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UNIVERSITE DU BURUNDI> Commémoration du 24e anniversaire des massacres du 11 juin 1995

«Là où il n y a pas de justice, le pardon n'est pas possible car l'injustice aggrave les blessures des cœurs»

 

DSC03362L'Université du Burundi (UB) en collaboration avec l'association Zirikana UB 95 a organisé les cérémonies de commémoration du 24e anniversaire des massacres des étudiants de l'ethnie Hutu de ladite université commis dans ses différents campus le 11 juin 1995. Selon l'évêque coadjuteur du diocèse de Bubanza, Mgr Georges Bizimana, là où il n y a pas de justice, le pardon n'est pas possible car l'injustice aggrave les blessures des cœurs. 

 

Les cérémonies ont débuté par une messe de commémoration où Mgr Bizimana,  a, dans son homélie, invité tous ceux qui étaient présents, particulièrement ceux qui ont perdu les leurs le 11 juin 1995 à l'UB,  à pardonner ceux qui les ont offensés et à aimer leurs ennemis comme Jésus Christ l'a ordonné. Mgr Bizimana a argumenté que l'amour est une force qui conduit à la justice et à la vérité. Et de dire que là où il n y a pas de justice, le pardon n'est pas possible car l'injustice aggrave les blessures des cœurs.Selon Mgr Bizimana, la première étape d'aimer son ennemi est de le pardonner. Il a signalé que la persistance du mal entraine l'enchainement des péchés et leurs fruits sont la haine, les divisions, les tueries, etc. Mgr Bizimana a dit  que la voie de guérison est celle que nous prodigue Jésus Christ d'aimer et prier pour l'ennemi  et ainsi de prendre l'initiative pour le bien afin d'être la lumière pour les autres. Comme ça, a-t-il fait savoir,  petit à petit le bien vaincra le mal. Pour lui, le pardon ne signifie pas  oublier,  ni laisser tomber   ni non plus nier que le mal n'a pas été fait mais  l'important ici est de ne pas chercher à se venger.  Le recteur de l'Université du Burundi, François Havyarimana a pris la parole après la messe et a invité les personnes qui étaient présentes à prendre une minute de silence en mémoire des victimes. Il a indiqué que l'effectif de ces dernières n'est pas encore connu et que même l'enquête pour connaitre les auteurs de ces massacres n'est pas encore menée. M. Havyarimana a demandé que la justice fasse son travail pour chercher et juger les auteurs de ces massacres dans les enceintes de l'UB.Le recteur de l'UB a adressé les condoléances aux familles qui ont perdu les leurs dans ces massacres et a demandé à la CVR de donner les informations qu'elle possède déjà pour le cas des massacres à UB. Il a précisé que l'UB souhaite qu'un  monument en mémoire de ces victimes soit construit au campus Mutanga comme l'un des symboles de mémoire du passé du Burundi et un amphithéâtre au nom de ces victimes sera construit pour que même les générations futures ne fassent pas la même chose.  

Le ministre Banyankimbona demande  que les noms des victimes figurent sur le monument qui va être construit

Le représentant légal de l'association Zirikana qui est aussi  un rescapé, Joseph Nkurunziza s'est joint aux familles éprouvées et a fait savoir que ceux qui ont péri dans ces massacres qu'on n'a pas pu enterrer dépassent le nombre de 100. Il a profité de cette occasion pour demander au gouvernement du Burundi par le biais de la CVR, que la lumière soit faite sur ces massacres du 11 juin 1995 et d'autres qui ont eu lieu au sein de cette institution afin de punir les auteurs  et d'accorder une réparation juste aux familles éprouvées.  M. Nkurunziza a remercié le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique pour avoir expulsé le présumé auteur du nom de Clément Nkurunziza qui est maintenant dans les mains de la justice burundaise et il a demandé aux juridictions burundaises que son procès puisse aboutir à un jugement à même de mettre la lumière sur cet événement tragique. Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Gaspard Banyankimbona, a remercié tous ceux qui  ont un rôle à jouer afin que l'UB soit la lumière qui illumine les autres  dans le processus de paix, la sécurité pour tous. Il a lancé un appel aux étudiants de différentes universités de notre pays d'être caractérisé par l'esprit de respect des droits de l'Homme, de l'amour du prochain et de leur patrie jusqu'à se sacrifier pour elle. M. Banyankimbona a demandé à l'UB de mettre en place une commission des chercheurs qui s'associera à d'autres pour établir une liste de tous ceux qui ont péri dans le massacres du 11 juin 1995 pour que leurs noms figurent sur le monument qui va être construit. Apres les discours, les autorités présentes auxdites  cérémonies,  les rescapés, les familles des victimes et les autres participants ont déposé des gerbes de fleurs là où ont construit le monument et l’amphithéâtre en la mémoire des victimes. 

