Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Commune Mutimbuzi> Construction d’un bassin d’écrêtement

Lutter contre les inondations de Carama

 013 aibbbbUn projet de construction d’un recueil des eaux provenant des collines surplombant le quartier Carama est en train d’être aménagé pour lutter contre les inondations. Ces travaux sont exécutés par l’entreprise ECBROH sous la supervision de l’Abutip. Ce projet pourra mettre fin aux inondations survenues souvent pendant la saison des pluies. 


Au niveau de la rivière Gasenyi, depuis l’amont, des constructions sont en train de se faire dans le but de mettre fin aux inondations habituelles remarquées lors de la saison pluvieuse surtout à Carama. Ces inondations ont causé plusieurs forfaits en vies humaines et en matériels. Des enfants sont morts noyés, des maisons ont été détruites, etc.Pour pallier ce défi, plusieurs actions ont été déjà faites, d’autres sont en train d’être réalisées. Ce sont notamment la construction d’un pont à Carama sur la route Bubanza, la construction des autres ponts aux environs et sur la rivière Gasenyi, tout cela pour lutter contre les inondations.Les habitants des environs vont pousser un ouf de soulagement car, mis à part ceux qui ont eu la mal-chance d’habiter tout près de la rivière Gasenyi, tous les habitants avaient du mal à se déplacer pendant ou après une pluie intense. Les habitants rencontrés sur place ont montré leur joie en voyant les constructions qui sont en train d’être faites à cet endroit. Les maisons abandonnées  vont bientôt être réhabilitées, et les activités génératrices de revenus qui sont effectuées sur cette route vont se dérouler normalement. Les habitants ont demandé que les caniveaux soient gardés en bon état pour que l’eau puisse couler normalement. Chacun est interpellé pour pouvoir garder les caniveaux propres. Cela contribuerait à lutter contre les inondations. Les élus locaux sont aussi appelés à faire respecter le bien public. Les parents qui avaient du mal à envoyer leurs enfants seuls à l’école, vont bientôt être soulagés. Tels sont les avis des habitants des environs de la rivière Gasenyi.

ALINE NSHIMIRIMANA

 

ASSEMBLEE NATIONALE> Approbation des membres de la CNIDH

Gilbert Bécaud Njangwa et Rose Ntawe, élus commissaires

13 00000000jLa chambre basse du Parlement s’est réunie en séance plénière le mercredi 12 septembre 2018. Elle a procédé à l’approbation de deux commissaires de la Commission nationale indépendante pour les droits de l’Homme (CNIDH) en remplacement de deux autres qui terminent leur mandat.
Les parlementaires ont procédé au vote secret qui a abouti à l’élection de Gilbert Bécaud Njangwa, tutsi et Rose Ntawe, hutu, respectivement à 86 et 87 voix. Ils ont été choisis parmi 6 candidats qui ont été retenus.Parmi 52 candidats qui ont postulé, seuls 35 ont été présélectionnés après la vérification aux conformités des dossiers de candidature. Les 17 ont été éliminés d’office à cause du manque d’un document attestant l’expérience dans la protection des droits humains. Parmi les 35 présélectionnés, il devait y avoir 12 candidats retenus après la cotation et l’enquête de moralité effectuée dans leurs régions d’origine et leur vie professionnelle. Six candidats dont 3 hommes tutsi et 3 femmes hutu ont été à leur tour sélectionnés parmi les 12 après l’interview et après avoir fait recours à l’équilibre ethnique et du genre. Les six candidats qui avaient été sélectionnés sont Gabriel Nkurunziza, Audace Ndikunkiko, Gilbert Bécaud Njangwa, Rose Ntawe, Joséphine Niyonzima et Chantal Niyonkuru.Avant le vote, les six candidats ont d’abord présenté devant la plénière leur expérience dans la protection des droits humains et leurs projets. Chacun des parlementaires devait alors voter à la fois  un homme et une femme. Après le vote, deux candidats ayant la meilleure note ont été choisis.Il convient de rappeler que la CNIDH est une institution étatique indépendante créée par la loi n°1/04 du 5 janvier 2011. Aucun organe ne peut lui donner des injonctions. Tous les services de l’Etat lui accordent l’assistance dont elle a besoin. Elle est composée de sept (7) personnalités élues par l’Assemblée nationale puis nommées par décret du président de la République pour un mandat de 4 ans. Les commissaires siègent à titre personnel. Ils jouissent de l’immunité de fonction et ne peuvent être révoqués que pour des causes que la loi édicte. La Commission est administrée par un bureau exécutif de trois membres (Président, Vice-président et secrétaire) et dispose d’un secrétariat permanent. Elle peut ouvrir des bureaux dans les autres localités du pays.Eric Mbazumutima

 

Décorticage> Sur la nouvelle Constitution du Burundi

Elle apporte pas mal de nouveautés de fond

013aaaaaaaajeDepuis le 7 juin 2018, le Burundi est régi par une nouvelle Constitution. Dans les lignes qui suivent, nous revenons sur quelques nouveautés  qu’apporte la nouvelle Loi fondamentale par rapport à la Constitution de 2005.

