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PROVINCE DE NGOZI> Travaux de développement communautaire effectués par le couple présidentiel

« Le développement de notre pays proviendra de nos efforts »

 

DSC 0698Le président de la République du Burundi, Pierre Nkurunziza et son épouse Denise Nkurunziza se sont joints, le samedi 1er avril 2017, à la population de la province de Ngozi, dans les travaux de développement communautaire. Il s’agissait de la plantation de plants d’ananas ; de graines de pastèque sur la colline Rutanga de la commune Gashikanwa ainsi que le mélange du gravier et du ciment servant dans les travaux de construction de certaines infrastructures publiques comme le stade dit « Kugasaka » ; le marché moderne de Vyegwa et l’Ecole fondamentale de Buye dans cette même province.

 

Les travaux ont débuté sur la colline Rutanga en commune Gashikanwa de la province de Ngozi là où le couple présidentiel a procédé à la plantation des plants d’ananas sur une superficie d’un hectare ainsi que la plantation des graines de pastèque. Avant de commencer les activités proprement dites, Pierre Nkurunziza et son épouse ont d’abord prié dans le but de mettre les semences dans les mains du Seigneur. « Seigneur, nous les gens, nous semons et plantons mais sans votre bénédiction, nous ne sommes pas sûrs que nous allons avoir une bonne récolte. Donc, nous te demandons de bénir ces semences que nous allons planter afin qu’elles soient productives. Et que cette récolte soit bénéfique à tous ceux qui la consommeront ainsi qu’à notre pays et au monde entier », a imploré M. Nkurunziza.
Après la plantation de ces semences sur la colline Rutanga, le couple présidentiel s’est rendu au stade dit «Kugasaka» pour se joindre à la population de la commune Ngozi dans les travaux de construction de ce stade. Les travaux consistaient dans le mélange du gravier, du sable et du moellon pour le bétonnage des infrastructures connexes à ce stade. Le gouverneur de la province de Ngozi, Albert Nduwimana, a indiqué que 75% des travaux prévus pour la construction de ce stade ont été déjà réalisés. M. Nduwimana a ajouté qu’on prévoit l’inaugurer pendant le mois de juillet de l’année prochaine. « Nous projetons que le stade sera parmi les infrastructures qui seront inaugurées lors de la célébration de la fête de l’indépendance nationale en 2018 », a précisé M. Nduwimana.

Les travaux de développement communautaires, un signe d’amour pour la patrie

Le gouverneur de Ngozi a également affirmé que la population de la province de Ngozi aime beaucoup les travaux de développement communautaires parce qu’actuellement, les différents groupes de la société se rencontrent dans ce genre de travaux qui sont organisés au cours de la semaine. Et chaque samedi, nous nous rassemblons pour évaluer ce qui a été fait durant toute la semaine par tous les groupes pour se compléter.
A Vyegwa, le couple présidentiel s’est joint à la population de cette localité dans les travaux de construction du marché moderne de Vyegwa. Là-bas, les travaux étaient constitués par le mélange du moellon et du ciment pour bétonner les stands de ce marché. Et le gouverneur de la province de Ngozi a dit qu’on prévoit inaugurer ce marché, de deux cent quarante huit stands et deux hangars dans un mois. Après le marché de Vyegwa, les travaux se sont poursuivis sur la colline Buye où on est en train de construire une école fondamentale. Cette dernière est en étage avec douze salles de classe, un bloc administratif et des latrines.
Pour clôturer les activités de la journée de samedi, le chef de l’Etat a procédé à la distribution de trois tonnes de riz à six cents ménages de la commune Mwumba. Et parmi ces derniers, quatre cents ménages sont constitués de Batwa ainsi que deux cents ménages vulnérables qui ont été également victimes des pluies torrentielles qui sont tombées dans cette commune.

Avit Ndayiragije

 

MEEATU> Atelier de validation du rapport sur les circonstances nationales liées au changement climatique

Mettre en œuvre la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques

 

aaaaaghj Le Ministère de l’Eau, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme (MEEATU), a organisé un atelier de validation du rapport sur les circonstances nationales liées au changement climatique, le vendredi 31 mars 2017 à Bujumbura. Le but était de mettre en œuvre la convention cadre des nations unies sur les changements climatiques.