Ezéchiel Misigaro

 

COMMENTAIRE > Découvrons et connaissons bien notre pays en le visitant !

De son vivant, le philosophe grec Socrate disait : « Connais-toi toi-même ». En s’en inspirant, on pourrait, à la lumière de ce commentaire que nous vous proposons, être tenté de dire : « Connais-toi toi-même sans oublier de bien connaître ton pays, le Burundi qui t’a vu naître et qui t’est si cher ». En vous proposant ce commentaire, c’est qu’ils sont fort nombreux les Burundais n’ayant pas encore traversé leur pays dans tous les sens, d’Est en Ouest, du Nord au Sud pour le découvrir, le faire découvrir dans toutes ces facettes qui font son charme. Avant de rédiger ce commentaire, je pensais à ce que disait à sa mère, au téléphone, cette jeune fille burundaise, étudiante en République populaire de Chine : « Maman, quand je rentrerai au pays, je visiterai toute l’étendue du territoire national car il est impensable que je ne connaisse pas le Burundi, géographiquement plus petit que la Chine que je connais bien et que j’aime ». Ces propos sont de nature à aller tout droit dans le cœur de ceux qui, nombreux, ignorent tout ou presque des richesses naturelles du Burundi. Combien de Burundais connaissent ses nombreux et attrayants sites touristiques dont ses eaux thermales, sa couverture végétale, ses monts et vallées, ses nombreux cours d’eau coulant tranquillement et dont certains d’entre eux se jettent dans le lac Tanganyika aux richesses halieutiques considérables, sans oublier l’accueil chaleureux des populations du Burundi profond qui n’ont rien oublié du legs de nos ancêtres, véritables bâtisseurs du Burundi d’aujourd’hui ? Le Burundi doit être profondément visité car il le mérite bien, de même qu’il continuera de le mériter grâce aux projets environnementaux dont notamment « Ewe Burundi urambaye ». Ne soyons pas touristes de nom. La paix et la sécurité régnant dans tous les coins du pays, visitons le Burundi pour admirer et apprécier tout ce qui fait le charme de ses nombreux paysages. Avec une superficie de 28 000 kilomètres carrés, quelques jours seulement suffisent pour le parcourir dans tous les sens, de collines en collines, de zones en zones, de communes en communes, de provinces en provinces, chaque région ayant ses particularités à offrir à ses visiteurs. C’est de cette façon que nous parlerons du Burundi que nous connaissons bien et que nous aimons bien, et non du Burundi dont l’histoire et la géographie ont été lues dans les ouvrages des colonisateurs.Comment amener les Burundaises et les Burundais à visiter profondément leur beau pays ? Essayons, en répondant à cette question, d’apporter notre modeste contribution en proposant l’organisation des manifestations culturelles et artisanales dans toutes les localités du pays, notamment auprès des sites touristiques aménagés et ouverts au public. De nombreuses activités culturelles, musicales, artistiques, des expositions-ventes, des danses folkloriques animées par des groupes locaux pourraient aller tout droit dans le cœur d’un public désireux de connaître davantage ce qui fait le charme et la fierté de notre pays. Le public friand de ce genre artistique appréciera certainement les prestations culturelles locales proposées en sa direction. Découvrons notre pays, nous y gagnerons beaucoup !                                                                                                                                                           

Pascaline Biduda

 

Présidence de la République> Réunion avec les sociétés paraétatiques où l’Etat a des actions

Pour évaluer les recommandations issues de la dernière retraite

 

DSC 0577Le président de la République du Burundi, Pierre Nkurunziza, a tenu une réunion, le mercredi 12 juin 2019, avec les sociétés paraétatiques ou administrations personnalisées où l’Etat a des actions. Cette réunion a eu lieu, dans les enceintes du ministère des Finances. Il s’agissait de faire une évaluation de la mise en œuvre des recommandations issues de la retraite gouvernementale tenue à Gitega dernièrement.  