Voté par référendum le 17 mai 2018, les résultats de ce dernier ont été validés par la Cour constitutionnelle par l’arrêt RCCB 356 du 31 mai 2018. La nouvelle Constitution « revoit » celle du 15 mars 2005 qui avait elle aussi été adoptée par référendum le 28 février 2005. Les résultats de ce référendum avaient été validés par la Cour constitutionnelle par l’arrêt RCCB 122 du 18 mars 2005. La Constitution de 2005 remplaçait ainsi la loi N°1/018 du 20 octobre 2004 portant promulgation de la Constitution intérimaire post-transition de la république du Burundi. 


Un texte moins volumineux

Au niveau formel, la Loi fondamentale qui régit le Burundi à partir du 7 juin 2018 est moins volumineuse, du moins en termes d’articles, que celle de 2005. En effet, alors que la Constitution de 2005 était bâtie autour de 307 articles, celle de 2018 n’en compte que 292. Quinze articles donc de moins. Il faut dire directement que, le titre XV portant sur les dispositions particulières  pour la première période de transition riche de trois articles, contenu  dans la Constitution de 2005 et devenu « anachronique » est totalement élagué de la nouvelle Constitution.  Dans son message à la nation à l’occasion de la promulgation le 7 juin 2018 de la nouvelle Constitution, le chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza indique que « les Burundais viennent de se doter d’une nouvelle Constitution qui cadre avec leurs aspirations, après que certains articles anachroniques de l’ancienne Constitution de  l’an 2005 aient été modifiés, tandis que d’autres articles ont été révisés ; et que de nouveaux articles ont été ajoutés pour rendre la Constitution conforme à notre temps et aux lois en vigueur dans notre sous-région, la Communauté est-africaine » (point 4)  Faut-il aussi ajouter que la Constitution de 2005 a été signée le 18 mars 2005 à Bujumbura au moment où celle du 7 juin 2018 l’a été à Gitega.  Le choix de Gitega peut renforcer la tendance actuelle de faire de cette province du centre du pays, la capitale politique du Burundi. La nouvelle Constitution parle également de la « révision » de celle de 2005 (art 291) au moment où ce dernier « abroge » la Constitution intérimaire post-transition du 20 octobre 2004 (art 306). 