 

 Le rapport à valider a été élaboré dans le cadre de la préparation de la 3è communication nationale sur le changement climatique dans le cadre de la mise en œuvre de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Dans son mot d’accueil, le directeur général de l’Office burundais de la protection de l’environnement Samuel Ndayiragije a fait savoir qu’ils ont procédé au lancement du projet 3è communication nationale sur le changement climatique.
L’objectif principal du projet est de renforcer les capacités de notre pays à mettre en œuvre la convention cadre des Nations unies sur le changement climatique dont il fait partie depuis le 7 avril 1997, a-t-il dit. Le Burundi a déjà soumis au secrétariat de la convention la 1ère et la 2è communication nationale sur le changement climatique respectivement en 2001 et en 2010. Selon M.Ndayiragije, une communication nationale sur le changement climatique est un profit pour le pays face au changement climatique.
Dans son discours d’ouverture de l’atelier, l’assistant du ministre en charge de l’environnement Théophile Ndarufatiye a indiqué que la gestion des effets du changement climatique constitue un défi national, régional et international. De nos jours, les effets du changement climatique prennent origine à partir des émissions des gaz à effet de serre. Ces gaz se dégagent à partir des activités anthropiques, l’industrialisation étant la plus pointée du doigt, a fait savoir M. Ndarufatiye.
L’orateur a signifié que la convention cadre sur le changement climatique a comme objectif de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation du système climatique. En tant que partie de la convention, le Burundi a le devoir de mettre en œuvre les décisions qui sont prises à l’issue de chaque conférence.

Martin Karabagega

 

 

SITE DE MUTAHO> Cohésion sociale avec les collines avoisinantes

Le temps des manipulations est révolu

 

Le site des déplacés de Mutaho situé dans la commune de Mutaho en province de Gitega a été caractérisé par un climat de méfiance entre les déplacés de ce dernier et la population des collines avoisinantes au cours de l’année 2015 et légèrement au début de l’année 2016. Mais actuellement, un simple passage dans le site et au marché de Mutaho montre à suffisance que la cohabitation est pacifique, que l’entente est revenue.

La rédaction du quotidien burundais d’informations Le Renouveau s’est rendu dans le site des déplacés de Mutaho pour s’entretenir avec les habitants du site et ceux des collines avoisinantes, notamment sur la cohésion sociale. La plupart de ceux que notre rédaction a interrogés sur les raisons qui avaient été à l’origine de ce climat malsain affirment que les rumeurs ont joué un rôle déterminant. Pour des convenances personnelles avec un de nos interlocuteurs, la rédaction a retenu les initiales de son nom et prénom.
E. N est un fonctionnaire de l’Etat qui vit dans le site des déplacés de Mutaho. Il a fait savoir que les médias et les réseaux sociaux ont semé la panique dans la conscience collective, comme quoi la population des collines avoisinantes serait en train de préparer une attaque contre les déplacés. « On ne peut pas ne pas dire que certains d’entre nous avaient une responsabilité dans la propagation des fausses rumeurs sur un imminent génocide des Tutsi que nous sommes », a-t-il affirmé. De bouche à oreille, les gens sont parvenus à sentir un danger réellement inexistant. Or, ajoute-t-il, par après, le constat a été qu’il s’agissait de politiciens qui visaient leurs intérêts au détriment de la bonne cohabitation de la population dans sa diversité surtout ethnique.
E.N. a fait savoir que toutes ethnies confondues, dans des célébrations familiales, à l’église, au marché, à l’école, etc.
« les propagateurs de ces rumeurs ont été vite démystifiés même s’il y en a parmi nous qui avaient déjà pris le chemin de l’exil. Les politiciens nous ont montés contre l’administration peu avant les élections de 2015 et notre jeunesse a pris au sérieux cette manipulation et le climat de méfiance est né ainsi », a-t-il regretté

« Nous sommes des Burundais, un point, un trait »

André Bitangimana de la colline Nyangungu, une des collines avoisinant le site des déplacés de Mutaho, lui, regrette qu’un jour un malheur s’est abattu sur le Burundi et a fait que des Burundais soient séparés ethniquement. Toutefois, il se dit satisfait qu’actuellement les Burundais aient compris que leur différence est une richesse, d’où ils cohabitent pacifiquement. Il a donné l’exemple des jeunes couples qui se marient alors qu’ils ne sont pas d’une même ethnie. C’est un phénomène qui contribue beaucoup à renforcer l’unité des Burundais. Et M. Bitangimana d’ajouter que sur sa colline, il y a pas mal de ce genre de couples et les déplacés viennent nous rendre visite chez nous pendant des fêtes, et nous allons chez eux aussi. On boit, on danse ensemble, a-t-il indiqué.
Pour nos deux interlocuteurs, à force de vivre des moments où les politiciens ont toujours perturbé l’unité des Burundais, plusieurs des habitants du site des déplacés de Mutaho et ceux des collines avoisinantes ont compris que c’est un mal forgé par les politiciens mal intentionnés. D’où ils se disent confiants que la prochaine fois, il ne sera pas facile de semer la zizanie au sein de populations paisibles.