 

A la sortie de cette réunion, le secrétaire général et porte-parole du gouvernement, Prosper Ntahorwamiye, a indiqué que cette réunion s’inscrit dans le prolongement ou dans le suivi de la retraite gouvernementale qui s’était tenue à Gitega récemment. « Parmi les recommandations, il y avait une qui demandait aux sociétés publiques ou para étatiques, où l’Etat a des actions, qui n’ont pas eu de dividendes assez palpables, d’avoir donné des explications dans un délai d’une semaine ».Selon lui, au cours de cette réunion, il était question d’évaluer si cette recommandation a été mise en œuvre correctement. « On s’est rendu compte, chemin faisant, qu’il y a eu une mauvaise interprétation de la recommandation car ils ont beaucoup plus adressé la lettre au ministre des finances. Il a été dès lors question que toutes ces lettres soient adressées au cabinet civil du président de la République afin que ce dernier prenne un temps pour analyser des justifications données avant de se retrouver après un mois ». D’après M. Ntahorwamiye, après l’analyse des justifications, des mesures appropriées seront prises à ce sujet. 

Astère Nduwamungu

 

FOCAC> Interview avec l’ambassadeur de Chine sur la réunion de la mise en œuvre des actions de suivi du dernier sommet

Du 3 au 4 septembre 2018, s’est tenu à Pékin, la capitale de la République populaire de Chine, le 7ème sommet de Forum de coopération Chine-Afrique (Focac). Plusieurs dirigeants africains et entrepreneurs ont assisté à cette cérémonie historique qui a été conclue avec des conclusions de projets de développement susceptibles de faire avancer les pays africains. Dans le but de faire savoir la mise en application de l’issu de ce sommet, l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Burundi, Li Changlin a accordé le mardi 11 juin 2019 une interview à la rédaction du quotidien d’informations du Burundi «Le Renouveau» étant donné que vers la fin de ce mois de juin se tiendra à Pékin, une réunion des coordinateurs de la mise en application des actions de suivie du sommet. 

 

Le Renouveau (LR) : Excellence Monsieur l’ambassadeur, il va se tenir dans ce mois juin 2019 à Pékin, une réunion des coordinateurs sur la mise œuvre des actions de suivi du dernier sommet. Quelle est l’image de cet événement ?

Li Changlin (LC)  : La réunion des coordinateurs de mise en œuvre des actions du dernier sommet Chine-Afrique aura lieu du 24 au 25 juin 2019 à Pékin. La partie chinoise et les cinquante quatre pays africains au niveau ministériel se retrouveront à cette occasion. Il y aura la cérémonie d’ouverture, la session plénière ainsi que la cérémonie de clôture. De plus, il y aura une rencontre des responsables des institutions financières chinoises avec les participants  des délégations africaines. Les dirigeants du parti et de l’Etat chinois prendront part à certaines activités essentielles de l’événement. La réunion sera sanctionnée par une déclaration commune. Celle-ci comprendra le résumé des résultats obtenus et le consensus dégagé lors de la réunion.Cette réunion des coordinateurs sera suivie de la première édition de la foire économique et commerciale Chine-Afrique qui se tiendra du 27 au 29 juin dans la province de Hunan en ville de Changsha. Je pense que ces deux événements vont donner une forte impulsion au partenariat stratégique global entre la Chine et l’Afrique.

LR : Quel est l’objectif de cette réunion?

LC : Comme plus d’un sont au courant, suite au sommet du Focac de septembre 2018 qui a eu lieu à Pékin, les parties chinoise et africaine ont travaillé étroitement pour la mise en œuvre des résultats issus du sommet. Des progrès préliminaires ont été enregistrés. La partie chinoise et africaine estiment qu’il est nécessaire d’organiser une réunion des coordinateurs pour échanger des points de vue sur la mise en pratique des acquis issus du sommet de 2018. Sans doute, les deux parties manifesteront un désir et une détermination de renforcer leur solidarité et attachement au multilatéralisme afin de construire une communauté de destin entre la Chine et l’Afrique.