Vers la suppression des quotas

A la lecture attentive des dispositions de la nouvelle Constitution et celles de l’ancienne Constitution, et surtout dans leurs préambules, on remarque que la notion de quotas ancrée dans la Constitution de 2005 perd de plus en plus de la place, même s’ils sont toujours mentionnés dans la nouvelle Constitution, au profit de l’expression de la volonté de la population électrice dans la Constitution de 2018. En effet, l’idée de revoir la notion de quotas ethniques dans la gestion des affaires publiques du pays est déjà amorcée dans la nouvelle constitution. Dans son préambule, la Constitution de 2005 réaffirme « notre engagement inébranlable à mettre un terme aux causes profondes de l’état continu de la violence ethnique et politique, de génocide et d’exclusion, d’effusion de sang, d’insécurité et d’instabilité politique, qui ont plongé le peuple dans la détresse et la souffrance et compromettant gravement les perspectives de développement économique et la réalisation de l’égalité et de la justice sociale dans notre pays ». Pour atteindre ce résultat, la Constitution de 2005 considère que les quatre principes constitutionnels et légaux suivants doivent être garantis : (1) l’établissement et l’implantation d’un système de gouvernance démocratique ; (2) l’inclusion des partis politiques minoritaires dans le système général de bonne gouvernance ; (3) la protection et l’inclusion des groupes ethniques, culturels et religieux minoritaires dans le système général de bonne gouvernance et (4) la restructuration du système national de sécurité et de justice afin de garantir la sécurité de tous les Burundais, y compris les minorités ethniques. Pour cela, il est prévu 60% de Hutu et 40% de Tutsi dans les institutions de la République (à l’Assemblée nationale dans l’art 164, pour les membres du gouvernement dans l’art 129) et dans l’administration publique (art 143) ainsi que 50% de Hutu et 50% de Tutsi dans les forces de défense et de sécurité. Au niveau de la composition du Sénat, en plus des anciens chefs de l’Etat et de  trois Batwa, cooptés, cette chambre est composée de deux délégués de chaque province considérée provenant de communautés ethniques différentes (art 180). Du 50-50 donc. Au niveau des collectivités locales, «aucune des principales composantes ethniques n’est représentée à plus de 67% des administrateurs communaux au niveau provincial » (art 266)Dans son préambule, la Constitution de juin 2018 ne revient pas explicitement sur la réaffirmation précédente. Elle insiste plutôt sur « notre plus grande détermination à défendre la souveraineté nationale et à consolider l’indépendance politique et économique de notre pays. » A la place des quatre principes constitutionnels et légaux retenus dans la Constitution de 2005, à travers  le texte de juin 2018, le peuple burundais se dit « profondément attaché à la légalité constitutionnelle et aux institutions démocratiques» et considère « que l’élection démocratique est le seul moyen par lequel le peuple choisit librement ses gouvernants » tout en «condamnant tout mode non démocratique d’accession au pouvoir ». N’est-ce pas aussi qu’ « un délai de cinq ans est accordé au Sénat pour évaluer afin de mettre fin ou de proroger le système de quota ethnique dans l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, après la mise en place des institutions de la présente constitution » (art 289 de la nouvelle constitution)? 

Dieu, le Tout-Puissant mis en avant

La Constitution de 2018, plus que celle de 2005, met en avant le Dieu, le Tout-Puissant. Cela se matérialise dans le préambule et surtout dans les formules de prestation de serment par plusieurs personnalités du pays avant leur entrée en fonction. Ainsi par exemple, il est écrit dans le préambule de la nouvelle Constitution que les Burundais sont « conscients de nos responsabilités devant Dieu » alors que cette conscience n’est pas explicitement manifeste dans la Constitution de 2005.  Bien plus, dans l’ancienne Constitution, dans sa prestation de serment, le chef de l’Etat commence par « Devant le peuple burundais, seul détenteur de la souveraineté nationale, moi … » (art 106). Il en est de même du Premier et du Deuxième vice-président de la République (art 127). Pour les membres du gouvernement, ils commencent par « Devant le président de la République, devant le Parlement, moi … » (art 133). Désormais, le chef de l’Etat débutera sa prestation de serment par : « Devant Dieu, le Tout-Puissant, devant le peuple burundais, seul détenteur de la souveraineté nationale, moi (énoncer son nom), … (art 197). Quant au vice-président de la République, il doit commencer son serment par « Devant Dieu, le Tout-puissant, devant le Président de la République, moi (énoncer le nom) (art 138) et les ministres doivent ajouter à cette dernière formule « devant le Parlement » (art 138).

L’appartenance à la CEA désormais constitutionnelle

Le Burundi est membre à part entière de la Communauté est-africaine (CEA) à partir du 1er juillet 2007. Une communauté sous-régionale aujourd’hui composée de six  pays, à savoir le Burundi, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie.  Le Burundi avait adhéré officiellement  le 18 juin 2007 au Traité portant création de la  communauté. Le 30 juin 2007, il y avait eu promulgation de la loi N°1/08 portant ratification par la république du Burundi du Traité d’accession de la république du Burundi à la CEA. L’adhésion du Burundi à la CEA est donc intervenue après la Constitution de mars 2005 si  bien qu’on ne trouve aucune référence à la communauté dans cette loi mère.Dans la nouvelle Constitution, l’appartenance du Burundi à la CEA est bien réelle. En effet, nous lisons déjà dans le préambule de la Constitution de juin 2018 que le peuple burundais « affirme l’engagement du Burundi au respect du Traité portant création de la Communauté est-africaine (EAC) ».Désormais, le Burundi est donc, constitutionnellement parlant, lié à la CEA. Il doit ainsi s’aligner autour des projets et programmes de la communauté. Ainsi par exemple, dans l’ancienne Constitution, l’Assemblée nationale et le Sénat se réunissent en trois sessions ordinaires par an. La première en février, la deuxième en juin et la troisième en octobre (art 174 pour l’Assemblée nationale et art 185 pour le Sénat). Avec la nouvelle Constitution, la première session est en août, la deuxième en décembre et la troisième en avril (art 179 pour l’Assemblée nationale et art  190 pour le Sénat). Alors que l’Assemblée nationale est saisie de la loi des finances dans sa session d’octobre dans l’ancienne loi (art 176), avec la nouvelle Constitution elle l’est lors de sa session d’avril (art 181). Ainsi, l’année budgétaire débute au premier juillet et se clôture au 30 juin de l’année suivante (art 182 de 2018). Au regard de l’ancienne Constitution, l’année budgétaire commençait automatiquement le 1er janvier et se terminait le 31 décembre.