Amédée Habimana

 

DECORTICAGE> Crise burundaise déclenchée en octobre 1993

Des alliances éphémères ou des mariages contre nature

 

aaaaqe Les Burundais ne manquent pas d’imagination quand ils choisissent les appellations pour leurs associations ou alliances. En effet, quoi de plus séduisant ou de plus attrayant avec par exemple des groupements comme Accord-cadre pour la restauration d’un Etat de droit ; ANAC : Alliance nationale pour le changement - Uruhongore rw’abaharanira intwaro y’ingingo (une « étable » de gens qui militent en faveur d’un Etat de droit) ; CNPR : Convergence nationale pour la paix et la réconciliation - Urunani rw’amahoro (une coalition pour la paix) ; MRC : Mouvement de résistance et de réhabilitation du citoyen - Rurenzangemero (qui apporte un plus, une valeur ajoutée). Ces alliances s’étant formées dans le cadre du processus des négociations interburundais pour résoudre la crise née en octobre 1993, elles ont malheureusement duré le temps de la rosée. Explications.

 

Deux grandes tares pour toutes ces alliances. Premièrement, elles fonctionnent politiquement en aspirant au pouvoir alors qu’elles renferment en leur sein des associations ou des personnalités de la société civile (les syndicalistes notamment) qui devaient plutôt servir de contre-pouvoir et de régulateur de l’action politique. La deuxième tare est que, dans leurs manœuvres, ces alliances sollicitent et caressent les forces de l’ordre et de sécurité, chacune voulant s’attirer la sympathie de ces dernières. Les corps de défense et de sécurité devraient réfléchir sur le pourquoi et adopter des comportements y relatifs conséquents.
Les journalistes burundais, quant à eux, ont toujours eu le flair et l’audace de savoir auprès de leurs promoteurs l’espérance de vie de ces alliances somme toute contre nature.

 