LR : Y a-t-il des projets réalisés à la lumière des résultats du mécanisme de coopération Chine-Afrique

LC : Le Burundi est grand bénéficiaire vis-à-vis des résultats du mécanisme de coopération Chine-Afrique. En effet, depuis sa mise en place il ya plus de dix huit ans, le Burundi a bénéficié des acquis de cette coopération. Je peux citer certaines réalisations concrètes dans peu de domaines. Dans le domaine de l’éducation, il y a, entre autres, le financement de la construction de trois écoles primaire au Burundi, l’une en mairie de Bujumbura et les deux autres en province de Karusi. Je ne peux pas aussi oublier l’Ecole normale supérieure, l’Ecole de formation technique. La partie chinoise a également multiplié le nombre de bourses au profit des étudiants burundais et de formations de courte durée pour les fonctionnaires burundais toutes les catégories confondues. Dans le domaine agricole, il y a plusieurs experts travaillant dans ce domaine surtout dans la plaine de l’Imbo en province de Bubanza. Grâce à l’utilisation des techniques agricoles avec les semences chinoises, le Burundi enregistre actuellement une récolte de 12 à 14 tonnes par hectare, soit une augmentation de 3 à 4 fois par rapport à la production antérieure. Les riziculteurs burundais se sont associés à la plantation du riz chinois avec l’encadrement de ces experts. Il y a le centre pilote de technique agricole en construction. Dans deux ans les ingénieurs agricoles burundais  pourront se rendre dans ce centre pour subir une formation professionnelle. Il y a également plusieurs réalisations dans les domaines de la santé, de l’énergie et des infrastructures.

LR : Le Burundi connait-il des projets éligibles par rapport aux huit initiatives majeures lancées par le président chinois lors du sommet ?

LC : L’ambassade de la République populaire de Chine a étudié le Plan national de développement décennal du Burundi. Les chinois et les Burundais sont unanimes à affirmer qu’il existe une grande concordance entre les huit initiatives et le Plan national de développement du Burundi. C’est la raison pour laquelle nous avons mobilisé les jeunes interprètes des sociétés chinoises de traduire en chinois ce plan pour bien identifier les besoins réels du Burundi afin de réfléchir  à la faisabilité des projets en gestation. Je pense que la délégation burundaise qui va participer dans cette réunion des coordinateurs a des projets à soumettre à l’appréciation des autorités chinoises.

LR : Quels sont les perspectives de la Chine dans le même processus de la mise œuvre de ces initiatives au Burundi ?

LC : Dans l’avenir, la coopération sino-burundaise devra se focaliser dans le domaine de l’agriculture, des infrastructures y compris le secteur de l’énergie et de l’éducation pour la valorisation des ressources humaines. Avec la paix et la sécurité réelle dans le pays et dans la perspective des prochaines  élections de 2020, les Chinois pourront venir investir au Burundi. Même le secteur privé s’intéresse à venir au Burundi pour explorer les possibilités d’investissement et de collaboration avec la partie burundaise.

LR : Y a-t-il des défis que vous rencontrez dans la mise en applications des conclusions du sommet ?

LC : Le premier défi que rencontre la partie chinoise est le manque d’infrastructures et d’électricité. Le Burundi a des ressources minières comme le site de Nikel de Musongati. Des sociétés chinoises ont été sollicitées à venir investir dans ce secteur, mais  lorsque leurs représentants se sont rendus sur place, ils ont constaté qu’il y a un manque d’infrastructures et d’électricité. Mais la Chine ne ménagera aucun effort pour travailler ensemble avec la partie burundaise pour améliorer aussi l’environnement des investissements et des affaires afin de créer d’une part des bonnes conditions à notre coopération bilatérale et de bonnes conditions préalables à l’arrivée des investisseurs étrangers au Burundi.

LR : Quel est l’appel que vous pouvez lancer à l’endroit du gouvernement burundais pour bénéficier davantage le sort des huit initiatives ?

LC : Le gouvernement burundais devrait faire son mieux pour bénéficier ces huit mesures. Notre souhait à l’endroit des autorités burundaises est qu’un comité de consultation ou de coordination soit mis sur pied pour y travailler d’une façon permanente. Non seulement les fonctionnaires burundais sont nécessaires, mais également il fallait associer des intellectuels et des Burundais qui ont séjourné en Chine et travailler ensemble pour l’aboutissement de tous les projets issus de cette coopération. Je demande au gouvernement d’user de la sagesse et l’intelligence pour aller plus loin en ce qui est de la coopération Chine-Afrique.  

VIincent Mbonihankuye

 
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