Un président de la République très fort

Par rapport à la Constitution de mars 2005, celle de juin 2018 introduit aussi plusieurs nouveautés. Ainsi par exemple, au niveau du législatif, alors que les anciens chefs de l’Etat étaient d’office sénateurs (art 180), dans la Constitution de juin 2018, ce n’est plus le cas. Tous les sénateurs doivent être élus au suffrage indirect (art 185), sauf trois représentants des Batwa qui doivent être cooptés comme dans la Constitution de 2005. Il n’est plus donc question de sénateurs à vie au Burundi.Au niveau du pouvoir exécutif, l’ancienne Constitution stipule que « le pouvoir exécutif est exercé par un président de la République, deux vice-présidents de la République et les membres du gouvernement » (art 92). Dans la nouvelle Constitution, « le président de la République est le chef de pouvoir exécutif. Il est assisté dans ses fonctions par un vice-président de la République» (art 93 et 122).  Beaucoup de pouvoirs sont donc conférés au chef de l’Etat, puisque le vice-président de la République ne fait qu’assister le chef de l’Etat au moment où dans la Constitution de 2005, les choses sont senties comme une gestion collégiale au niveau de l’exécutif. La force du président de la République se manifeste aussi dans le droit de grâce. En effet, alors que dans la Constitution de 2005 « le président  de la République a le droit de grâce qu’il exerce après consultation des deux vice-présidents de la République et après avis du Conseil supérieur de la magistrature » (art 113), la nouvelle Constitution stipule simplement que « le président de la République a le droit de grâce » (art 114). La magnanimité du chef de l’Etat n’est donc pas diluée. Bien plus, l’ancienne Constitution évoque la possibilité de déchoir le président de la République (art 116). Dans la nouvelle Constitution, il est question de possibilité de mise en accusation seulement (art 117 et 118).Dans l’ancienne Constitution, « le président de la République est élu au suffrage universel direct et pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois » (art 96). Ce qui ferme la possibilité à un chef de l’Etat qui a déjà exercé deux mandats de revenir plus tard aux commandes. Pendant ce temps, dans la nouvelle Constitution, le chef de l’Etat est élu au suffrage universel direct mais pour sept ans renouvelable tout court mais pas une fois (art 97) L’article ajoute explicitement que « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». Cette disposition est ouverte et permet donc au président de la République, y compris le chef de l’Etat actuel, de revenir à la magistrature suprême après avoir exercé deux mandats. Le président Nkurunziza peut donc revenir déjà en 2027 ou au plus tard en 2034. Ce n’est pas pour rien que dans son message à la nation après la promulgation de la nouvelle Constitution à Gitega, le chef de l’Etat actuel a demandé aux politiciens burundais qui s’acharnent sur sa possibilité de se représenter lors de la présidentielle de 2020 en « spéculant sur les mandats présidentiels au Burundi » qu’ils « devraient plutôt lire entre les lignes de la Constitution » (point 40) actuelle qui lui permet en effet de revenir plus tard. 

Les binationaux bloqués

A propos du candidat aux fonctions de président de la République, le point 2 de l’art 98 de la nouvelle Constitution stipule qu’il doit « jouir uniquement de la nationalité burundaise d’origine ». Le point 2 de l’art 97 de l’ancienne constitution exige seulement d’ « être de nationalité burundaise de naissance ». Le Premier ministre (une nouveauté dans la nouvelle constitution) doit aussi uniquement jouir de la nationalité burundaise d’origine (art 130). Il en est de même du vice-président (art 123). Il en est de même pour le président de l’Assemblée nationale (art 176) ainsi que le président du Sénat (art 188).La nouvelle Constitution ferme donc la porte à la magistrature suprême et à certaines hautes fonctions aux Burundais binationaux, spécialement ceux qui ont acquis une nouvelle nationalité en plus de la burundaise de naissance. L’âge du candidat président a été aussi revu à la hausse. En effet, au moment où dans l’ancienne Constitution, le candidat devait « être âgé de trente-cinq ans révolus au moment de l’élection » (art 97 point 3), désormais, il faut avoir « quarante ans révolus au moment de l’élection » (art 98). Cinq ans de plus donc. Le point 6 de l’art 97 de l’ancienne Constitution est beaucoup plus long et exigeant que le point 6 de la nouvelle constitution. En effet, les deux sixièmes points indiquent que le candidat président doit « souscrire à la Constitution et à la Charte de l’Unité nationale » mais dans l’ancienne Constitution, il était question, qu’en outre, le candidat aux élections présidentielles ne doit pas avoir été condamné pour crime ou délits de droit commun à une peine déterminée par la loi électorale ». 