La CNPR ou un marché de dupes

Cette convergence est née le 2 octobre 1999 avec comme président Augustin Nzojibwami (aujourd’hui décédé), un Hutu du Frodebu (un parti accusé de génocidaire par les Tutsi) ; comme vice-président Libère Bararunyeretse, un tutsi de l’Uprona (un parti accusé de putschiste par les Hutu) et comme secrétaire, Alphonse Rugambarara du parti Inkinzo désigné, à tort ou à raison comme coorganisateur des journées ville morte à Bujumbura en 1994 ayant occasionné notamment plusieurs dégâts matériels et humains. En plus de ces trois partis politiques, la CNPR comptait aussi au départ l’Abasa de Serge Mukamarakiza (une aile du vrai parti Abasa très tutsisant de Térence Nsanze aujourd’hui décédé), le PSD (Tutsi), le PL de Ntidendereza (une aile du vrai PL de Gaëtan Nikobamye très hutisant, aujourd’hui aussi décédé), le Raddes (du très bouillonnant Tutsi Joseph Nzeyimana pointé du doigt aussi comme coorganisateur des journées ville morte aujourd’hui décédé), le PIT (Tutsi), l’Anadde (du Tutsi « modéré » Patrice Nsababaganwa), l’AV-Intwari (Tutsi) et le PRP d’Albert Girukwishaka, aujourd’hui décédé (une aile du vrai PRP du terrible Mathias Hitimana alias Difficile aujourd’hui décédé aussi, associé également à la coorganisation des journées ville morte).
Une association donc dont la cohabitation durable des membres est difficile voire impossible. Quelque part, il y avait aussi des marionnettes comme on le verra plus loin.
L’objectif « officiel » principal de la CNPR se trouve contenu dans son appellation même (la paix et la réconciliation) et la convergence a tenté d’être représentée comme telle aux négociations d’Arusha, les partis Frodebu (Nzojibwami), PL (Ntidendereza), Abasa (Mukamarakiza) et PRP (Girukwishaka) ayant par la suite « boycotté » ces dernières sans qu’ils soient suivis par les autres partis politiques membres de la convergence. Cela se remarque à travers un Mémorandum adressé par les partis politiques, membres de la CNPR au médiateur Nelson Mandela le 10 juin 2000 qui n’a pas enregistré les signatures de l’Uprona, du PSD et de l’Anadde. Curieusement, messieurs Nzeyimana (Raddes) et Ndimurukundo (PIT), pourtant signataires dudit mémorandum, n’ont depuis lors cessé de se rendre régulièrement à Arusha.
Chemin faisant, le docteur Alphonse Rugambarara (Inkinzo), alors secrétaire de la CNPR, a décidé le 21 janvier 2000, dans le communiqué de presse n°001/CEINK/2000 censurant la réunion du Comité exécutif national du MSP-Inkinzo du 21 janvier 2000, de « suspendre sa participation à la CNPR jusqu’à nouvel ordre ». Nous sommes à peine à trois mois de la création de la CNPR. Alphonse Rugambarara est « officiellement » contre la méthodologie adoptée par la convergence qui semble « être une dictature et une imposition des points de vue du Frodebu ».
Quelques mois plus tard, c’est le tour du professeur Nicéphore Ndimurukundo du PIT (aujourd’hui décédé) de claquer la porte et d’emboîter le pas au docteur Alphonse Rugambarara. En effet, dans une déclaration du 19 octobre 2000, le professeur Ndimurukundo suspend sa participation aux réunions de la CNPR puisque son parti, le PIT, a adhéré à la création de la convergence dans des « conditions de précipitation et de flou » et « les activités du G10 sont plus pertinentes, plus structurées autour des objectifs précis et plus efficaces, dans les négociations en cours». Le PIT déplore en plus les méthodes de la CNPR qui se rapprochent de celle du partenariat pour « privilégier les intérêts du Frodebu et de l’Uprona ». Ndimurukundo réagissait à une déclaration du 8 octobre 2000 faite par Augustin Nzojibwami en tant que président de la CNPR.
On pourrait se demander ce qui est resté de la CNPR, Augustin Nzojibwami (Frodebu), son président, ne voyant plus de la même façon la question de mettre en place les institutions de Transition avant ou après le cessez-le-feu (ce n’est plus Denis Nshimirimana proposé par Nzojibwami qui est pressenti à la vice-présidence de la République, mais plutôt Domitien Ndayizeye du Frodebu-Minani) avec Libère Bararunyeretse, son vice-président et Mathias Hitimana étant cette fois-ci au pays pour engager le PRP à la place d’Albert Girukwishaka, le parti Raddes ayant quant à lui déjà rejoint le MRC d’Epitace Bayaganakandi. Que représentait aussi la CNPR avec messieurs Térence Nsanze et Gaëtan Nikobamye de retour au pays pour représenter et engager respectivement l’Abasa et le PL à la place de messieurs Serge Mukamarakiza et Joseph Ntidendereza ?
Bien plus, Bararunyeretse (Uprona) signe pour le compte de la CNPR avec Augustin Nzojibwami en tant que président du Frodebu, Serge Mukamarakiza pour l’Abasa, Joseph Ntidendereza pour le PL, Albert Girukwishaka pour le PRP en même temps qu’il affirme que la mise en application de l’Accord d’Arusha (dans son aspect leadership de la Transition) est impossible puisque les présidents des partis politiques (Frodebu Minani, PL Nikobamye, PRP Hitimana et Abasa Nsanze) se trouvant à l’extérieur ne peuvent pas rentrer pour intégrer ces institutions. Cette position de Bararunyeretse, nous la lisons dans Reconstruire la Nation n° 22, un organe de presse officieux (puisqu’il n’était pas enregistré au Conseil national de la communication) du parti Uprona.
Il faut souligner à toutes fins utiles que c’est Buyoya de l’Uprona de Bararunyeretse qui est aux commandes. Pour l’Uprona donc, il faudra attendre le temps qu’il faut afin de changer la direction du pays, pourvu que son homme Buyoya reste.
Quelque part donc, il y a eu des dindons de la farce, les politiciens des partis politiques membres de la CNRP n’ayant pas joué franc jeu. Et quoi de plus normal puisqu’il s’agissait d’un mariage contre nature avec des partis qui n’ont pas la même vision quant à la sortie de la crise burundaise et surtout qui s’accusent mutuellement.

 

L’ANAC ou un pacte entre conjoints qui ne peuvent pas cohabiter pendant très longtemps

