprimerie des maquettes complètes sur transparents, prêtes pour l’impression. Les journalistes fournissaient leurs textes manuscrits à la réalisation. Mais avec l’ordinateur, ils saisissent leurs articles, allégeant ainsi le travail de la réalisation, se réjouit-il.          Yvette Irambona

 

13 Avril 2018> 40e anniversaire du journal «Le Renouveau »

«Les informations officielles seront toujours nécessaires»

 

DSC 0916Albert Ndondera, économiste de formation et actuel consultant indépendant est un lecteur fidèle du journal « Le Renouveau». Il nous a accordé un entretien dans lequel il a parlé de ce qu’il aime lire dans le quotidien et a proposé quelques idées sur ce qu’il faudrait améliorer.  Albert Ndondera, économiste de formation et actuel consultant indépendant est un lecteur fidèle du journal « Le Renouveau». Il nous a accordé un entretien dans lequel il a parlé de ce qu’il aime lire dans le quotidien et a proposé quelques idées sur ce qu’il faudrait améliorer.  

 

« En tant qu’économiste, j’aime surtout lire la rubrique économie. Je lis aussi les informations politiques, les informations relatives au tourisme, à l’agronomie, aux appels d’offres et aux insolites qui me font parfois rigoler. Je lis aussi sur le sport en général et le football en particulier, je suis un fanatique du football depuis ma tendre enfance», a indiqué Albert Ndondera, consultant indépendant et lecteur du journal «Le Renouveau». Il a fait savoir qu’il a commencé à lire le quotidien du Burundi d’une manière assez régulière quand il a commencé à travailler comme fonctionnaire à la Banque centrale en 1985. « Je sais que « Le Renouveau» date de 1978. Les informations politiques sont normales parce que c’est de l’actualité. La pauvreté dans «Le Renouveau» est surtout au niveau de la rubrique économie. C’est une rubrique qu’il faudrait développer. Il y a aussi la culture, vous ne parlez pas assez de la culture et l’autre aspect dont il faut parler du fait qu’il est très important pour le pays, c’est le tourisme et l’environnement», a-t-il dit.

Des suggestions pour améliorer

Selon Albert Ndondera, l’information à travers un journal officiel reste nécessaire et utile même à cette époque où les réseaux sociaux semblent informer plus vite. «L’information dans le journal reste utile. Nous recevons d’autres informations, nous essayons de faire une analyse d’une manière assez objective. Les informations officielles seront toujours nécessaires», a-t-il souligné. Pour améliorer la qualité des informations, notre interlocuteur a suggéré qu’il faut aborder les défis que le pays a actuellement, notamment, au niveau de la croissance économique, au niveau des apports extérieurs pour soutenir son économie, le développement de l’agriculture et les autres secteurs de la vie nationale. Il a invité les lecteurs qui se limitent aux appels d’offres à lire aussi les autres rubriques pour être au courant de l’actualité politique, économique et sociale de notre pays. « La nation intéresse tout Burundais. Nous devons, en tant que patriote, nous informer sur ce qui se passe dans ce pays», a-t-il conseillé. Commentant la critique sur l’espace accordé aux activités du gouvernement dans les colonnes du « Renouveau», notre interlocuteur trouve qu’il est justifié car c’est la ligne éditoriale du journal. «Pour équilibrer, il faut recueillir les opinions notamment  des opposants qui prônent pour la construction du pays et non le contraire. Il a aussi tenu à conseiller les personnes détentrices de l’information : « Le plus important pour ces opérateurs économiques ou autres personnes détentrices de l’information est que la population soit informée sur leurs activités. C’est à travers les journalistes qui posent des questions sur leurs activités qu’ils peuvent mieux se faire connaître, améliorer leurs prestations et recevoir des critiques du public», a-t-il dit.M. Ndondera a indiqué qu’il y a des lecteurs qui reçoivent le journal grâce à  des amis mais, que cela n’est pas lié au fait que le prix d’un numéro serait cher mais plutôt à la situation économique. Il a également suggéré au journal d’étendre le marché grâce à la publicité, la publication sur les sites internet et en envoyant quelques numéros aux représentations diplomatiques. 
Grâce-Divine Gahimbare

 
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