D’autres importantes innovations à signaler

Dans la Constitution de 2005, le candidat président qui se réclame indépendant est celui qui « au moment de la présentation des candidatures n’est présenté par aucun parti politique » (art 98). La nouvelle Constitution est beaucoup plus exigeante. En effet, l’art 99 stipule que « est considéré comme indépendant, le candidat qui ne se réclame d’aucun parti politique depuis au moins une année et affirme son indépendance par rapport aux clivages politiques habituels en proposant un projet de société. Un membre d’un organe dirigeant d’un parti politique ne peut se porter candidat à une élection au titre d’indépendant qu’après l’expiration d’un délai de deux ans depuis son éviction ou sa démission de son parti d’origine ». La route est donc barrée aux opportunistes et les partis politiques qui connaissent des ailes en leur sein sont suffisamment avertis. La nouvelle loi est aussi beaucoup plus dure pour les candidats députés indépendants. En effet, dans  l’ancienne loi, « les candidats présentés par les partis politiques ou les listes d’indépendants ne peuvent être considérés comme élus et siéger à l’Assemblée nationale que si, à l’échelle nationale, leur parti ou leur liste a totalisé un nombre de suffrages égal ou supérieur à 2% de l’ensemble des suffrages exprimés » (art 173).  C’est le même score qui est exigé pour les partis politiques dans la Constitution de juin 2018. Mais pour les indépendants, il faut aujourd’hui 40% des suffrages exprimés dans la circonscription où ils se sont faits inscrire (art 174). Encore une fois, les aventuriers ont peu de marge de manœuvres. Dans la Constitution de 2005, la Commission électorale nationale indépendante était composée de cinq membres (art 90) au moment où la nouvelle Constitution consacre 7 membres (art 91). L’ancienne Constitution est muette au sujet des « indépendants » si bien que le Titre III est intitulé «Du système des partis politiques ». Sauf dans le titre IV relatif aux élections où l’art 99 stipule, notamment, que les candidats à la présidentielle peuvent être présentés par les partis politiques ou se présenter à titre d’indépendants. Par contre, le concept d’indépendant étant aujourd’hui une réalité dans le paysage sociopolitique burundais, le titre III de la Constitution de juin 2018 est: « Du système des partis politiques et des indépendants ». Le concept d’indépendant est intégré explicitement dans la nouvelle Constitution, à travers l’art 86 qui stipule que « une loi détermine les conditions dans lesquelles un indépendant exerce et cesse ses activités politiques. Dans tous les cas, aucune coalition d’indépendants ne peut être autorisée ». La nouvelle Constitution consacre une vice-présidence de la République au lieu de deux vice-présidences prévues dans la Constitution de 2005. Le Premier vice-président est chargé de coordonner le domaine politique et administratif et le Deuxième le domaine économique et social. Les vice-présidents peuvent assurer les affaires courantes en cas d’empêchement temporaire du président de la République ou présider le Conseil des ministres sur délégation  du président de la République et sur un ordre du jour précis. Il est question des vice-présidents dans les art 92, 93, 94, 107, 108, 113, 121, 122, 123, 124, 125, 126 et 127. On retrouve le rôle « consultatif » du vice-président dans l’art 109 qui est libellé comme suit : « le président de la République, sur proposition du Premier ministre, en consultation avec le vice-président, nomme les membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions ». On retrouve le même rôle consultatif du vice-président lors de la nomination des ministres en charge de la défense nationale et de la police nationale qui doivent être d’ethnie différente (art 135). Il était aussi question de consultation des vice-présidents dans la nomination des membres du gouvernement dans la précédente Constitution (art 108). Dans la nouvelle Constitution, en cas d’empêchement temporaire du président de la République, le vice-président ou le Premier ministre peuvent assurer les affaires courantes (art 121).Même s’il n’existe pas d’article qui l’institue explicitement, la Constitution de juin 2018 crée donc aussi le poste de Premier ministre, chef du gouvernement (art 129). Il est notamment question de cette personnalité politique dans les arts 94 et 95. Celui-ci ainsi que le ministère concerné contresignent les décrets présidentiels (art 108), un rôle qui était réservé, « le cas échéant », aux vice-présidents (chacun dans son domaine) dans la Constitution de 2005 (art 107). Parmi les taches qui reviennent au Premier ministre, il faut noter qu’ « il anime et coordonne l’action du gouvernement » et « préside les réunions préparatoires du Conseil des ministres » (art 133)