Cette alliance est née comme pour jouer le contre poids à la CNPR et elle est aussi hétéroclite que la convergence. Elle a signé son acte de naissance le 4 décembre 1999 et comptait au départ dans ses rangs le Frodebu (Minani très hutisant), le Parena (très tutsisant), l’Abasa (Nsanze très tutsisant), le PP (très hutisant), le RPB (très hutisant), le PL (Nikobamye hutisant), la Sojedem (Solidarité, jeunesse pour la défense des minorités : une organisation de la société civile très tutsisante ayant participé dans les opérations ville morte) ainsi que quelques personnalités de la société civile burundaise notamment les présidents de certains syndicats. Son coordinateur s’appelle Domitien Ndayizeye (Frobebu Minani) et son adjoint Rémy Nkengurutse, alors secrétaire général du Parena. Il sera par après démis de ses fonctions au sein du Parena par son président, le Colonel Jean-Baptiste Bagaza. Un faux mariage aussi dont les conjoints ne peuvent pas non plus cohabiter pendant très longtemps.
La question qui se pose à la CNPR se pose aussi à l’ANAC. Que devient en effet l’ANAC avec les positions du Parena vis-à-vis du pilotage de la Transition (Bagaza se veut candidat); du parti Frodebu (après les accords de fin 1999- début 2000 avortés entre Minani et Bagaza avec le tandem plutôt Buyoya-Ndayizeye pour piloter la transition) ; des étapes du processus de paix qui allaient suivre ; de l’Accord d’Arusha du 28 août 2000 et de la question des forces de maintien de la paix ?

L’Accord-cadre pour qui tous les moyens sont bons

L’Accord-cadre pour la restauration d’un Etat de droit est officiellement né le 5 février 2000 et est composé de l’Uprona Mukasi (Uprona power), de l’UFB de Concilie Nibigira (une aile power très tutsisante de l’Union des femmes burundaises, un mouvement féminin intégré à l’Uprona), de la JRR (Jeunesse révolutionnaire Rwagasore : une organisation très tutsisante affiliée à l’Uprona), de la Coalition contre la dictature, de PA-Amasekanya (Puissance d’autodéfense : une organisation de Tutsi qui a des allures d’une milice) et de AC- Génocide Cirimoso (une organisation tutsi qui lutte contre le génocide). Toutes ces organisations ont quelque chose en commun. Elles ont en effet une haine viscérale contre le Frodebu qu’elles qualifient de génocidaire et qui mérite plutôt la disqualification sur la scène politique burundaise, la place de ses leaders étant plutôt la prison.
La question qui reste difficile à saisir avec l’Accord-cadre est la compatibilité entre la recherche de la « restauration d’un Etat de droit », donc respectueuse de la loi, de la justice, garant des droits de l’Homme et de la démocratie et la démarche entreprise pour y arriver. En effet, les gens de l’Accord-cadre prônent d’utiliser tous les moyens, y compris la force, donc la violence et éprouvent des sympathies envers les gens qui tentent de renverser le régime Buyoya II notamment les tentatives du 18 avril et du 23 juillet 2001. Qu’on se réfère à cet effet à l’article « ICG : Cent jours pour tenter de sauver Buyoya et le Frodebu » signé Charles Mukasi et paru dans Burundi Net du 16 août 2001.

Le MRC- Rurenzangemero ou le refus

Le mouvement est né officiellement le 25 août 2001 (il avait germé quelques jours avant si on se réfère aux propos de Mathias Hitimana) et est dirigé par le Colonel Epitace Bayaganakandi, candidat malheureux du G6 à la présidence de la république du Burundi pendant les premiers 18 mois de la période de Transition. Les initiateurs sont des partis politiques tutsi du G6.
Dans sa gestation, le MRC a hésité entre «refuser » et « résister » et a fini par opter pour « résister » et « réhabiliter ».
Mais, que faut-il refuser ? Le tandem Buyoya-Ndayizeye et en faire tout un programme ? Le processus de paix ? Entrer dans les institutions de Transition ?
Contre quoi ou contre qui faut-il résister et qui réhabiliter ? Une chose est sûre. Le MRC est né de l’échec du G6 de propulser son homme, Epitace Bayaganakandi, à la présidence de la République.
Mathias Hitimana, à l’époque président du PRP, nous éclaire davantage à ce sujet quand il se désolidarise du G6 et de son MRC en déclarant que « maintenant le plus important, ce n’est pas de créer un mouvement de refus qui n’arrive à rien, mais de se mettre ensemble avec les nouveaux dirigeants », à savoir Pierre Buyoya et Domitien Ndayizeye, pour « s’entendre sur le programme » Cette position de Hitimana, nous la lisons dans l’article «Documents : Mathias Hitimana alias Difficile, rentré au pays se désolidarise du Mouvement de refus » paru dans Burundi Today du 10 août 2001.
En tout cas, pour Mathias Hitimana, le G6 a essayé de propulser le Colonel Epitace Bayaganakandi mais en vain. Comme nous le lisons dans sa déclaration du 15 août 2001, il fallait plutôt trouver une sortie honorable à Epitace Bayaganakandi, la présidence du Sénat par exemple. Mais par quelle formule ?
Nous sommes donc face à des rapprochements calculés entre des intellectuels et politiciens burundais que l’on ne souhaiterait pas revivre.


Gilbert Ntahorwamiye
Documentation

 

 
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