Le vote des lois facilité

La nouvelle Constitution revoit à la baisse les chiffres nécessaires à des nominations ou pour le vote des  lois. Ce qui pourra éviter les blocages observés par le passé et surtout faciliter le vote des lois à l’Assemblée nationale et au Sénat. Ainsi par exemple, dans la Constitution de 2005, les cinq membres de la Ceni sont nommés par décret « après avoir été approuvés séparément par l’Assemblée nationale et le Sénat à la majorité des trois quarts » (art 90). Dans la nouvelle constitution, il est plutôt question de « majorité absolue » (art 91). Il suffit désormais donc de réunir plus de la moitié des suffrages exprimés seulement. C’est la même majorité absolue qui est exigée lors de l’approbation de la candidature de vice-président de la République à l’Assemblée nationale et au Sénat (art 123).Au niveau de l’Assemblée nationale, dans l’ancienne et la nouvelle Constitution, pour que cette chambre puisse «  délibérer valablement », il faut que « les deux tiers des députés soient présents (art 175 de 2005 et art 179 de 2018). Les choses changent lorsqu’il s’agit de voter les lois organiques, les résolutions, les décisions et les recommandations importantes. La nouvelle loi est plus souple que l’ancienne. En effet, dans la Constitution de 2005, les lois organiques sont votées à la majorité des deux tiers des députés présents ou représentés sans que cette majorité puisse être inférieure à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale.  Il s’agit des mêmes exigences au niveau du Sénat (art 186). La majorité des deux tiers est aussi requis pour voter les résolutions, les décisions et les recommandations importantes (art 175) Dans la nouvelle loi, il est seulement requis « la majorité des trois cinquièmes » (art 180).   Avec la nouvelle Constitution, le Burundi tend vers une plus grande stabilisation des institutions.

Gilbert Ntahorwamiye 

Département de la DocumentationService Rédaction

 

Provinces de Ngozi et Karusi> Inauguration des œuvres par le chef de l’Etat

Plusieurs infrastructures communautaires ont été inaugurées

13 0aza0azDans le cadre de la célébration du 56e anniversaire de l’indépendance du Burundi, le président de la République Pierre Nkurunziza a inauguré, le mercredi 12 septembre 2018, différentes œuvres construites dans les provinces de Karusi et Ngozi.


Le chef de l’Etat s’est d’abord rendu en commune Bugenyuzi dans la province de Karusi où il a inauguré un site touristique d’Ikinazi dans lequel il y a un hôtel encore en construction. A travers ce site touristique, on voit de beaux paysages de cette commune et des provinces environnantes. La propriétaire de ce site touristique a offert au chef de l’Etat, en guise de remerciement, une vache dénommée «Mugisha». M.Nkurunziza a également inauguré un centre d’enseignement des métiers construit par ladite commune. Ce centre a une seule section d’agri-élevage. Le président Pierre Nkurunziza a poursuivi sa tournée dans la zone Rugazi de la commune Bugenyuzi où il a procédé à l’inauguration d’un centre de santé construit par la commune via le Fonic.  Ce centre de santé comprend certains services comme le bloc maternité, la salle de vaccination, la salle d’accouchement, une polyclinique et bien d’autres services. Le coût total de ce centre de santé s’élève à plus de 300 millions de FBu.Pierre Nkurunziza a terminé sa série d’inaugurations en commune Tangara de la province de Ngozi où il a inauguré l’Hôpital communautaire de Musenyi. Cet hôpital dispose d’un Centre égypto-burundais de néonatologie construit par l’Egypte. Ce pays était représenté par son ambassadeur au Burundi. La commune Tangara a offert au président de la République deux vaches, un mouton ainsi que des vivres.                                                                                                       

 Yvette Irambona

 
Ouvrir